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"Minor detail" (Sondre Lerche)

30 avril 2008

 Où je trouve que vos lunettes vont très bien avec votre pull, ce matin

Il est des choses immuables. La rayure sur un tricot Rykiel, par exemple. Vous laisserez votre frange repousser et vous revendrez vos compensées, qu'elle sera là, encore, et vous en redemanderez. La boucle Dior sur l'oreille de Rachida Dati, aussi, que même la femme de Michel Denisot avait appelé son chéri chéri pour qu'il demande à la dame d'où venait son pendant. Madame avait eu un gros penchant. Dans ma vie, il y a quelque chose dont je n'arrive malheureusement pas à me guérir. Un casse-tête, parfois un crève-coeur. Soit, une maladie, une manie, tout ce que vous voulez, je suis faible, vous voyez bien. Allez, je me jette, allô : je m'habille en mode "rappel automatique". Commencez pas à analyser le rapport éventuel avec France Telecom, y'a pas, y'a juste jeu de mots pourri. Le rappel, chez moi, ce n'est pas le détail qui tue, mais le détail qui rend plus fort. Mon armure. J'explique. Je ne sors jamais sans un accessoire en rappel de couleur évident avec un élément majeur de ma tenue. J'ai un pull Bruno rouge ? Mon sac Erotokritos frétille dans son casier, il sait qu'il va être de sortie. Une robe bleu électrique ? Et voilà que le foulard fleuri outremer se pend à mon cou, le sautoir Malababa à son tour (de cou). Un tee-shirt violine, et voilà les plates Marant, aubergine, qui se mettent en rang.

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Oui, les chaussures de la dame font écho à sa veste, madame est malade comme moi.
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La moutarde est visiblement montée aux pieds et au bras de cette dame.
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Oui, le foulard H&M vit en parfaite harmonie chromique avec le sac Anna Corinna

Vous le voyez sur la photo, ça ne m'épanouit pas forcément, cette histoire. Et partout dans la rue, on se moque de moi (l'homme, en général : tiens, t'as assorti ton sac à tes godasses? Et toi, t'as assorti ta connerie à ta cravate, j'ai l'impression). Puis, ce n'est pas très simple & funky, simple & funky au quotidien, il y d'autres crèmes à fouetter (pitié pour les chats). Au lieu de perdre dix minutes à combiner façon Mastermind accessoire et essentiel, j'adorerais empoigner au hasard dans mon armoire, poser sur moi, poseuse spontanée, mélanger allègrement les couleurs et les matières, tchi tcha, et sortir de ma chambre telle une chamarrée chalala qui défilerait en Lacroix. Même que je gagnerais du temps, dans l'histoire, du temps pour enfin faire des trous dans mes murs, ou aller rendre visite à Marie-Antoinette, au Grand Palais, avant qu'elle ne perde la tête, la pauvre. Mais non. Y'en a qui collectionnent les capsules des bouchons de champagne, placomusophiles les appelle t-on et cela vous en débouche un coin, et moi, je collectionne les rappels. Prière de laisser un message.

01:15 Publié dans My Life | Lien permanent | Commentaires (45)

"The Neutral" (Sonic Youth)

28 avril 2008

Où je ne me ferai jamais à la politique de l'Autruche 

Au pays de Sissi, comme dans tous les pays, on s'habille on crée on vit, il y a de l'élégant et du joli. Sur cet intermède Candyde, poursuivons notre tour de mode, si vous le voulez bien, en nous arrêtant en Autriche. Après l'Allemagne, il y a quelques semaines, la Germanie, encore. L'Autriche, son apfelstrüdel, son Jörg Haïder, sa reine décapitée, son Mozart, son iodlalilou. Et sa mode. Si vous vous demandez encore, un baladeur Sony Auto Reverse sur les oreilles, ce que deviennent, que deviennent, les valses de Vienne, passez votre chemin, vous ne trouverez pas la réponse ici. Ici, vous allez voir ce qui se fait de mieux en matière de jeune création danubienne. Carrément. J'ose.

