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15 octobre 2008

"Cold blue steel and sweet fire" (Joni Mitchell)

Où on va se serrer tout près, se tenir bien chaud, bref on va sortir couvert(e)s

Quand la bise serait venue, je m'étais promis d'en parler. J'avais noté ces quelques lettres sur un papier blanc, j'avais gardé en tête quelques formes, la douceur d'une maille, et puis ce sourire. Warmi. Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas tartiné deux pages de compliments dégoulinants sur un jeune créateur, au moins trois mois, on pensait porter encore de la spartiate et se friser les cheveux sous le soleil de Saint-Rémy de Provence en ce temps-là, on riait, il faisait chaud. C'était bien. Ca va être mieux, tout de suite, vous allez voir, malgré ce 15°C entre deux moche et ce téléphone qui ne sonne pas, ce boss qui hurle et cette casserole qui déborde. Grâce à elle.

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Collection automne-hiver 2008-2009, capeline Paulina, photos Cécilia Jauniau

Sylvia Sanchez, la dame qui vous réchauffe le coeur là tout de suite, a tout compris : elle dit dessiner des objets plus que des vêtements. Donc, un bonnet, un cache-coeur, une simple paire de mitaines sur nous deviennent oeuvres d'art. Numérotées. Limitées à 300 exemplaires. Je sais pas vous, ça me fait direct chaud au coeur. Je me sens importante, avec le n°288 sur le dos, c'est fou.

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Et donc vous avez vu, je n'en tartinerais pas deux pages. Parce que vous avez compris sans 26 oxymores ni 30 rhododendrons (ne me demandez pas pourquoi, mais j'avais envie de caser ce mot-là) que Warmi propose du bandeau à la jupe en passant par le gilet, donc forcément, il y aura une pièce, que dis-je un objet, fait pour vous, en Colombie par ailleurs (voilà, grâce à moi on reparle de Colombie sans mentionner Sainte Ingrid, qu'elle a pas eu le Nobel de la Paix d'ailleurs, c'est-y-pas-malheureux mes bonnes dames?) .

Parce que si j'en parle plus, ça va énerver les non-Parisiennes, car il n'y a que deux points de vente en France, et évidemment dans la capitale : Gas by Marie (44 rue Etienne Marcel, 8 avenue George V) et la très jolie boutique dont je vous avais déjà causé, Esprit Vinyle (57 rue Saintonge).

Parce que la fille de la photo, ce sera moi dans 10 ans, je me le promets. Même grâce, même rouge qui se posera là, même "it's oh so quiet I'm so sweet" attitude. D'ailleurs, sans le faire exprès, j'écoutais Peter Bjorn & John en rédigeant ce billet, "Young Folks". Vous savez, vous savez forcément arrêtez de faire vos têtes de linote, l'ancien générique de la météo du Grand Journal. Ces sifflets d'oiseau, là. Je m'en vais là-dessus, l'ambiance me plaît, des oiseaux posés sur de la maille qui m'aille. Mais promis, je ne reviens pas dans 10 ans.

PS : un sac Erotokritos culte sur La Solderie.

13 octobre 2008

"I'll kill her" (Soko)

Où il sera question d'Afghanistan, d'Espagnols, mais rien de bien guerrier rassurez-vous

J’ai posé un gros lapin à la tendance lourde de cette rentrée. Vous me voyez arriver, avec mes gros sabots (fourrés), vous avez compris. Le gilet en fausse fourrure. On le voit de partout. Maje, Swildens, Sandro, Zara, tout le monde s’y est mis, avec plus ou moins de bonheur. J’en ai vu des longs, des courts, des marron et des blancs, mais rien n’y a fait. Stop à la moumoute d'épaules. Pourtant, Dieu sait que j’aime les gilets. J’en mets à toutes les sauces, même. Alors, parce que si ça se trouve, et c’est sûrement le cas, je parle à des filles qui en ont un dans leur penderie et qui vont plus venir ici et je vais perdre du lectorat, mon amour-propre, ma maison, mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs, oh oh, je vais m’abstenir de dire que c’est moche. Hein. Trop bonne. Parce que j’aime bien me la raconter, en trois parties, trois sous-parties, surtout, je vais vous montrer la seule concession que j’ai accordé à ce must-have : le gilet à peau laineuse et capuche fourreuse. Une espèce hivernale rare, repérée il y a un mois dans les Zara de la capitale, et totalement éteinte depuis. En beige, en gris. Si vous avez un beige L en votre possession, mailez-moi. Wanted.

