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31 mars 2008

"Only a Northern" (The Beatles)

En ce jour de presqu'avril, donc presque beau et léger, alors que les mésanges se remettent à zinzinuler et le pied à tenter de voir plus loin que la chaussette en laine sous escarpin bridée, tout va à vau-l'eau (de pluie, de l'eau de là-haut, Véronique S., Rien que de l'eau). Puisque dans l'air du temps, c'est bien l'hiver et non le printemps, nous pourrions disserter au choix sur le retour en force de la chapka, des collants laineux funky flashy, de nos envies de gilets en grosse laine (OK, mes envies), et de la consommation de fuel des ménages qui grève un peu plus le pouvoir d'achat. Mais dans cette thématique hivernale, je préfère l'exotiquement peu banal. Donc, j'ai pris mes meilleurs yeux, mais aussi ma plus fidèle souris, pour vous emmener au pays du froid. Enfin, devrais-je dire aux pays du froid, puisque depuis le Who's Next, je brûle de vous parler de Norgmark. Norgmark ou, comme son nom ne l'indique pas, le mariage entre deux créatrices, et on se prend la main, et on se prend la main, une Danoise au féminin, une Norvégienne au masculin. Attention, j'embouche ma plus belle corne de brume Viking et j'annonce : il y a eu Viktor & Rolf, Sonia & Nathalie, Dolce & Gabbana, Karl & son ego, il y a désormais Therese Torgesen et Rebekka C. Nielsen.

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Collection printemps-été 2008, photo Marcus Ragnvid
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Deux ou trois choses que je sais de ce divin duo : une association née en 2006 pour le concours Golden Fur Pin, une réussite, l'envie de voir plus loin. Puis des collections, Mamamia, qui témoignent d'une grande place laissée à l'imaginaire et d'un réel souci du détail, qui renvoient une impression de puissance et de féminité à la fois, qui déchirent tout, en somme. Si je peux gagner la double nationalité "grande et belle blonde au teint laiteux" en débitant mon fana bla bla, ce sera toujours ça de pris. Il n'y a pas de petit profit, comme disait Christian Blanc.

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Le petit plus qui me les rend sympathiques, ces deux beautés froides, outre leur invention du pantalon "godet" : leur travail du cuir, en vestes comme en accessoires.

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C'est là que j'assène le coup de grâce, et qu'on ne pourra pas me taxer de rouler ma bosse pour Christine Lagarde (relance insidieuse de la consommation des ménages) : Norgmark n'est pour l'instant distribué qu'au Danemark et en Norvège. Les mines se ferment, les doigts se recroquevillent sur la souris qui cherche rageusement le petit carré rouge pour fermer la fenêtre mais je dis halte-là. Stop, in the name of Mode. Dans la famille "on est Krisprolls, on stimorolle notre bosse et on est balèzes", il faut aussi compter avec les D. Co Copenhagen, dont vous avez déjà forcément entendu parler. Ayant presque détrôné la Marant dans son propre pays, ils sont à mes yeux les rois de la botte plate, cuir, nubuck, daim, couleurs en veux-tu en voilà, et prix corrects tu proposeras.

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Tout ceci, et plus encore, disponible sur Rushcollection
Et parce que c'est octobre en avril, froid pour la saison, le cadeau du jour : un super modèle soldé chez Abaka
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L'histoire pourrait être sans fin car des talents venus du froid, j'en ai une liste aussi longue que la robe que tout le monde voudrait qu'on porte cet été, sauf nous, c'est bête. Suffit pour aujourd'hui, réchauffez-vous le coeur avec ces trouvailles comme je le fais, et quittons-nous sur ce slogan complètement ringard : "Shoppez danois". Grut*.

* C'est lundi pour tout le monde, même pour moi, faut pas croire.

19 mars 2008

"Enjoy the ride" (Morcheeba)

Ou une semaine sans jeune créateur, ce serait un peu comme ma vie actuellement sans Russell Banks : inenvisageable 
Elle dit être souvent perchée sur la Lune, y voir des étoiles, et que ça l'inspire, grandement. Madame rêve, d'apesanteur, des heures des heures, de voltige à plusieurs (Alain Bashung, éponyme). Madame voyage, Inde, Japon, des heures hindoues dont elle revient des idées plein la tête et le crayon qui la démange. Karine Jean, retenez ce nom, notez-le sur un bout d'agenda, ou une ligne de chèque, parce que la demoiselle a tout de la grande dame. Ses créations, elle les conçoit dans un univers "poétique, dans le choix des matières et des couleurs ; sobre mais toujours un peu scintillant ; aérien, dans des coupes qui restent légères ; un tout petit peu espiègle". Si elle n'a pas compris à quoi rêvent les jeunes filles, et les autres, je rends ma collection de sacs et je vais voir Bienvenue chez les Ch'tis.  
Assez parlé, finalement, il est temps d'admirer. Ce col n'est-il pas de haut vol?
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Trench Ana, automne-hiver 2006-2007 
Collection printemps-été 2008 
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  La sublime veste bleue existe aussi en version longue.
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Robe djellaba qu'il faut voir en vrai pour apprécier le relief
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 Oui, c'est sûrement la robe longue de mon été et du vôtre  
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Silhouette Karine Jean agrémentée d'un sac Matières à Réflexion
Photo Cyrille   
Elle sait également tâter du cuir pour créer les accessoires s'accordant parfaitement avec sa ligne de vêtements :
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Point trop n'en faut, je sens la modeuse bouillir littéralement derrière son écran. Se ficher pas mal, et c'est dommage, que cette créatrice ait commencé à designer il ya trois ans, qu'elle soit déjà vendue au Japon et qu'elle aime bien le motif étoilé. Non, la modeuse derrière son écran, qui a déjà parcouru dix blogs ce matin, lu Elle en long en large et surtout en travers (de la gorge), elle veut savoir où aller admirer in situ les affaires de Madame Jean. De l'autre côté de l'écran, la blogueuse. Certes, elle a du ménage en retard, du shopping en retard, de l'amour en retard et de la Nouvelle Star dans le tiroir, mais elle n'a pas oublié de se renseigner avant de balancer sa petite bombe modesque à la face du monde :  