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Un jour, promis Schneider, je vous parlerai de jeunes créateurs moches. Moi aussi, cela me gonfle la baudruche, ces mademoiselles sur lesquelles les fées se sont trop penchées. Sandra Thaler et Annette Prechtl sont de celles-là, bing, designers d'Elfenkleid. Chez elles, n'allez pas chercher de la couleur, vous en reviendriez bien grises, beiges, poudre. A la limite une touche de bleu, mais ce serait bien leur seule audace. Mesdames clament en effet que les tons neutres mettent plus en valeur les détails et les jeux de coupe. Et elles réhabilitent totalement le long foulard blanc, c'est malin, j'en veux un maintenant.

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Collection printemps-été 2008, baptisée "Ropes & Scarves"
Disponible en vente en ligne ICI

Ne pensez pas en voir de toutes les couleurs non plus avec Brandmair, mais peu importe. Madame Claudia, qui s'est lancée en 1998, privilégie le classicisme des coupes et la pureté des lignes, à des coloris flashy. M'est avis, du haut de ma science sans conscience de la mode autrichienne, que Claudia Brandmair, c'est la Vanessa Bruno du Tyrol. Ce qu'elle propose semble si simple et facile à porter que le vêtement se pose là. J'adore cette expression, "se poser là". Alors permettez, je nous pose là, ma souris et moi, et je laisse les créas de la diva parler d'une seule voix : 

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Collection automne-hiver 2008, photos Irina Garvich

Oui, je vous présente sa collection automne-hiver parce que je fais ce que je veux, tiens-là je me ferai bien un double cheesy avec du coca à paille, et parce qu'elle est plus réussie que sa collection printemps-été, m'est avis. Oui, vous avez eu deux jours de soleil, clap clap ouvrez les transats et mettez les rétines en mode Pilot automatiques. Mais aujourd'hui, c'est lundi, et regardez dehors, c'est frais et gris. Pour le liberty chéri, je préfère encore passer mon tour, et vous dire que Brandmair est disponible chez :
NO 60 (Rue Charlot, Paris)
L'ANNEXE
NUMMEROS IX
MOORE
OMIZ (Abbesses, Paris)
FAITS DIVERS
ANDREA K (Marseille)
HALL 2 (Toulouse)
6PM

Et maintenant, je vous vois venir, avec vos longues nattes et vos jupes brodées tyroliennes, natürlich bretellées : "la Galliane, elle nous a fait la mode allemande, la mode danoise, la mode autrichienne, si elle est logique avec elle-même, elle va nous parler de la Suisse la semaine prochaine". Là, je vous arrête tout de suite : d'une, je ne suis pas logique, donnez-moi une grille de Sudoku et on en reparle à la rentrée. De deux, il n'y pas que la Suisse, comme pays frontalier. Moi, j'aime bien le Liechtenstein.

"Working together" (Gonzales)

25 avril 2008

Où paradoxalement, je suis une fille plus si bien que ça dans sa ville

A droite, les shampoings, et les serviettes hygiéniques aussi, un peu plus loin les Kleenex et le coton. A gauche, le papier toilette, l'eau de Javel et le Paic citron. Au fond, la charcuterie, les laitages et la purée en flocons. Et là, à l'entrée, cette fameuse collection Autre Ton, bientôt aussi célèbre sur les blogs que les Isabel Marant et autres Anna Corinna.

