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22 octobre 2008

"My kinda girl" (Keziah Jones)

Où on revient aux fondamentaux, avec un soupçon de pipole pour faire bonne figure

Les perdants sont magnifiques, et ma perdante du jour encore plus. Lucky loser, Flore Mouren a raté d'un blond cheveu la consécration lors du concours de l'Atelier de la mode. Chez moi, elle est gagnante sur toute sa ligne. Elle gagne à ce que je vous reparle d'elle, de cette chouette collection automne-hiver 2009 d'Eple & Melk qu'il va falloir vous ruer dessus de toute urgence d'ailleurs.

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Beautiful loser, Flore, qui maintenant a les cheveux aussi blonds que Scarlett Johansson, tellement que ça déboussole les serveurs qui en oublient de lui amener son noisette, qui en oublient le lait avec le noisette, et la pauvre fille célibataire à côté se dit "y'a pas de justice". Le serveur n'était pas aussi extra que ça, je vous assure, donc la fille à côté - moi, pour celles qui n'auraient pas compris - s'en est remise. Post-it sur mon frigo  : penser à demander du blond et non plus du cannelle pour ma prochaine couleur. Méchée mais pas méchante, la fille d'à côté s'est nettement moins remise de la joliesse de la collec' hiver de la jolie Blondie. Sélection non-exhaustive et revendiquée subjective :
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Evidemment, quand j'aurais épousé Stavros Niarchos et que j'habiterai dans le Lub', j'investirai en masse dans cette garde-robe idéale. En attendant, je fais par petite touche. Non, le foulard léopard ne passera pas par moi cet hiver, car je préfère avoir la tête dans les "nuages" (les motifs de ce céleste foulard) :
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Foulard Kosuth Eple & Melk gris, existe en kaki, porté sur robe Isabel Marant
Disponible ici

Peut-être était ce foulard, qu'elle portait beau, et non sa platinité insolente, qui a ébloui le serveur. Si c'est le cas, à moi tous les maîtres (d'hôtel) du monde. Je ne lui ai pas demandé si ce tissu avait quelques vertus aphrodisiaques, parce qu'on n'a pas vraiment parlé phéromones, elle et moi. On a parlé pois, compromission, ateliers, cuirs et dépendance, on a ragoté et on en a oublié de saluer Carole Bouquet qui négligemment est devant nous passée. Deux créatures célestes, la tête définitivement dans les nuages. Pas dans les étoiles.

Une vente privée Eple & Melk, c'est rare et ça vaut donc le déplacement : vendredi et samedi, 11h - 20h, dimanche 14h-20h, à l'espace Hippy Chic, 11 rue Chapon 75003 Paris. Des pièces des anciennes collections, et quelques-unes de la nouvelle, pour les plus pressées.

15 octobre 2008

"Cold blue steel and sweet fire" (Joni Mitchell)

Où on va se serrer tout près, se tenir bien chaud, bref on va sortir couvert(e)s

Quand la bise serait venue, je m'étais promis d'en parler. J'avais noté ces quelques lettres sur un papier blanc, j'avais gardé en tête quelques formes, la douceur d'une maille, et puis ce sourire. Warmi. Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas tartiné deux pages de compliments dégoulinants sur un jeune créateur, au moins trois mois, on pensait porter encore de la spartiate et se friser les cheveux sous le soleil de Saint-Rémy de Provence en ce temps-là, on riait, il faisait chaud. C'était bien. Ca va être mieux, tout de suite, vous allez voir, malgré ce 15°C entre deux moche et ce téléphone qui ne sonne pas, ce boss qui hurle et cette casserole qui déborde. Grâce à elle.

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Collection automne-hiver 2008-2009, capeline Paulina, photos Cécilia Jauniau

Sylvia Sanchez, la dame qui vous réchauffe le coeur là tout de suite, a tout compris : elle dit dessiner des objets plus que des vêtements. Donc, un bonnet, un cache-coeur, une simple paire de mitaines sur nous deviennent oeuvres d'art. Numérotées. Limitées à 300 exemplaires. Je sais pas vous, ça me fait direct chaud au coeur. Je me sens importante, avec le n°288 sur le dos, c'est fou.

