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01 octobre 2007
"You got me" (The Roots featuring Erikah Badu)
Ou comment je devais acheter une table basse et je repars avec des fringues mais après tout j'ai pas à préciser ça
Le diable s'habille en sweater pourpre Prada, ou c'est tout comme. J'le sais, j'l'ai rencontré. Quand je suis entrée dans son antre, une boutique Comptoir des Cotonniers du Marais, il ne m'a laissé aucune chance. Je n'allais rien acheter, juste montrer à ma mère comment elle pouvait accessoiriser l'écharpe que nous venions de lui offrir. L'histoire devait s'arrêter là, un ptit tour et puis s'en va, mais il m'avait vue et c'était déjà trop tard. Il, soit LE VENDEUR IRRESISTIBLE ("the irresistible seller" for my always beloved engliche speaking readers, Daria swwety and Kelly rashy). Celui qui a le flair pour détecter les fragiles de la carte bleue. Les fashionistas abouties. Les qui-ont-besoin-d'amour. Celui qu'on ne veut surtout pas croiser en milieu du mois. Et franchement, toutes résolues que vous soyiez face à lui, je n'aurais pas donné cher de votre porte-monnaie Hello Kitty.
D'abord, marre des potiches copies carbone de chez Maje-Sandro-Zadig et Bruno, vive les vendeurs hommes dans nos boutiques chéries. Le diable du jour ? La Rupert Everett attitude malgré la mèche blond vénitien, le pantalon coupé comme il faut, et l'oeil vif. L'oeil qui me voit décrocher de son portant le fameux gilet sold-out manches ballon (à propos, les bottes motard sont aussi sold out, les filles), le qu'on-peut-plus-trouver-qu'en-taille-3, en tailles 1 et 2. "Une pro", s'est-il dit (là, j'extrapole et me flatte au passage). Je passe la taille 1, je bade, je me mire et soupire et là, hop, la sentence : "Ce n'est pas votre taille. Il se porte ample, sinon il perd tout son effet". Quoi, une taille 2, moi? Sa mèche vire du vénitien au pisseux d'un seul coup.
3 minutes plus tard, la même, juste du plomb dans l'aile et enfin de l'allure dans le miroir
Oui, une taille 2, moi, définitivement. "Mais vous êtes vernies, on en a reçu trois hier, quelle chance vous avez." Et moi j'y crois.

Il s'y connaît drôlement bien, le bougre. Et le voilà qui se lance : "Mais il vous faut un foulard pour l'habiller, justement, on vient d'en recevoir qui se marient parfaitement avec ce modèle". Ni une ni deux, d'une main leste et sûre, il me noue parfaitement autour du cou une merveille "qui détone grâce à son formidable bleu klein". Un homme qui sait nouer le keffieh, j'ai envie de lui demander d'être mon meilleur ami. Un homme qui parle du bleu klein comme d'autres dissertent sur le dernier Pro Evolution Soccer 6, je tombe amoureuse. Vous : "Ton Brun lui plairait plus que toi, nigaude" (Bande de jalouses).
Je continue quand même. Ces merveilles sur le dos, je me sens prise au piège. De tous les côtés, je cherche une vendeuse qui pourra me libérer de son emprise mais non, je suis à sa merci. "J'ai un pantalon dans les mastic pour mettre dessous..." La phrase qu'il ne fallait pas que tu tues toute la magie, mec. Le réveil. Le douloureux réveil. Il est trop tard pour le gilet et le keffieh, ils sont déjà virtuellement dans ma penderie, totalement sold out depuis longtemps, elle. Docilement, je me dirige vers la caisse, dégaine la CB comme hypnotisée, règle une somme dépassant les *** euros (censored). Il me dit que je vais être belle et je n'attendais que ça. "Bon, la semaine prochaine, vous venez essayer la jupe assortie". Je souris bêtement, mon paquet sous le bras. Je franchis la porte, le cherche du regard. Une autre fille, une autre pièce, un autre discours. Il m'a déjà oubliée.