S'il existait un fan-club du Monoprix, telle que vous me lisez, j'aurais déjà ma carte de membre et je rédacteurerais en chef le fanzine. Monomaniaque, I'm a maniac, maniac on the mall floor. Parce qu'on y trouve toujours ce qu'on n'est pas venu chercher. Les cookies Chocolate Chunk noir pécan, par exemple, d'une utilité assez relative. Ou ces petits batouns de chèvres, dégoulinants d'huile, mmmh. Des rondelles de polenta. Le rayon traiteur. Les cookies Chocolate Chunk noir pécan. Puis y'a Radio Monop', aussi. Raddddio Monop', cette voix flûtée qui te fait sursauter en palpant la tomate cerise. Mademoiselle Agnès qui te raconte que cet été, tu mettras de la robe à pois, et toi tu te dis que l'été dernier aussi, y'a rien de nouveau sous le soleil du rayon fruits & légumes, franchement. Mais t'aimes bien, et y'a le jingle qui te remet d'aplomb, Radio Monop', un rayon plus loin, des scones avec des raisins dedans.

Eprise du Monoprix, donc, mais il y eut vite méprise. L'existence de ce fameux rayon vêtements. Joli au demeurant, et hyper bien fourni en taille 44.

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Robe Monoprix esprit Isabel Marant, 29,90 euros
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Knicker bio, 39,90 euros, sac Anna Corinna, gilet La Fée, foulard H&M

C'est bien bio, mais ces deux pièces représentent sans doute mes deux derniers achats dans cette enseigne. Pourquoi? Vous allez dire, c'est la modeuse qui se fout de la vendeuse. Peut-être. Mais ce jour-là, j'étais venue pour acheter du p.cul. Pour accéder au rayon papier toilette, il faut bien passer par l'entrée, et dans l'entrée, y'a des portants de jolies fringues. Bingo (Mia), la gogo, radio gaga. Qui repart avec une robe, un knicker et la désagréable sensation d'avoir suivi le chemin de la bonne petit consommatrice, chemin minutieusement balisé par des gens dans des bureaux qui font produire en Chine. OK, je me suis fait avoir pour les cookies Chocolate Chunk. Mais les vêtements, je dis stop. Comme elle, d'ailleurs. Les blouses, les vestes, ce sera dans de petites boutiques, chez des jeunes créateurs qui font produire en France, et surtout quand je l'ai décidé. Easy, sellers. Puisque je suis une fille facile, qu'on me laisse aller choisir mon déjeuner en paix. Autre ton, autres moeurs.

"Le madras" (Michel Sardou)

23 avril 2008

Où je réhabilite peut-être Michel Sardou, avec ce post "en chantant" (enchantant)

Haut les mains, haut les mains, haut les mains, bas les masques, confession intime : si je Bat for Lashes ou Goldfrappe aujourd'hui à tout va, c'est parce que j'ai su, assez rapidement, dépasser l'habitus musical bâti par mon paternel. Autant lâcher les chevaux, avant que vous ne lâchiez les chiens, et le dire une fois pour toutes : j'ai été élevée avec Michel Sardou. Silence attristé. Tasses de café qui se renversent sur le clavier. Quand vous appreniez votre première table de multiplication, je récitais à tout va que si les Ricains n'étaient pas là, nous serions tous en Germanie. Vous dansiez la farandole ? Moi, j'faisais la java, le samedi à Broadway, et ça swinguait un peu comme à Meudon. J'en passe, et pas forcément des meilleures, pour rassurer l'auditoire ébaubi : j'en suis sortie, du père Michel. Mais, de temps en temps, une réminiscence, un moment inopportun, jugez-en plutôt, pourquoi en appeler à ce cher SentbonlaFrance pour évoquer la collection Madras made by Jean Touitou & Jessica Ogden for APC ? Parce que dans sa ritournelle de tout jeune premier, Michel nous enjoignait ainsi :

"Portez du madras et les cheveux longs
Aimez les Beatles et même Ursula
Ayez l'air de filles en étant des garçons
Et vous serez dans le vent "

Sans nul doute ne savons-nous pas qui est cette fichue Ursula, peu importe, Michel avait raison, Michel une fois dans sa vie. On l'a dit, on zappe et on mate donc la collection Madras qui est disponible en boutique et sur Internet à prix vraiment raisonnables :

