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"Rebellion lies" (Arcade Fire)

04 avril 2008

 Où je tords le cou à mes préjugés, et je me dis qu'Egon, ça peut faire un chouette prénom

Diane a le nom allemand et la particule intimidante. Belge d'origine, me précise t-on chez l'ami Wikipedia, mais mariée au Germain prince Egon, qui lui a gentiment légué l'umlaut sur le ü et le "von" qui résonne. Diane Von Fürstenberg, ça vous pose une personne, et en impose aux autres, tant et si bien que les autres, ils ont peur. Moi itou, simplement (Bibi). Dans ma petite tête de modeuse bêcheuse, le raccourci s'est toujours fait, le préjugé solidement vissé, et la curiosité réduite à néant. Equation à zéro inconnue, tout était klar : les collections Diane Von Füstenberg, c'est pour Mémé Gisèle.

Honnêtement, j'aurais pu continuer longtemps sur ces certitudes, rencontrer Gaspard U., fonder une famille, monter les marches à Cannes en Luella et raconter mon bonheur dans Gala. Jusqu'à ce jour de mars où, on Ebay, je tombe en cliquant par hasard sur une blouse sans nom, sans marque, ravissante. La vendeuse me dit qu'elle a passé l'âge pour la porter, 50 ans, elle se résigne, elle s'en sépare. 40 euros. Banco. Dans le colis, une petite lettre, avec la photo du modèle porté. Madame la trop vieille mais trop gentille avait arraché l'étiquette de ce modèle, mais gardé la référence sur Nordstrom. Diane Von Fürstenberg. Hein?

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Blouse Diane Von Fürstenberg, sac Sessun, pantalon flare Maje acheté à prix d'amie à Bérangère
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Blouse Diane Von Füstenberg portée par une fille dont c'est le métier, notez la différence

Ainsi donc, mes 26 ans à peine défaités, me voilà bonne à porter du Didier Parakian et du Ralph Lauren. Avais-je perdu mon oeil dur comme le rock ? Deux jours plus tard, je lisais Biba en Luella (she's my baby), qui m'apprenait plein de belles choses sur la Diane chasseresse. Qu'elle avait deux portraits d'elle signés Warhol dans le salon. Comme moi. Que sa mère était la plus grande source d'inspiration de sa vie. Comme moi, sauf que c'est la mère de Garance avec ses Moncler et ses Rolex qui m'inspire, mais on y est presque. Que son style se résumait à cette mauvaise redite d'une chanson de Shania Twain "Feel like a woman, wear a dress". Comme moi, tous les jours où je mets pas mon slim et mon gilet, soit souvent. Diane, ses Andy Warhol et moi, on était définitivement faits pour s'entendre, et quand je suis allée  jeter mon oeil (devenu mollet) sur sa collection, j'en ai fait tout un plat :

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Alors, certes, c'est commercial, facile, européen, ce qu'on veut. Mais Diane, elle partait de loin avec moi, alors ne commencez pas à lui tomber dessus à critiques rompues. En plus, Madame De m'a clairement fait comprendre qu'elle était branchée young quand j'ai vu ça :

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Photo Imax Tree pour Madame Figaro

Oui, du tie and dye chez Diane Von Furstenberg. Orange pétant et foulardant. Et j'aime bien. Alors, je repense à ce mail de ma mélancolique vendeuse Ebay, "je n'ai plus l'âge, à 50 ans, pour mettre ces choses". Envie de citer le Cid, tiens, vendredi c'est poésie, "je suis jeune il est vrai mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années". Envie de lui répondre que non, elle se trompe, et je me suis trompée aussi. Il n'y a pas d'âge pour porter les créations de la dame à particule. Elémentaire.

"Welcome to my life" (Simple Plan)

03 avril 2008

Ou comment, finalement, rien de mieux qu'une belle-mère

Elle nous a servi du thé dans des tasses roses porcelainées, un gâteau chocolaté - un peu- praliné - beaucoup - aussi épais qu'une anthologie de BHL, puis elle a glissé plusieurs paquets sous mes yeux. Dont un livre, assez fin. "Elle me fait tellement penser à toi l'héroïne, elle a une frange et se fait souvent un chignon, puis elle met des robes à manches ballon", qu'elle m'a expliqué. Alors, parce que c'était ma belle-mère, et parce qu'il fallait faire diversion rapport au gros gâteau praliné que j'arrivais pas à finir, et y'avait pas de chien à qui le filer,  j'ai ouvert.

Et j'ai vu une fille qui mendie un chaton à son copain brun mal rasé, qui refuse, catégorique, malgré les yeux gouleyants de la fille. Une nana qui saute sur le même Brun, le plateau du Mc Do à la main, pour savoir s'il a bien pris du Coca ... Light. Une ptite meuf qui doit acheter un lampadaire chez Iquea et repart avec tout ce qui est présenté entre les pages 48 à 69 du catalogue. Une belette qui parle aux sacs qu'elle adoptera pas parce que sa penderie est déjà bien pleine (et son compte en banque, bien vide).

J'ai drôlement remercié ma belle-mère, qui m'avait en plus trouvé la suspension murale de Concetta pour Habitat que j'avais délicatement coché dans le catalogue. Je suis moi aussi une Pénélope, et j'ai une vie tout à fait fascinante, même qu'il m'est arrivé une chose pas banale, rapport à la mode, il y quinze jours*. Revenez à l'occasion, qu'on en parle, mais apportez pas du praliné, vous serez bien aimables.

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Pénélope Bagieu, Ma vie est tout à fait fascinante, Editions Jean-Claude Gawsewitch, 94 pages
* Ou ouvrez Madame Figaro samedi, si vous passez chez Grand-Mère.

