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"Only a Northern" (The Beatles)

31 mars 2008

En ce jour de presqu'avril, donc presque beau et léger, alors que les mésanges se remettent à zinzinuler et le pied à tenter de voir plus loin que la chaussette en laine sous escarpin bridée, tout va à vau-l'eau (de pluie, de l'eau de là-haut, Véronique S., Rien que de l'eau). Puisque dans l'air du temps, c'est bien l'hiver et non le printemps, nous pourrions disserter au choix sur le retour en force de la chapka, des collants laineux funky flashy, de nos envies de gilets en grosse laine (OK, mes envies), et de la consommation de fuel des ménages qui grève un peu plus le pouvoir d'achat. Mais dans cette thématique hivernale, je préfère l'exotiquement peu banal. Donc, j'ai pris mes meilleurs yeux, mais aussi ma plus fidèle souris, pour vous emmener au pays du froid. Enfin, devrais-je dire aux pays du froid, puisque depuis le Who's Next, je brûle de vous parler de Norgmark. Norgmark ou, comme son nom ne l'indique pas, le mariage entre deux créatrices, et on se prend la main, et on se prend la main, une Danoise au féminin, une Norvégienne au masculin. Attention, j'embouche ma plus belle corne de brume Viking et j'annonce : il y a eu Viktor & Rolf, Sonia & Nathalie, Dolce & Gabbana, Karl & son ego, il y a désormais Therese Torgesen et Rebekka C. Nielsen.

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Collection printemps-été 2008, photo Marcus Ragnvid
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Deux ou trois choses que je sais de ce divin duo : une association née en 2006 pour le concours Golden Fur Pin, une réussite, l'envie de voir plus loin. Puis des collections, Mamamia, qui témoignent d'une grande place laissée à l'imaginaire et d'un réel souci du détail, qui renvoient une impression de puissance et de féminité à la fois, qui déchirent tout, en somme. Si je peux gagner la double nationalité "grande et belle blonde au teint laiteux" en débitant mon fana bla bla, ce sera toujours ça de pris. Il n'y a pas de petit profit, comme disait Christian Blanc.

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Le petit plus qui me les rend sympathiques, ces deux beautés froides, outre leur invention du pantalon "godet" : leur travail du cuir, en vestes comme en accessoires.

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C'est là que j'assène le coup de grâce, et qu'on ne pourra pas me taxer de rouler ma bosse pour Christine Lagarde (relance insidieuse de la consommation des ménages) : Norgmark n'est pour l'instant distribué qu'au Danemark et en Norvège. Les mines se ferment, les doigts se recroquevillent sur la souris qui cherche rageusement le petit carré rouge pour fermer la fenêtre mais je dis halte-là. Stop, in the name of Mode. Dans la famille "on est Krisprolls, on stimorolle notre bosse et on est balèzes", il faut aussi compter avec les D. Co Copenhagen, dont vous avez déjà forcément entendu parler. Ayant presque détrôné la Marant dans son propre pays, ils sont à mes yeux les rois de la botte plate, cuir, nubuck, daim, couleurs en veux-tu en voilà, et prix corrects tu proposeras.

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Tout ceci, et plus encore, disponible sur Rushcollection
Et parce que c'est octobre en avril, froid pour la saison, le cadeau du jour : un super modèle soldé chez Abaka
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L'histoire pourrait être sans fin car des talents venus du froid, j'en ai une liste aussi longue que la robe que tout le monde voudrait qu'on porte cet été, sauf nous, c'est bête. Suffit pour aujourd'hui, réchauffez-vous le coeur avec ces trouvailles comme je le fais, et quittons-nous sur ce slogan complètement ringard : "Shoppez danois". Grut*.

* C'est lundi pour tout le monde, même pour moi, faut pas croire.