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Chemisette, 60 euros
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Maillot de bain, 40 euros
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Une robette fleurie, cherchez l'intrus, sûrement pas son prix : 70 euros

En cette triste fin de mois, fi de mes qualités d'Ecureuil vantées par toute ma famille, je suis complètement sur le carreau. Alors, je dispose, je compose, avec mes acquis, et les trouvailles pas chères envoyées par la dive et toujours aussi fashion Bérangère :

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Top Vanessa Bruno, blazer vintage, jupe Gat Rimon, bottes Isabel Marant merci Béran'.
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Chemisier D.Dikate, existe aussi en vert
La bonne nouvelle : un site de vente en ligne à partir de juin.

Haut les mains, haut les mains, haut les mains (Ottawan, éponyme), notez l'effet d'attaque, en miroir l'effet de chute. You can ring my belt : la boucle est définitivement bouclée.

"Some other spring" (Marianne Faithfull)

21 avril 2008

Où encore une bonne adresse mode testée et approuvée, mais c'est pas à côté

Marnie était sûrement une chic fille, sûrement, je ne l'ai pas connue. Je n'ai jamais compris pourquoi Alfred Hitchcock avait décrété qu'elle n'aurait pas droit au printemps, c'est bien un homme, pas de printemps, pourquoi pas d'eau potable tant qu'on y est. Pour Marnie, c'est déjà trop tard, mais pour Marni, son homologue haute-couture, il y aura du printemps. Il sera vert d'eau, il sera bleu, il sera cher, et on regarde juste :

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Photos site officiel de Marni, collection printemps-été 2008

Mais il n'est pas forcément besoin de payer l'ISF sur dix générations et deux mariages consanguins pour pouvoir s'habiller en Marni. La solution : le dépôt-vente haute-couture. Marnifique, de la veste, de la blouse du chemisier, de printemps, d'été. Et du Prairies de Paris aussi, du sac, de la ballerine, du gilet joli, tout ce que vous voulez. Laissez-moi aujourd'hui être l'hirondelle qui fera votre printemps, viens, j'vous emmène, au pays du vent au pays des (fashion) fées (France Gall featuring M.E.). Direction rive gauche, direction la petite rue Villedo, J'y troque.

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Oui, la devanture de la boutique est coordonnée à la veste Marni, c'est un comble. Là n'est pas le plus important. J'y troque, c'est la bonne petite adresse qu'on ne donne pas à ses copines, sauf quand on est bête comme moi, élevée dans ce fameux esprit "Let the sunshine in". Vendeuses de boutiques de luxe, habitantes de la rue Saint-Honoré, stars inondées de cadeaux Bompard et Zadig, viennent s'y délester de leurs jolies choses, souvent peu après les défilés. Donc, comme il y a du Burberry, du Comme des Garçons, du Repetto, du Chloé en excellent état, ne vous attendez pas à des prix sacrifiés. Disons, sacrément diminués, et c'est déjà pas mal.

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Oh, une pochette Abaco poudrée, neuve, étiquetée à 50 euros
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Oh, un tee-shirt en soie Givenchy, sûrement top sous ma veste noire, mais j'ai plus un rond
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Du Prairies de Paris, du Marc Jacobs, du tout ce qu'il faut en excellentissime état

Un seul bémol : le prix du portant Comptoir des Cotonniers, nettement usurpé. Le reste, surtout les nirvanezques pièces Prairies de Paris, vaut pas mal le coup. Ma grande soeur pourrait témoigner, elle qui est repartie un sac en cuir gris au bras pour 38 euros. Moi demandez-vous, moi sans rien réponds-je, le bagage mince mais le coeur léger. Car dégagée du regard inquisiteur et peu amène des vendeuses de boutiques de luxe, j'ai pu tâter du YSL, enfiler du Miu Miu, compenser en Prada, rêver en Stella. Allez porter du Givenchy, même quelques heures, et sortez-en indemnes. J'ai ouvert la boîte de Pandior, je cherche désespérement à la refermer.