Gilet et étole Comptoir des Cotonniers, top Vanessa Bruno Athé, jean Used, bottes Zara
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30 septembre 2007
"Tell me I'm wrong" (Eskobar)
Blogueuses, blogueur(s), Gaspard U., Daria A., on nous ment, on nous spolie.
Jusqu'ici, j'ai toujours reconnu qu'Angelina Jolie était jolie. Que la Grande Sophie était bien grande, que Ségolène Royal n'avait rien d'une manante. Mais quand je suis entrée pour la 1re fois dans le Bon Marché, rive gauche à Paris, je me suis dit qu'il y avait sévère entourloupage sur la marchandise. Que les gants en laine sans marque à 70 euros, c'était un peu nous faire prendre du pâté Hénaff pour de la terrine du Barry. Soit, d'une Marie-Peggy je n'avais ni le serre-tête ni la bourse, donc j'y allais simplement pour me faire voir chez les gens bien habillés du mal devant les portants.
Il faut croire que Monsieur Bon Marché lit mon blog dans mes pensées de rive droitière serrée à gauche. Et comme je ne suis une grande fille mode'lle et pas rancunière, mercredi 10 octobre, je sortirai du Bon Marché avec des sacs pleins et une CB vide. Oui, les damottes. Je l'annonce, et je préviens les desperate fashionistas : les TBM débarquent avec leurs jolies démarques sur des modèles de la collection automne-hiver 2007. Oui, il y aura de l'Erotokritos, du Repetto, du Néréides, du Marant "n'en jette plus, n'en jette plus".
Et dans mon grand fourre-tout Matière à réflexion, pour ne pas que mon boss me grille, il y aura donc ça :

La robe Tsumori Chisato, encore trop chère (350 euros au lieu de 500), les babies Repetto grises vernies avec un talon de 4 cm, OUI, elles sont déjà virtuellement à mes pieds (115 euros au lieu de 170)

Une robe Isabel Marant avec des manches ballons, aïe aïe aïe (142 euros au lieu de 204)

Une bague Corpus Christi à 38 euros (au lieu de 55)? Je dis ENCOOOOOORE !
Vous savez ainsi où je serai mercredi, avant, sûrement, de sue elleniser pour m'étourdir dans l'alcool et oublier mes égarements modèles mais pas modiques. Une chose à ajouter, tout de même : furies que vous êtes, vous me laisserez un exemplaire de ces pièces, d'accord? Sinon?
Je bude.
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"City Girl" (Tegan and Sara)
Cette fois-ci, c'est à elle que j'en veux. C'est elle, la coupable, monsieur le banquier.
"Anna Corinna", franchement ? Jusqu'à ce week-end, je m'en souciais autant que du divorce de Flavie Flament. J'avais bien entendu ci et là ce nom, certes. Pas assez titillée pour aller chercher à quoi ressemblaient ses créations. Je suis sage, monsieur Duchaumier, je ne vis pas au-dessus de mes moyens de grande fille à petite bourse. Mais elle, là, elle nous a entretenu avec moultes tentations photographiques du talent de l'annakarina du it bag. "City Tote", qu'il s'appelle, l'obscuir objet de mes putain de désirs. Et tu sais, monsieur le banquier, si tu permets que je te tutoise de ma haute silhouette, que j'aime autant les sacs que tu chéris tes Codevis et autres bons du Trésor.
Tu me laisses te montrer, monsieur le banquier, avant de claquer la porte ?
Oui ? Non? Pense à ma parka grège, ma longue écharpe souris, mes bottes Marant brunes et ma robe H&M, elles réclament ce compagnon d'hivernage. (Aucune réponse de Monsieur Duchemin, il ne doit pas visualiser les bottes Marant. L'homme Celio classique, en somme.)
Monsieur le banquier, si je te dis que je me délestebay de cette chose, là, que ma meilleure amie Vanessa Bruno m'avait cédé, tu seras gentil et tu me laisseras vivre ma vie avec mon it-bag new yorkais qu'on sera pas beaucoup à avoir, hein, hein, HEIN?

Oui, Monsieur Duchmol. Pour le City Tote, je suis prête à décrocher le Lune.
PS : si y'a des filles dans le Lune par ici, il est noir en toile et cuir très très très bon état, mon email en haut à gauche.
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