"Foundations" (Kate Nash)

28 mars 2008

Où il y a concours, et lot à gagner, mais aussi discussion spirituelle et Melrose Place

Le ciel, les oiseaux, et ta mère me sont tombés dessus la semaine dernière. Moi, un canapé de cuir noir, un livre de Kundera négligemment ouvert sur le genou pour me réconcilier avec le romantisme, et mon interlocutrice, le stylo en bouche et l'oeil laborantin : "Non mais Galliane, ça représente quoi, la mode, pour toi?" La Chute du Kundera sur le Gerflex, même Albert Camus l'aurait pas vue venir. Autant me demander, à une heure où le seul questionnement existenciel me préoccupant se résume à "Billy va t-il vraiment quitter Allison (Melrose Place, TF1, 10h)?", si je préfère mon père ou ma mère. Vanessa Bruno ou Isabel Marant (en ce moment, et contre le mouvement ambient, je suis plus Marant). Le chocolat noir ou la fleur d'oranger. Géraldine ou Garance.

Cherchant un modus vivendi qui n'arrive pas, je bafouille une généralité aussi grosse que mon ego de blogueuse VIB : genre "la mode, c'est recréer sa personnalité chaque jour, c'est se sentir belle" gna gna gna, trois p'tits chats, même Rachida Dati au soir des municipales s'était montrée plus spirituelle. J'imagine que si on m'avait laissé quelques heures de réflexion, une copie double et un Waterman qui coule pas, j'aurai pu citer l'inénarrable Coco Chanel et son fameux : "La mode se démode, le style jamais."

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Photo DR

J'aurai pu dire que je n'en ai pas de définition immuable, puisqu'elle varie au rythme des saisons, que dis-je, des collections. A l'instant X, bien après JC, mais surtout fatal à Mika (Milan Kundera, bande d'illettrées), j'aurais simplement dit que la mode, c'est beau comme une casaque fleurie de Balenciaga :

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Photo Alain Aubert / Le Figaro

Bref, du haut de mes frêles 26 ans, de mes yeux qui s'écarquillent devant le moindre sac en cuir et n'importe quel petit gilet qui coupe une silhouette, de ma chevelure so little Wintour, so really boulgour, j'étais sûrement la moins bien placée pour livrer une grande vérité modesque à la face du monde. Mais quand même... Quand même. Quand m'aime. Je me dis qu'il y a encore de forts jolies choses à dire et à écrire sur la mode, et si j'en perds ma plume, peut-être pas vous. Alors, toc toc badaboum, j'ouvre céans un concours super intellectuel que même à la revue Esprit, on aurait pu le sponsoriser. Donnez moi en cinq lignes maximum votre définition de la mode.

Je choisirai entre vous toutes, et sans favoritisme ni passe-droit - on est pas à Balkanyland ici - celle qui m'a le plus séduite. Et en cadeau...
La première recevra rien de moins qu'un ravissant So Sweat noir L'Atelier d'une Fée.
La seconde
, un Tajine Terracotta de Guerlain printemps-été 2008.
La troisième, un rouge soleil Summer Fever de Clarins printemps-été 2008.

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Vous avez jusqu'à dimanche soir pour me livrer vos définitions dans les commentaires, et je veux de l'esbroufe, du clinquant, du Haletant & Marrant, du Gaspard Yurkievich, du vécu, du vintage, du vrai, du vous, du moi. Du grand, filles modèles, je veux du grand. Co-modément vôtre, Galliane.

"Cheap and cheerful" (The Kills)

26 mars 2008

Où il sera question de basse couture, fin du mois et échéances de loyer obligent

Le jour où le Chypriote* m'a trahie, je me baladais au Printemps, attendant le printemps. N'attendant pas, sûrement pas, la mauvaise surprise qu'il m'avait réservée avec sa collection été, flashy, sans âme, aussi discutable que cette mise en scène :

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*Erotokritos, robe issue de la collection printemps-été 2008

Forcément, on ne sort pas indemne de telle vision. On manque en perdre la vue, l'avis, on l'avoue. Et quand on passe juste après devant une vitrine rose fuschia, un jour de "qu'est ce que je peux faire, j'sais pas quoi faire", on s'arrête. Effet flash-back, syndrome de Stockholm. Même si, à l'intérieur, on vend des Bensimon. Des chaussures Bensimon. Ce que vous mettiez aux pieds en 3e en couleur abricot trop cool avec le jean délavé et le tee-shirt Don't Touch. Celles-là même, mesdames.