 PARIS :
- SIMONE : 1, rue Saint Simon dans le 7ème à Paris (métro rue du Bac)
- MATIERES A REFLEXION que vous connaissez bien...
- NAIAH (uniquement pour cette saison) : 18, rue Ferdinand Duval dans le 3ème (métro Saint Paul)
- BIS MORGEN (Boutique Accessoires uniquement) : 17, rue des Quatre Vents dans le 6ème (métro Oden)

LYON
- BULLE DE PRUNE 5, rue de Chavanne.

Mais aussi, aux ventes Bouches à oreilles (28, 29, 30 mars), et Les Filles en Aiguille (28 avril au 4 mai). 


Voilà, le monde, Karine Jean, Karine Jean, le monde. J'ai fait les présentations. J'espère que vous allez bien vous entendre. Pour vous, je l'ai quand même décrochée de sa Lune.  

10 mars 2008

"Deutsche Grammophon" (Vincent Delerm)

Où il faut prendre une carte Escapades et surtout, son Harraps sous le bras

D'Allemagne, où j'écoutais la pluie en vacances, d'Allemagne, où j'entendais le rock ("Hast du etwas Zeit für mich... Dann singe ich ein Lied für dich") en silence, d'Allemagne, je vais vous causer aujourd'hui. Si vous le voulez bien, nous passerons sur ces souvenirs de voyages scolaires entre germanistes première langue, à visiter de froides cathédrales baroques rococo des Gummi Bär plein les poches et "psst tu sortirais avec Michael, toi, s'il était pas Delphine"? Nous passerons également sur notre conversion à la Birkenstock à fleurs alors que nous étions les premières à rire du pli de la chaussette tribandite (Ah die das!) sous sandale et sur mollet rougi du vacancier teuton qui parle fort. Au nom de l'amitié franco-allemande, il est désormais verboten de réduire la mode d'outre-Rhin à cette vision de la Beurk attitude. Vous me lisez, vous savez qu'à l'Est il y a du nouveau, Esther Perbandt, dont je vous avais déjà parlé, comment ça oubliée, une piqûre de rappel, vite :

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Photo Esther Perbandt

Et pour agrémenter ses tenues, pas besoin d'aller chercher chez nous ce qu'on pourrait trouver là-bas. Question bimbeloterie, l'Allemand a de l'idée. A commencer par Ina Seifart, qui vide sa pharmacie ou sa boîte à outils pour en faire des pièces de joaillerie sobres, rigoureuses, classe, qui a dit allemandes ?

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Ces jolies choses sont distribuées chez Matières à réflexion à Paris, mais sachez tout de même que l'Allemand a un pouvoir d'achat plus élevé que son voisin et que donc, il peut mettre le prix dans de la deutsche marque. Compter 150 euros le sautoir, pour faire klar.

Ma seconde cousine germaine du jour s'appelle Sabrina, "girls, girls, girls", elle est encore plus inspirée selon moi et donc tout aussi chère. On trouve ses délicatesses chez Olga, Franck et Fils ou chez Colette, c'est dire si elle est select. On retiendra surtout qu'elle est romantico-rock, qu'elle veut du cuir, de la fleur, et qu'elle sait parfaitement mettre en scène ses créations, comme vous pourrez le voir sur les photos qui suivent. Attention, gros coup de coeur, même que votre chouchoute Eple & Melk elle collaborerait avec Pimkie pour garnir son coffret à bijoux chez Madame Sabrina Dehoff :

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Donc là, théoriquement, si j'ai bien fait mon travail, vous avez déjà parlé à votre cher et tendre ce ce petit week-end en amoureux que vous aviez planifié, et pourquoi pas la Ruhr, finalement, chéri. Déjà, sachez que ce billet n'a nullement été sponsorisé par le Ministère du tourisme allemand, qu'il ne faut pas abuser du Gummi Bar car le deux-pièces nous devrons bientôt honorer, et enfin, que je ne me rappelle plus comment on dit "soldes" en allemand. Neuf ans de "Das Telefon laütet, Dieter!" pour ça. Faut dire, Mickaël, euh Mi-ch-a-el, il me branchait wunderbarement plus que Dieter.