J'y troque, 7 rue Villedo, 75001 Paris, métro Palais Royal

"Forbidden love" (Madonna)

18 avril 2008

Où je me demande si j'ai encore mes tee-shirts Pimkie grunge Tie & Dye. Y'a moyen d'en faire une étole, croyez-vous?

Au fronton de mes dix fashion commandements, merci maman, merci papa, deux interdits que je respecte à la lettre depuis quelques années : No logo (Naomi Klein en force, Louis V. dans ta face) & No tie and dye. Ces préalables posés, on peut discuter, on n'est pas au service d'ordre des JO de Pékin : ah bon de l'imprimé zèbre, vous êtes sûres pour les Dunk reggae, si je porte du colling ? Mais le printemps-été 2008 se profile, les bourgeons s'ouvrent, les trenchs se déboutonnent, les sourires se délient et les orteils se libèrent. Autrement dit, open up open up your mind, uptown Gal', un peu d'ouverture d'esprit que diantre, sors de ta caverne platonicienne, la vérité absolue n'existe pas, vive le relativisme à la Protagoras. "L'homme est la mesure de toute chose", disait ce dernier, et la femme encore plus. Tie and Dye? Si Christian Lacroix ose, hmmmpf, faut voir :

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Photo Madame Figaro
Ah bon, Matthew Williamson en a fait aussi, et c'est joli?
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Photo Matthew Williamson
La robe Diane von Fürstenberg était ici la semaine passée, elle est sur le dos de Camille dans le dernier Elle. Veinarde? Dans le dernier Glamour, aussi. Obsession?
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Photo Patrick Swirc
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Photo Ba&sh
Mais on ne piétine pas toutes ses certitudes d'un simple coup d'oeil printanier. Live and let dye, j'aurais pu continuer encore des années. Sauf en passant devant chez l'ami Marc J., près d'Opéra. Toujours très convaincant quand je lui fais mon sourire "j'ai pas d'argent, t'as quoi pour 15 euros ?" J'aurais presque pu repartir avec de l'imprimé zèbre, mais me voilà avec du logo ET du délavé. Trop fort, Marky Marc, le roi du special item :
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Sac cabas Marc Jacobs, 12 euros
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Gilet Surface to Air, marinière Gap, foulard H&M, jean Zara
On ne se refait pas complètement, Marc Jacobs ou Jacadi. Le Tie and Dye pour moi, vous l'aurez compris, ne sera jamais essentiel. Il restera accessoire.

"Dance little sister" (Terence Trent d'Arby)

16 avril 2008

Où la greffe de souris dans ma main droite a parfaitement pris, je vous remercie 

M'en est arrivé une belle, l'autre jour. Mais permettez que je digresse, avant de glisser mon anecdote, et que le foulard tombe, et que vous ne reveniez plus jamais ici. On se doit bien ça, entre ondes virtuelles, quand y'a d'la gêne y'a plus d'amour. Donc, depuis le temps que j'ai ouvert ce blog, soit l'ère glaciaire moins un jour, la lectrice me demande comment je peux acheter tant, porter joli, bla bla, en gros, elle se fait indiscrète sur mon niveau de vie. Ma réponse tient en quatre lettres et quelques euros : E.B.A.Y. Je suis peut-être bac +6 en science politique (et vlan), mais je suis aussi thésarde en enchères. Je ne suis pas fiancée à Pierre Sarkozy dit "Mosley" dans les milieux hip-hop, je suis maligne. Je sais repérer la petite pièce de créateur que personne n'a vue, mise en vente pour trois fois rien, ma règle de trois, trois exemples pour que vous compreniez :