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Mais on venait de sortir d'un break avec le créateur de son coeur, et n'ayant pas de pot Haagen Dasz Dulce de Leche sous la main, on prend ce qu'il y a dans les parages, soit une boutique cheap and chearful, sur les quais du Canal Saint-Martin. A l'intérieur, des portants surchargés de vêtements d'une qualité correcte, type "ventes presse Maje - Sandro ", signés d'obscurs créateurs du Sentier qui refont du "Maje et Sandro". Mais à prix trois fois moins élevés. Du tee-shirt blanc et gris à petites manches ballons à 20 euros, de la veste trois-quarts noire de belle facture et bonne matière à 50 euros, et de la blouse tartan à 30 euros. Mais moi, j'avais déjà misé sur autre chose. Autre chose à 25 euros, le basique de la garde-robe, noir, blanc, fallait même pas choisir :

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Je les imagine même déjà rentrées dans mon flare, le nez au vent et le pied talonné. Mais le jour de la photo, j'étais slim et pas large, et définitivement plus inspirée avec le blanc :

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Blouse "2 Elles", gilet Gap, sautoir Marc Jacobs, sac Vanessa Bruno, poignée de porte Castorama

Tout ça pour dire qu'il ne faut pas jeter le Chypriote avec l'eau de la Méditerranée. Mine de rien, par sa faute, j'ai acquis deux futurs basiques de ma penderie pour le prix d'un quart de tunique Erotokritomane. Tout ça pour dire également que si d'aventure vous passez devant une vitrine où sont exposées des Bensimon, entrez jeter un oeil. "La Vérité, les filles", vous pourriez être surprises.

Quai 71 stock, 71 quai de Valmy, 75010 ; 15 rue Ferdinand Duval, 75004 ; 24, rue des Petits Champs ; 75002, 31 rue de Maubeuge, 75009.

PS : une très chouette vente American Vintage sur www.bazarchic.com . La collection hiver 2008 avec des pièces printanières à partir de 8,50 euros. Moi, j'ai déjà craqué pour 5 pièces mardi soir. Si besoin d'un parrainage, galliane2@aol.com.

"Comic Strip" (Serge Gainsbourg)

24 mars 2008

Shebam, pow, blop, wiz, pop'n'gum, caramel, bonbons et chocolat, ça va être la fête ici aujourd'hui. La fête, parce que c'est ce que cette fille-là m'inspire, mademoiselle Christina Sfez, avec ses baskets montantes trop cool encore mieux que des Pierre Hardy-jure, son slim sympathique, son hoodie manche ballon encapuché mirifique. Et ses cheveux blonds micky greeniens, la jeune créatrice énervante typique, heureusement qu'elle chante pas.

Assez parlé de son grand méchant look, pour se pencher sur sa collection de vêtements D.Dikate, découverte grâce à Marie. Evidemment qu'elle est styliste, la Christina, car si elle jouait de la cornemuse avec ses orteils, on ne serait pas en train d'en causer un lundi matin pluvieux, un temps idéal pour débattre entre amis sur la résurgence de la Françafrique autour d'un ramequin de Crackers Belin. Dans une petite semaine, le 31 mars, sa jolie griffe fêtera ses trois ans. Trois ans à mettre sur pied des collections "aux lignes simples, aux motifs et détails soignés pour une allure girly et so fresh." Elle dit, je ne démens pas, elle prouve, je montre :

Collection printemps-été 2008 

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Chemisier Amande copieusement manches ballonné et col claudiné
Et disponible en ligne ici !

Des lignes simples, urbaines, avec le sens du détail girly qui fait tout, qui fait beau, et qui ne demande qu'un sautoir N2 ou une paire de bottes vintage camel pour en casser l'harmonie trashy-comic.

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Et évidemment, la funny girl de la jeune création française colore le monde à coup d'imprimés madras et de tee-shirts vitaminés C.

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Si mes vêtements d'été étaient de sortie, vous remarqueriez immédiatement parmi eux un magnifique top émeraude Ddikate, décolleté échancré et encolure tissu anglais. A la place, regardez le ciel, regardez le thermomètre, et vous allez constater que Christina, elle sait aussi voir la vie en noir.