"The winner takes it all" (Abba)

01 avril 2008

Où je fais trois heureuses, un 1er avril, et c'est pas une blague

Le jour où j'ai eu l'idée de lancer un concours sur la mode, j'aurais sûrement dû faire tourner sept fois ma souris sur son tapis. Préféré manger trois gousses d'ail frais avant de sortir. M'enfiler l'intégrale de Paulo Coelho. Proposer, mea maxima culpa, une virée shopping à ma mère. Tout, plutôt que de me rendre compte que mes lectrices sont bien plus spirituelles que moi. Erase, rewind, cos I've been changing my mind, avec ma question choc, je me suis pris une belle claque, bang bang. Donc, soit je fermais ce blog, je me tartinais avec mon rouge à lèvres Clarins encotonnée dans le So Sweat, et je m'enquillais le Plus Grand Cabaret du Monde, soit je tenais ma promesse.

Je tiens toujours mes promesses. Même un premier avril, surtout un premier avril, où tout le monde raconte des conneries, on va vous augmenter le pouvoir d'achat, Stella Mc Cartney recollabore avec H&M, Elvis est mort mais c'était une femme. Moi, la vérité, toute la vérité, même un avril premier. Alors parmi vous toutes, mes Petites Robertes (ou mes Larouss'o, comme vous préférez), sous l'effet de deux Efferalgan, en retenant quatre, ajoutant six, fermant les yeux et mangeant du Ritter Sport, j'ai retenu trois définitions qui me parlaient beaucoup. Qui me parlaient autant, par exemple, que cette série de mannequins snapshots proposée par le Sartorialist pour Vogue, intermède parfait à nos élucubrations sur la Mode avec un grand Aime :

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Maryna Linchuk par Scott Schuman, pour Vogue, j'aime sa veste blazer, ça s'achète où ses cheveux ?

La numéro 3 du concours, elle l'a pris au pied de la lettre, et moi les lettres aux grands pieds, j'aime ça. Elle a donc sûrement chaussé ses lunettes, enchignonné sa tignasse, ouvert un dico pour voir comment c'était dedans, ça fait si longtemps, elle a fermé les yeux et elle a écrit. A écrit ça, mademoiselle Ori :

La mode : n.f [mod] et non [mǒ = o ouvert d] comme dans certaines régions sudistes, sinon ça fait Maud.
1. Tendance temporaire adoptée par une grande partie de la population… (féminine).
2. Maladie moderne associée au gène « Vas-y ouvre ton porte-monnaie », touchant essentiellement les sujets féminins, présentant les symptômes suivants :
- dépenses immodérées.
- Tocs cintresques.
- Problèmes visuels, faussant les proportions. Les sujets voient, par exemple, une armoire, et une pile de vêtements avec des proportions réduites.
Exp. Etre à la mode : avoir des habits même moches que tout le monde porte ou avoir le truc à la mode un peu différent. (Personne n’a dit que c’était facile !)
Tripes à la mode de Caen : phénomène de mode limité à Caen qui consiste à se faire des colliers de tripes et autres boyaux.
Mots dérivés : Modiphile Femme qui s’intéresse à la mode. N.B. Dans certains dictionnaires une erreur fait appliquer ce terme aux hommes.
Mode zzzzz : expression qui signifie bon j’ai fini je vais me coucher.

Ori, tu garderas tes lunettes que j'imagine à grosse monture quand tu mettras ton joli rouge à lèvres Clarins.

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Sasha Pivovarova, par Scott Schuman pour Vogue, ça pourrait être moi, le mannequin en moins

La numéro 2 du concours, au contraire, a fait court, brut de pomme, soif de mordre. Elle a un peu cité tous mes meilleurs amis, et quand on me prend par les sentiments, et quand on mêle l'amour à ça, moi je dis bien joué, Catherine :

La mode, c'est un adultère.
Jerôme, Isabel, Gaspard, Karl, Hedi, Alexander, Vanessa, Phoebe, Alber, Sonia, Michel, Viktor, Ann, Tom, Marc, Kris, Martin.

Catherine, si tu veux le remercier pour le Terracota Tajine, Guerlain s'appelait Pierre-François-Pascal.

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Coco Rocha par Scott Schuman pour Vogue, littéralement number one

La numéro 1, elle a mis la barre si haut, que j'ai eu bien du mal à la décrocher, après. Un peu comme Coco Rocha torturée sur la photo, elle a mûri son coup, posé les mots ça et là presque en écriture automatique. Tique et poétique, un cadavre exquis plein de vie, j'ai tiqué, j'ai aimé, Pierre de Lune, tu as gagné.

Entre ville et ville après nuit rousse arrachée de plainte amoureuse,
6h30, mode mineur(e) spéciale bambins pour femme sans bras avec jambe de bois – qu’on les baîllonne ! - coton 90°, ça se vend vraiment ?
9h00, facile d’être fauve quand on est affamée, du créateur en vois-tu en voilà, je redeviens femme, maman est partie, chou !
16h30, uppercut d’amour dans ma tronche, vite du cracra en veux-tu en voilà, chocolat, bonbons haribo et bisoux assortis
20h, The Sublime is Now, Erotokrito-maniaque, -phage, -vore, tellement désirable, tellement déconcertant,
1h, nue, on Night : overdose d’amour dans les Roues noires.

Pierre de Lune, pour le cracra et le shopping affamé, rien de mieux qu'un So Sweat de la Fée.

Ema, Aneth, Hélène, vous êtes passées à un demi-poil de gnou de la victoire, les filles. Les académiciennes du jour, envoyez-moi votre adresse par email. Les participantes, de Bénétie à MH, de Vanessa à Ballynd, etc, merci. Vous êtes simplement de vrais chous, à la Mode de chez Nous.