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Leçon 1 : du basique tu préfèreras à ce bibi créateur en tartan moutarde. Prise de rique zéro. L'exemple : la parfaite petite veste noire, de longueur homologuée, signée par le créateur du Marais CH IND pour... 8 euros. Oui, ça fait mal, et ça continue.
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Leçon 2 : ne pas se fier aux photos de l'objet. Si photo moche, peu d'acquéreurs, donc petit prix.
L'exemple : une robe Isabel Marant neuve achetée... 16,50 euros.
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Leçon n° 3 : regarder l'historique du vendeur pour voir combien il a lui-même acheté la pièce et s'il la refourgue. En cas de coup de foudre total, ne pas la payer plus.
 L'exemple : un top APC rayé, 35 euros

Donc, mes certitudes, mes caquetages, ceux que je vous sers ce matin en un vrai baratin, je les ai également livrés à ma grande soeur. Qui a du goût pour trois et de la jugeote pour six. Qui reluque mon top APC que je lui vends, comme Sarko les airbus, avec un entrain tout méditerranéen, look look ma fille les volants et les fils de lurex. Elle me prend mon butin des mains, regarde les coutures de la poitrine, me le tend et, stoïque : "Evidemment qu'elle est belle ta tunique, je vais pas te dire le contraire. C'est la mienne, je l'avais fait reprendre au décolleté et je l'ai vendue y'a un mois." Yala, perdu le bagou. J'ai peut-être une thèse en Ebay, mais j'ai mention passable en sociologie de la famille.

PS : pour finir, une petite perle vue sur Ebay hier, morceau choisi : "Je précise que cette tunique est véritablement authentique, il ne s'agit pas d'une contrefaçon, et que j'ai parfaitement le droit de la vendre".

01:19 Publié dans My Life | Lien permanent | Commentaires (50) | Tags : ebay, apc, isabel marant, ch ind

"Something in the air" (Tom Petty)

14 avril 2008

 Où je me dis que pas tout le monde sait où c'est la Corée, si?

La vie est une question de priorités (Bianca Féducomerce, Oeuvres complètes). Jamais à droite, les miennes, fille un peu gauche sur les bords. Jamais dans l'ordre des choses, ma vie, fille un peu bordel sur les ailes. Exemple? Là, tout de suite, je sais que je vais aller flâner dans les rues de Paris, l'oeil en vitrines, parce qu'il fait beau et bon et que c'est rare, et que la pile de linge à repasser, elle sera encore là demain, alors que ce nanonissime rayon de soleil, lui, non. Demain, bientôt, je sais que je ne commencerai pas le régime soupe-céleri-poireau parce que voilà l'été, enfin l'été, et la négresse verte que je ne suis pas doit rentrer dans son Tam Tam 38 acheté l'an dernier. Dans ma bulle, je sais que je pourrais vous parler de la percée des conservateurs aux élections parlementaires coréennes, je pourrais, et m'est avis que ça ferait pas de mal à certaines. Mais sur ce blog, le jeune et talentueux créateur éclipsera toujours le reste de l'actualité, la Sveltesseness et la pile de linge. Surtout la pile de linge. Priorité absolue à Jérôme, Laetitia & Cyrille, Flore, Vanina, Chrystèle, Eva, Claire, Christina, Christophe, tout le monde il est beau, tout le monde c'est du joli. Et quand le jeune créateur s'associe à d'autres jeunes créateurs ça -s'appelle une coopérative mais on s'en fout -, ça me simplifie la vie, et ça a d'autant plus de chances de me plaire. Mathématique, l'histoire. E =MC² = Surface 2 Air, ma formule magique du jour.

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Les branchées du Marais connaissent déjà mais pour toutes les autres, les "comme moi", Surface To Air est un collectif de jeunes créateurs lancé en 2000 qui s'est demandé "Tiens, si on ajoute des talents entre eux, ça fait un énorme talent?", et s'est répondu oui, et collabore aujourd'hui avec diverses marques, maisons de coutures, organisateurs de soirées. Le label a rouvert boutique au printemps dernier rue Charlot, il faut connaître pour entrer, et il faut s'accrocher pour ne pas ressortir à la vue des vendeuses, aussi lookées que des têtes d'affiche des Femmes s'en mêlent. Fi de la fille d'affiche, on reste dans ce bel espace dégagé, où vivent de la coupe, du noir, du gris, du sobre et chic, du rock, du cher, du basique, du pli, couture, miam.