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Comme vous le voyez sur ces photos, Christina sait ne pas se prendre au sérieux. Et ici, on aime grandement ça, dédramatiser le keffieh et le fait que Dieu (Nicolas Ghesquière, toujours, ça a pas changé depuis les municipales) refuse que ses créations soient portées par d'autres personnes que des mannequins (je vais finir par ne plus croire en Dieu). OK, Christina Sfez a été distribuée au Lafayette VO, elle compte déjà une vingtaine de points de vente en France, au Japon, au Luxembourg, et elle aurait choisi Chanel si on l'avait propulsée, d'un coup de baguette magique, à la tête d'une grande maison. Mais avec elle, les mannequins se bouchent le nez, font des bulles, font pouet pouet, en baskets. Bref sa mode, c'est la fête. Comme un grand coup de soleil, un vent de folie, un arc-en-ciel bienvenu dans un lundi tout gris. On est gentilles, quand on admire on met la main devant sa bouche, et on dit merci.

Points de vente :

AIMECUBE : 7 rue de Vauvilliers, 75001 Paris ; DRESSING ROOM, 2 rue des Blancs Manteaux 75004 Paris ; OMIZ, 8 rue des Abbesses 75018 Paris ; SERIES LIMITEES, 20 rue Houdon 75018 Paris ; FRENCH TROTTERS, 30 rue de Charonne, 75011 Paris ; ARIDZA BROSS, 5 rue des Canettes, 75006 Paris ; END TO END, 3 rue de la Pie qui boit St Malo ; K.PRISS, 62 rue Ganterie, 76 000 Rouen ; ABAK'A, 6 rue de France 06 000 Nice ; MAMATORO, 35 rue Hoche 06400 Cannes ; L'ATELIER, 16 rue Pastoret (Cours Julien) 13 006 Marseille ; COREZONE, 8 rue Montgrand, 13 006 Marseille ; LOFT BOUTIK, 19 rue de la Madeleine, 30 000 Nîmes ; RICE AND BEANS, 18 rue Cujas 31 000 Toulouse ; DELITS DE LUXE, 2 rue Prof Demons 33 000 Bordeaux ; COREZONE, 22 rue Granet 13 100 Aix en Provence ; CATWALK SHOP, 8 rue de la Croix d'Or 34 000 Montpellier ; ULTIMATE MANOSQUE, Le Patio bvd Charles de Gaulle 04 100 Manosque ; ULTIMATE DIGNE, 50 rue de l'Hubac 04 000 Digne les Bains ; PIA PIA 286 Bd de la Côte d'Argent Le Moulleau 33120 Arcachon ; JESSY, 14 rue du Général de Gaulle 20137 Porto Vecchio.

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"Art Bitch" (CSS)

21 mars 2008

Où je confesse avoir une guitare électro-acoustique neuve qui moisit dans une cave, mais tout ce qu'il faut en tee-shirts mous du genou H&M dans ma penderie

Comme il y eut, au temps du jean neige et de la guerre des Malouines, un "chanteur énervant" qui roulait pas en Renault, féminisation et XXIe siècle obligent, bienvenue aujourd'hui aux "chanteuses énervantes". Qui donc sont-elles, ces péronnelles, que je m'en vais modestement étudier aujourd'hui parce que je les jalouse, je les maudis, je les écoute, je les copie. 

Folk, rock, pop, ce qu'elle veut en stock, la chanteuse énervante n'a pas de nom, alors je ne vais pas commencer à l'appeler. Ce sera Elle, et aucune autre, tout au long de ce billet d'humeur, d'humour, d'amour. Elle est brune obligatoirement, sinon c'est Micky Green, chevelure longue et bien fournie, taillée comme un rien, méchée ou frangée mais laissée en autogestion façon la Yougoslavie sous Tito.  Elle m'énerve.

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Feist, photo DR 

Elle s'embarrasse pas de sautoirs et tout le tralala, non, une chemise toute simple à carreaux sur peau nue, un tee-shirt blanc sur un slim noir, une veste cigarette, voilà, ça y est, son personnage est créé. Ca paraît simple, ça ne l'est vraiment pas. Il faut la bonne veste, le bon jean, le bon tee-shirt, et la chanteuse énervante sait les trouver. Sait les porter. Les enchanter. Elle m'agace. 