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Et donc vous avez vu, je n'en tartinerais pas deux pages. Parce que vous avez compris sans 26 oxymores ni 30 rhododendrons (ne me demandez pas pourquoi, mais j'avais envie de caser ce mot-là) que Warmi propose du bandeau à la jupe en passant par le gilet, donc forcément, il y aura une pièce, que dis-je un objet, fait pour vous, en Colombie par ailleurs (voilà, grâce à moi on reparle de Colombie sans mentionner Sainte Ingrid, qu'elle a pas eu le Nobel de la Paix d'ailleurs, c'est-y-pas-malheureux mes bonnes dames?) .

Parce que si j'en parle plus, ça va énerver les non-Parisiennes, car il n'y a que deux points de vente en France, et évidemment dans la capitale : Gas by Marie (44 rue Etienne Marcel, 8 avenue George V) et la très jolie boutique dont je vous avais déjà causé, Esprit Vinyle (57 rue Saintonge).

Parce que la fille de la photo, ce sera moi dans 10 ans, je me le promets. Même grâce, même rouge qui se posera là, même "it's oh so quiet I'm so sweet" attitude. D'ailleurs, sans le faire exprès, j'écoutais Peter Bjorn & John en rédigeant ce billet, "Young Folks". Vous savez, vous savez forcément arrêtez de faire vos têtes de linote, l'ancien générique de la météo du Grand Journal. Ces sifflets d'oiseau, là. Je m'en vais là-dessus, l'ambiance me plaît, des oiseaux posés sur de la maille qui m'aille. Mais promis, je ne reviens pas dans 10 ans.

PS : un sac Erotokritos culte sur La Solderie.

13 octobre 2008

"I'll kill her" (Soko)

Où il sera question d'Afghanistan, d'Espagnols, mais rien de bien guerrier rassurez-vous

J’ai posé un gros lapin à la tendance lourde de cette rentrée. Vous me voyez arriver, avec mes gros sabots (fourrés), vous avez compris. Le gilet en fausse fourrure. On le voit de partout. Maje, Swildens, Sandro, Zara, tout le monde s’y est mis, avec plus ou moins de bonheur. J’en ai vu des longs, des courts, des marron et des blancs, mais rien n’y a fait. Stop à la moumoute d'épaules. Pourtant, Dieu sait que j’aime les gilets. J’en mets à toutes les sauces, même. Alors, parce que si ça se trouve, et c’est sûrement le cas, je parle à des filles qui en ont un dans leur penderie et qui vont plus venir ici et je vais perdre du lectorat, mon amour-propre, ma maison, mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs, oh oh, je vais m’abstenir de dire que c’est moche. Hein. Trop bonne. Parce que j’aime bien me la raconter, en trois parties, trois sous-parties, surtout, je vais vous montrer la seule concession que j’ai accordé à ce must-have : le gilet à peau laineuse et capuche fourreuse. Une espèce hivernale rare, repérée il y a un mois dans les Zara de la capitale, et totalement éteinte depuis. En beige, en gris. Si vous avez un beige L en votre possession, mailez-moi. Wanted.

 

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Robe Isabel Marant, gilet Zara

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Et parce que le Beau existe intrinsèquement, c’est pas moi c’est Platon qui l’a dit, je me sens obligée de vous mettre sur le chemin de la Lumière. Le beau, c'est pas les affreuses sous-peaux de lévriers afghans qu'on dirait que Pollux * est passé à la tondeuse de Pépé le moqueur. Le beau, c’est les gilets de Laurence Heller. La spécialiste du gros veston afghan - le vrai qui pue garanti 0% polyester -une rédactrice de mode qui a rudement bien fait d'arrêter de nous causer régimes et slim bleachés. Dès qu'on regarde ailleurs, regarde-moi ce qu'on y trouve :

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Gilet Laurence Heller, photo Shoppingparismode

Gilets dispos également au Bon Marché et au Printemps Haussmann

L’Afghanistan, ça me parle depuis que j’ai pondu un mémoire de science politique sur la condition de la femme pachtou depuis 1959*². Dans ce pavé indigeste, j’y parlais surtout tchadri, pas gilet top mode. Que voulez-vous, à une autre époque j’étais intelligente, je pensais que l’amour c’était vachement bien, et j'anonnais à mes parents ébaubis que je représenterai un jour la France aux Nations Unies. Illusions perdues depuis. Y’a rien à dire, aujourd’hui, je suis de mauvais poil.

* Le chien du manège enchanté, ignares.

J'vous jure c'est vrai