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La boutique Surface 2 Air, rue Charlot, Paris

Je serais bien repartie avec l'intégralité des portants dans un Traffic que j'aurais loué pour la journée, mais c'est bizarre, il me manquait un petit quelque chose. Le fric? Ah oui, c'est ça, le fric. Merci de m'y faire penser, d'habitude j'oublie.

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Gilet Surface To Air, 125 euros 
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Robe asymétique électrique, 125 euros  
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Oui, je suis repartie avec une robe, un gilet, dans le porte-monnaie une immense béance et dans la tête bien des idées. Si je m'arrêtais là, mon histoire serait sans fin. Sans ce petit plus qui vous donnera le sourire aux lèvres, j'espère : Surface To Air, ça se vend ici. Et pour la Corée, là où les conservateurs parlementent, c'est un petit peu à gauche de la Chine, voyez, et ça déborde dans la mer.
Surface to Air, 68 rue Charlot, 75003 Paris. Métro Filles du Calvaire.

"Astounded" (Bran Van 3000)

11 avril 2008

Où si vous aviez prévu de partir en Ardèche ce week-end, faudrait voir à reporter

De mes dix doigts, je ne sais rien faire, ou presque. J'aurais voulu peindre ou faire l'amour (sans les frères Larieu), cuisiner, dessiner, jouer au golf, sculpter, boxer, j'aurais voulu. Mais personne pour me donner ce coup de main qui me fait tant défaut. De mes dix doigts, je sors souvent la Carte Bleue avec le plus éclatant sourire du monde, je claque les portes comme une diva quitte sa loge "du thé au crocus blanc lapon sinon je ne chante pas", je pianote quelques âneries que vous lisez consciencieusement en ce moment même. La vie de Passe-Partout sans Fort Boyard, par exemple, ou les modes de coït du lapin nain, vous liriez peut-être aussi, ça nous changerait de la sneaker YSL ne croyez-vous pas, ne niez pas, si. Avec des si, et juste deux doigts de talent, je reprendrais le Monde en mains, du bout de mon crayon. Comme la styleuse Lovisa Burfitt, comme Garance, et comme Anna Fredriksson par exemple :

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Anna Fredriksson et moi, on ne serait jamais rencontrées si je n'étais pas entrée chez le Suédois ce jour-là, au lieu d'aller acheter de l'huile d'olive et des pâtes, ce pour quoi on m'avait mandatée. L'eusses-tu crû, je suis revenue sans montrer pâtes blanches, mais avec mon légendaire sourire le plus éclatant du monde, un sac H&M "Fashion against Aids" au bras. Dans ce sac, deux tee-shirts qui n'avaient rien d'un repas du soir pour deux personnes, l'un signé Fredriksson, l'autre Jo Ratcliffe. Coupe-faim et coup de coeur immédiat pour cette dessinatrice américaine qui illustre aussi des albums, griffe des logos, graffe des pubs, des couv's de magazines, j'en passe, c'est la meilleure.

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Dessinatrice ou magicienne, j'ose. Parce qu'enfiler ce tee-shirt blanc si fin si mou, c'était devenir cette fille, porter le chapeau, la veste à carreaux, le rouge à lèvres poudreux, la mèche façon Allison Mosshart. C'était ne pas manger, ni pâtes ni d'huile d'olive, mais c'était faire ma star pour 20 dollars. Un sentiment qui n'avait pas de prix.

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Tee-shirts H&M, 14,90 euros. Sont également vendus les posters des illustrations.