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Allison Mosshart (The Kills) Photo DR

La robe, elle ne connaît pas. La jupe, non plus, et elle le confie en interview avec un plaisir non dissimulé. Egérie du si compliqué "masculin-féminin", mais définitivement plus féminine que masculine quand vient le moment de payer l'addition. Ibid : le port du gilet d'homme à même la peau, même pas peur. Elle m'insupporte. 

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Cat Power, photo DR  

Elle chante seule, quand elle a les épaules pour. (Bien) accompagnée, quand elle se sent seule. Elle chante en groupe, quand elle a envie d'hurler que "non, elle ne mettra pas de maquillage ce week-end" (The Long Blondes). Elle m'impressionne.

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Kate des "Long Blondes", photo Jeff Klingman
Et puis quand elle s'ennuie, outre poser sur les pochettes de CD de ses amis, elle prend son pinceau et elle se peint. Et elle le fait bien, évidemment, elle ne serait plus énervante sinon.
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Autoportraits de Brisa Roché, visibles à la galerie Art All Access (Paris)
Photos by le si intéressant blog Haut Marais

Avec tout ça, normalement, ces brunes giletées aux voix rock, je ne pourrais plus les voir en peinture. Les écouter, en revanche, rien ne m'empêche. Alors, quand la porte d'entrée claque sous la main du Brun, que la nuit est tombée et qu'un vieux CD se met tout seul dans la chaîne, j'empoigne mon plus beau pinceau à blush et devant mon miroir, Kim Deal aux back vocals, moi au Body Body Physical (Busy), je refais le monde et le rock'n'roll.

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Foulard Matières à Réflexion, sautoir Malababa, blouse Swildens, fille non sous ecta, en mode pogo.

"Enjoy the ride" (Morcheeba)

19 mars 2008

Ou une semaine sans jeune créateur, ce serait un peu comme ma vie actuellement sans Russell Banks : inenvisageable 
Elle dit être souvent perchée sur la Lune, y voir des étoiles, et que ça l'inspire, grandement. Madame rêve, d'apesanteur, des heures des heures, de voltige à plusieurs (Alain Bashung, éponyme). Madame voyage, Inde, Japon, des heures hindoues dont elle revient des idées plein la tête et le crayon qui la démange. Karine Jean, retenez ce nom, notez-le sur un bout d'agenda, ou une ligne de chèque, parce que la demoiselle a tout de la grande dame. Ses créations, elle les conçoit dans un univers "poétique, dans le choix des matières et des couleurs ; sobre mais toujours un peu scintillant ; aérien, dans des coupes qui restent légères ; un tout petit peu espiègle". Si elle n'a pas compris à quoi rêvent les jeunes filles, et les autres, je rends ma collection de sacs et je vais voir Bienvenue chez les Ch'tis.  
Assez parlé, finalement, il est temps d'admirer. Ce col n'est-il pas de haut vol?
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Trench Ana, automne-hiver 2006-2007 
Collection printemps-été 2008 
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  La sublime veste bleue existe aussi en version longue.
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Robe djellaba qu'il faut voir en vrai pour apprécier le relief
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 Oui, c'est sûrement la robe longue de mon été et du vôtre  
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Silhouette Karine Jean agrémentée d'un sac Matières à Réflexion
Photo Cyrille   
Elle sait également tâter du cuir pour créer les accessoires s'accordant parfaitement avec sa ligne de vêtements :
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Point trop n'en faut, je sens la modeuse bouillir littéralement derrière son écran. Se ficher pas mal, et c'est dommage, que cette créatrice ait commencé à designer il ya trois ans, qu'elle soit déjà vendue au Japon et qu'elle aime bien le motif étoilé. Non, la modeuse derrière son écran, qui a déjà parcouru dix blogs ce matin, lu Elle en long en large et surtout en travers (de la gorge), elle veut savoir où aller admirer in situ les affaires de Madame Jean. De l'autre côté de l'écran, la blogueuse. Certes, elle a du ménage en retard, du shopping en retard, de l'amour en retard et de la Nouvelle Star dans le tiroir, mais elle n'a pas oublié de se renseigner avant de balancer sa petite bombe modesque à la face du monde :  

 PARIS :
- SIMONE : 1, rue Saint Simon dans le 7ème à Paris (métro rue du Bac)
- MATIERES A REFLEXION que vous connaissez bien...
- NAIAH (uniquement pour cette saison) : 18, rue Ferdinand Duval dans le 3ème (métro Saint Paul)
- BIS MORGEN (Boutique Accessoires uniquement) : 17, rue des Quatre Vents dans le 6ème (métro Oden)

LYON
- BULLE DE PRUNE 5, rue de Chavanne.