 

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Robe Isabel Marant, gilet Zara

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Et parce que le Beau existe intrinsèquement, c’est pas moi c’est Platon qui l’a dit, je me sens obligée de vous mettre sur le chemin de la Lumière. Le beau, c'est pas les affreuses sous-peaux de lévriers afghans qu'on dirait que Pollux * est passé à la tondeuse de Pépé le moqueur. Le beau, c’est les gilets de Laurence Heller. La spécialiste du gros veston afghan - le vrai qui pue garanti 0% polyester -une rédactrice de mode qui a rudement bien fait d'arrêter de nous causer régimes et slim bleachés. Dès qu'on regarde ailleurs, regarde-moi ce qu'on y trouve :

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Gilet Laurence Heller, photo Shoppingparismode

Gilets dispos également au Bon Marché et au Printemps Haussmann

L’Afghanistan, ça me parle depuis que j’ai pondu un mémoire de science politique sur la condition de la femme pachtou depuis 1959*². Dans ce pavé indigeste, j’y parlais surtout tchadri, pas gilet top mode. Que voulez-vous, à une autre époque j’étais intelligente, je pensais que l’amour c’était vachement bien, et j'anonnais à mes parents ébaubis que je représenterai un jour la France aux Nations Unies. Illusions perdues depuis. Y’a rien à dire, aujourd’hui, je suis de mauvais poil.

* Le chien du manège enchanté, ignares.

J'vous jure c'est vrai

12 juin 2008

"Supernatural superserious" (REM)

Où je reviens à mes premières amours, le jeune créateur

En cherchant un titre à cette note, j'ai évidemment pensé à "Marine", de Diam's, mais non, c'était pas le bon titre, pas la bonne chanteuse (elle chante, Diam's?), pas le bon titre pour la bonne fille dont je vais causer aujourd'hui. Cette fille est brune, elle rigole, elle sourit, elle est sérieuse, elle se prend pas la tête, elle sert du thé dans de grands verres en céramique, elle re-rit, elle est vraiment nature, elle re-sourit, elle bidouille des bijoux. Voilà, on y arrive, j'arrête de vous parler de la fille, je vous parle maintenant de la créatrice. Marine de Diesbach. Age : euh, on dit âge? Disons, une belle trentaine. Profession : hier attachée de presse dans la mode, aujourd'hui bijoutière. Ca me plaît, bijoutière, parce qu'il y a le côté artisan, et depuis que j'ai vu tous les petits pots, pinces, et autres instruments de torture dans son atelier, je me dis qu'elle aurait pu être forgeronne, ferronnière, bref, elle a ce qu'il faut dans les mains, et aussi dans la tête.  

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Marine de Diesbach m'a acheté un top Isabel Marant sur Ebay, et comme la nature est bien faite, et comme le monde est petit, je me suis aussitôt proposée de lui remettre en mains propres dans son atelier. Le temps de papoter dix minutes, qu'elle me raconte qu'elle crée depuis cinq ans environ, et qu'elle a la chance d'être distribuée dans les boutiques Maje. Forcément, ça aide. C'est un peu comme si Vogue reprenait chaque mois une de mes chroniques, vous voyez ? Non, vous voyez pas, personne ne voit, même Carine R. ne voit pas. Encore. Mais Carine R. serait bien inspirée de glisser quelques perles Marine dans ses shootings mode. Genre ça :

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Preview de la collection automne-hiver 2008-2009

Marine a un soudeur très sympathique, une emailleuse je vous en parle même pas (enfin si, encore une expression toute faite), et puis elle sait dénicher le truc qui fera mouche au tour de votre cou, comme ces têtes originales de vieux poupons. Il fallait la voir, aussi, avec ses petites billes en verre chipées à sa copine décoratrice de mariage. Elle savait pas encore quoi en faire, Marine, elle allait voir. Sur sa collection printemps-été 2009, elle pensait, elle pensait. Alors, parce que je suis une véritable perle, et polie comme pas deux, je l'ai laissée dans ses bulles.

Marine de Diesbach est disponible ici :   - Boutiques Maje - Matières à réflexion (Paris) - Franck & Fils (Paris) - Titre (Marseille) - Un temps d'avril (Nice) - Maison de mode (Lille) - Pêle-Mêle (Strasbourg) - Héroïnes (Paris, rue des Rosiers) - June & Jim (Paris, rue de Rochechouart) - http://www.monshowroom.com/