Alors peindre ou faire l'amour, se nourrir ou séduire, ce jour-là, j'avais clairement fait mon choix. Comme il reste très peu de tailles 38 dans ces tee-shirts magiques, il va falloir aussi faire le vôtre. Le week-end en Ardèche chez Belle-Maman et son gigot ou la virée à H&M. De mes dix doigts, mes demoiselles, je brise aussi des ménages, le sourire le plus éclatant du monde au visage.

PS - Deux bons plans pour les Parisiennes :

La vente privée D.Dikate, samedi et dimanche, de 11h à 18h, 4 rue Pasquier 75008 Paris, interphone Deschamps, 2e étage. Moi j'y serai !

La vente privée Virginie Castaway, vendredi 11 avril, 257 rue Saint Martin, 75003, mot de passe : Lovely. Je risque d'y être aussi.

Et pour les autres, il y a toujours mes ventes sur Ebay.

"Cotton wool" (LAMB)

09 avril 2008

Où il sera question d'éternel retour, et d'un Italien qui sait parler avec ses mains mais pas que
Après les Ch'tis, la boule à facettes. Après le bouclier fiscal, les retraites. Après la pluie, le beau temps. Neige fondue enchaînée, la météo mode est au plus mal.  Et ça continue, encore et encore, le même ciel, cotonneux, le même thermomètre, trop frileux, les mêmes vêtements, cafardeux. En avril, ne te découvre pas d'un fil, l'adage dit. L'adage dit, et moi, j'obéis, le fil devient vite maille, de maille, il se fait gilet, ne perdez pas le fil, et le gilet, il ne quitte plus mes épaules. Accessoire indispensable de cette mi-saison, ceinturé, ou non. Compagnon obligatoire de nos light liquettes et white tee-shirts, le gilet j'y laisse mes économies, ces derniers temps. Comme on ne peut pas encore porter la robe fleurie Luella cardiganée de bleu marine sous peine d'attraper une Rolling ANGI(n)E ...
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Photo Madame Figaro  

... on ("on" de majesté) porte sur slim, sur flare, le nez à l'air, le long gilet loose pour faire passer le blues :

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Tunique Et Vous vieille collection, ceinture vintage, gilet Maje, sac H&M Hommes

... ou le costume trois trous confectionné par une autre Fée de la couture en qui je crois un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, j'ai dit beaucoup ?

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Gilet "Célinette" par L'Atelier d'Une Fée, soit Chrystèle Jean, porté sur blouse et flare
Photo réalisée grâce au pied grâcieusement offert par Célinette

Mais plutôt que de disséquer ce que j'ai, laissez-moi plutôt évoquer ce que je n'ai pas. Encore. "Un tu l'auras vaut mieux que deux tiens", voire "Soleil en août, pâté en croute", puisqu'on proverbe à tout va.  Donc, quand on parle de gilet, de belle maille, de doute il n'y a pas, le roi s'appelle Collina. Roberto Collina. Une institution, le monsieur, presque 60 ans à faire mousser le point dans son usine de Bologne. Et regardez-moi comment ses tricots rajeuniraient dangereusement Grand-Mère, qui en oublierait presque de faire son bon café :

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Photos Elodie Chapuis pour Roberto Collina

La bonne nouvelle, ce n'est évidemment pas que l'essaim de glace se profile à grand froid. Non, c'est que le Bazar Parisien distribue en France ces indispensables de garde-robe, certes pas donnés, mais Roberto, c'est un peu la haute-couture de la maille. Comme le Speedy qu'on a acheté avec notre première paye, en quelque sorte (sauf moi, j'avoue, j'aurais plutôt investi dans du Balenciaga si j'avais pas tout bu épargné).

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En promo ici, l'autre , et un ceinturé enfin

Roberto, un Italien qui sait parler aux femmes. Alors que Bling Bling et Drelin Drelin, stock options et Alain Madelin, un peu de douceur dans ce monde brut. Maille, sweet love.