Mais aussi, aux ventes Bouches à oreilles (28, 29, 30 mars), et Les Filles en Aiguille (28 avril au 4 mai). 


Voilà, le monde, Karine Jean, Karine Jean, le monde. J'ai fait les présentations. J'espère que vous allez bien vous entendre. Pour vous, je l'ai quand même décrochée de sa Lune.  

"Billie Jean" (Michael Jackson)

17 mars 2008

 Où certaines d'entre vous se contenteront de retenir que je vole Gala chez le médecin, et c'est bien dommage 

Bien sûr, on se figure que le monde est mal fait, que les jours nous abîment comme de la toile denim, mais dans cet "Autre Finistère" (Les Innocents, éponyme), comme de partout, la toile denim aura beau s'abîmer, se patiner, se franger, s'élimer, on ne quittera jamais son jean, et encore moins cet été. Certes, le retour tant annoncé du petit blouson, dont on laissait négligemment dépasser le col de nos cabans de lycéennes, se fait heureusement attendre, mais il est bien le seul. La robe, la shoe, le sac, et même la blouse, se convertissent cet été indigo

Comment ça, vous n'avez pas vu le "Billy Jean" de Jérôme Dreyfuss en boutique? Soit, vous avez fermé les yeux en passant devant le stand du Printemps pour éviter l'impossible vendeuse dont les bras tentaculaires alpaguent les proies faciles, ou plutôt les yeux dociles. Moi-même, malgré ma réputation de dure à cuir, j'ai préféré ne pas approcher mon autofocus à moins de 50 cm de la bête, mais j'ai déniché une image de son cousin "Jean" ... Jean (Photo Gala):

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Et puis, quelques basiques, glânés ci et là, tel la blouse plastronnée, revisitée par D-Squared :

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Le gilet d'homme, revisité par Lagerfeld

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Le body couleur jean, proposé par Stella Mc Cartney (Photo Imax / Mme Figaro)

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Et pour les plus culottées d'entre vous, ce modèle Lacoste, franchement dispensable :

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Et je passe sous silence le sac tout mou casual comme la robe APCréées par Jean... Touitou, pour faire court. Pour ma part, j'ai cédé à l'appel tranquillement, comme d'hab' sur Ebay, le meilleur ami des fauchées : la robe housse Isabel Marant. Manches ballons, boutonnée, c'est tellement facile de ne pas se tromper.

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Et entre toutes mes Jeâneries, s'il ne fallait en retenir une, que cela soit celle-là : éviter, obligatoirement, le total look, soit la blouse sur le flare, le gilet sur la blouse, la robe sous le blouson, et la culotte sous aucun prétexte. Regardez, d'ailleurs, la lecture qu'en fait l'Isabel Marant, qui réédite ce modèle, qu'elle volante en prévision des brises estivales :

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Photo Fanny

Les plus classiques, jean'sénistes, se contenteront de balayer les trottoirs de leurs flares annoncés inévitables. D'avoir la blouse romantique sur le skinny pré-historique. Soit. Mais cet été, quoi que vous en pensiez, et quoi que Nicolas G. en dise, je serai totalement Ober*. Ca tombe bien, l'été, il neige pas. Même sur les jeans.

* Dérivatif "d'über" quand on parle uniquement de jean. Cf la marque des jean serrés rose pâles de notre adolescence devant Beverly Hills. Cf Violette

"Last Day of Magic" (The Kills)

14 mars 2008

Ici, le vendredi n'a rien de la vie sauvage. Il y est question de RTT pour certaines, chanceuses ; de "c'est déjà le week-end dans les têtes", pour beaucoup, les piliers de la fontaine Culligan qu'on les appelle ; de "le Friday wear, y'a que ça de vrai, vive la Converse basse et le gilet capuché", pour les dernières. Il est surtout question pour moi de ne pas vous laisser rentrer chez vous sans savoir. Sans savoir que dimanche, Rama Y. et Xavier D. vont batailler dur tandis que François B., lui, marchera seul dans les rues qui se donnent. Mais surtout, sans savoir qu'à partir d'aujourd'hui, à la galerie Nikki Marquandt, plein de jeunes créateurs vont exposer leur talent à la face du monde. Backstage - Mode and the City (Pourquoi pas "les grandes filles modèles" tant qu'on y est) , voilà pour le communiqué de presse. Je ne cautionne pas le nom sur l'emballage, loin s'en faut, mais uniquement ce qui se trouve à l'intérieur.

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A l'intérieur, notamment, une demoiselle dont je vous avais déjà parlé et dont je vous reparle au cas où vous ayiez mal compris la première fois. Vanina Escoubet, exagérément talentueuse sinon on ne serait pas vraiment là en train d'en causer ashes to ashes, screen to screen, fait partie de cette belle famille "Matières à réflexion - Eple and Melk - Haut Marais - On gère un max". Dans sa petite boutique rue de Picardie, la demoiselle propose ses créas certes, mais sélectionne aussi d'autres jolies choses, chez Tassia Canellis ou Emmanuelle Bienassis, par exemple.

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Vanina? Elle ne jure que par la dentelle, la manche ballon, la djellaba, les tons poudrés, le grand blanc comme le grand bleu, c'est donc une fille bien. "Please Don't", vous aimiez déjà beaucoup, vous allez adorer, please please love her.
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Seront également présents House of Done (chouettes bijoux), Eva Gozlan, Claire Pain, Louise Hendricks, Pauline Collin et peut-être un futur coup de coeur, à vérifier in situ, Margo Milin :

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Et parce que y'en a marre de mes soliloques sur des choses que mes dix doigts seraient incapables de concevoir, même sous absinthe - San Pé, vous irez désormais là pour savoir au quotidien ce que Please Don't devient. Quant à moi, ère de la transparence et de la Rolex poignet oblige, vous savez où je vais traîner mes bottes aujourd'hui.

Backstage
Galerie Nikki Diana Marquardt
10 rue de Turenne 75004 Paris
vendredi 14 : 15h/20h
samedi 15 : 11h/20h
dimanche 16 : 11h/20h

03:04 Publié dans My Life | Lien permanent | Commentaires (35)

"All the same" (Queens of the stone age)

13 mars 2008

 Où il faudra être gentil et ne pas mettre sa main pour cacher à son voisin

Sur les blogs comme dans la vraie vie, celle où on met du déodorant et on s'habille mal un jour sur deux, il faut sortir du lot. Se différencier, apposer sa patte, dépasser d'une tête, parler plus fort, mettre du rose. Ne pas être à la masse, dans la masse (Théodor Adorno vous ferait un plan en deux parties, deux sous parties, sur le sujet), mais il y a pire encore : être copié. Ci et là surgissent des copyrights, des "j'avais vu ces bottes en premier", et autres "ma soirée entre blogueuses, je l'avais programmé avant la tienne". Pendant ce temps-là, les Américains vont élire leur président, les OGM poussent de plus belle et Emmanuelle Béart confie s'être fait refaire les seins. Tout en me disant, vachement inspirée, que celle qui n'a pas déposé le concept de la photo sans tête à l'INPI s'est sûrement petit-suicidée depuis, j'ai eu un flash, hou hou hou hou, en quatre couleurs (Plastic Bertrand, Ca plane pour moi) : seuls les génies sont copiés. Donc, je ne vais pas prévenir LCI parce que Zabou, Bérangère et moi, on a la même djellaba Isabel Marant. Le même débit de paroles (environ, 25 mots à la seconde, sans compter les prépositions). Et maintenant, le même chèche. Déjà, parce que qui de l'oeuf ou de la poule et ensuite, parce qu'on s'en fiche pas mal. On s'en amuse même, comme des petites folles.

Première convaincue : Zabou, échouée chez Liwan*, une véritable caverne d'Ali Babette, grâce à la rivegauchère la plus célèbre de la blogosphère, Bérangère, qui maîtrise le 6e arrondissement comme je gère le port de sautoir en milieu urbain et pluvieux. Notre Belge préférée, elle aime le bordeaux, et elle tord son pied comme personne :

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Ensuite, il y a Bérangère. Qui, à la base, était venue là pour accompagner sa copine, et qui se dit à raison que le marron, c'est un petit peu sa couleur. Depuis, sa machine à laver est-allemande a anéanti sa djellaba, donc ayez une pensée pour elle dans vos commentaires :

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Et enfin, il y a Galliane. Qui regarde les deux nénettes médusée et stoïque, genre "Léon, j'ai tout ce qu'il me faut à la maison". Jusqu'à ce que la vendeuse sorte de sous le comptoir, véridique, le dernier modèle qui lui reste en vert. Pompon girl que je suis dans l'âme, je m'exécute :

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Que fallait-il retenir de cette histoire? Sans doute, noter cette nouvelle adresse incontournable pour dénicher le compagnon idéal avec qui finir l'hiver. Se demander ensuite, en choeur, si le keffieh est véritablement mort, comme Elle le dit, et s'il y avait vraiment quelque chose avant le big bang, comme les frères Bogdanov l'équationnent. Malgré toute ma bonne volonté évidente, et mes connaissances en géologie biodégradée, j'avoue les filles : je chèche. 

0Liwan, 8 rue Saint-Sulpice, 75006 Paris  

"La fin du pétrole" (Ludéal)

12 mars 2008

Où comment vous serez bientôt faites comme des petits rats

Sur la pointe des pieds, et avec mes plus plates condoléances, je viens vous annoncer céans la mort prochaine et programmée de la ballerine. La nouvelle m'est parvenue violemment, un matin de Mars, mois guerrier s'il en est, en feuilletant catalogues et autres périodiques de gent féminine. Déjà, l'été dernier, la demoiselle avait été mise à pied par sa grande rivale du plat pays, la spartiate. Une warrior, comme son nom l'indique, faut-il rappeler ici que Sparte, ou Lacédémone pour les puristes, domina outrageusement le Péloponnèse au Ve siècle. Jacqueline de Romilly vous expliquera tout cela d'alpha à oméga, tandis que moi, dont le sujet de thèse "Les sacs en cuir de grande taille ou une passion française au XXIe siècle" n'a curieusement pas été repris chez PUF, je maîtrise plus la sandale que le vandale. Chacune son domaine.

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Revenons à nos petons. La ballerine est en grand danger, déjà cruellement affaiblie par la spartiate et la plus frivole tropézienne, popularisée par le désormais célèbre frère K. Jacques. Tombée en désuétude, merci le flare et autre patte d'éph, elle a vaillamment résisté, à coup de noeunoeud et autre décolleté de pied. Se relèvera t-elle, cet été, de l'ultime affront de la compensée? 5 kilos pièce, la plateforme, portée sous pantalon retroussé, se promet d'écraser son adversaire à plates coutures.

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Oui, j'ai trouvé la chaussure moche de l'été : la compensée espadrille Maloles.
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"Moi Galliane, 1m80, 59kg", parce que je suis une rebelle de la vie mais surtout, parce que je n'ai pas trop le choix avec mes cannes d'1m15, je lance un plan de sauvetage de la ballerine. Et mon arme de conservation massive, ce sera le talon. Pas trop haut, sinon l'escarpin guette, compensé ou non. La ballerine continuera d'être si elle sait prendre un peu de hauteur dans son débat. Comme ces Chie Mihara vintage, poudrées, arrachées sur Ebay pour une bouchée de pain :

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Comme ces H&M déjà moultement présentées, et idéalement compensées :
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Comme ces compensées bien pensées Mellow Yellow...
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Comme cette ravissante paire mentholée signée Diane von Furstenberg 
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Et pour finir, urbainement modernes, les dernières Gaspard Yurkievich
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Et tandis que le bien nommé Ludéal annonce de sa belle voix "volutes partent en fumée" La Fin du Pétrole, j'annonce subito Repetto que tel le bigorneau d'Etretat arrimé à son rocher, tel Nikos Aliagas à son prompteur rivé, la ballerine passera l'été à nos pieds.

Et vous ? Où sont passées vos ballerines? Sur Ebay?

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Merci Domino