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16 novembre 2009

"Give me one reason" (Tracy Chapman)

Où quatre raisons d'avoir perdu ma raison chez Isabel Marant (volume 1)

La saison des ventes presse est revenue, comme les feuilles mortes, se rappeler à nos souvenirs. Sur mon compte en banque, aussi, c'est l'automne, Waterloo morne plaine, le calme plat. Avant la tempête, déclenchée vendredi 6 novembre vers Bastille, chez Isabel Marant. Isabel Marant, en temps normal, c'est à dire 364 jours par an (année non bissextile), je n'y entre jamais. Jamais. Une femme faible qui ne s'ignore pas est une femme forte, croyez-moi. Le 365e jour, la forteresse se fissure en vente presse. Un tiers du prix habituel, en moyenne, des tailles, de la couleur ... Comment ça, c'est pas une raison ? Et l'exceptionnelle Karin Viard, pas bégueule pour deux sous en culotte noire à essayer ses pantalons en flanelle, c'est pas une raison? J'ai toujours aimé Isabel Marant, j'ai toujours aimé +1 Karin Viard comme comédienne, donc je suis passée à la caisse à la vente presse. Quatre pièces, et voici la première. Un ersatz du fameux boléro Goldorak tant convoité, trouvé sur un portant abandonné :

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Gilet Isabel Marant (bleu), tunique Zara, slim Comptoir des Cotonniers

Il me reste trois pièces à vous montrer. Mais j'ai fait exactement une heure et trois minutes de queue pour les payer, alors vous pourrez bien patienter quelques jours. Y'a plus d'saison, y'a pas d'raison mes bonnes dames.

PS : -10% sur mon vide-dressing aujourd'hui ...

15 décembre 2008

"I'll kill her" (Soko)

Où la jeune génération d'actrices françaises, mes fesses

Elle était plantée, là, deux trois pièces sous le bras. Un peu poupée perdue, les joues rosies, les jambes inexistantes dans un slim taille 32, de vieilles bottes marron boueuses aux pieds, icône grise sur le parquet brun, et la foule qui l'entoure, et les piaillements de la féminitude ambiante. La blonde C******* P. avait choisi d'affronter les soldes presse Vanessa Bruno le jour de l'ouverture, comme les autres dindes qui se trouvaient là, comme moi. Comme moi, qui poireautait sagement pour payer dans la file prévue à cet effet. C******* P. était tout au bout au bout au bout, et moi tout au début, début, début, début. Nos regards se sont croisés, j't'ai reconnu, que je lui disais mentalement, même que hier soir, t'étais sous l'eau à lutter contre Harry Potter sur TF1. J'aimerais bien être à ta place, qu'elle m'a répondu de son regard plus si éthéré, parce que j'en ai pour une bonne heure d'attente avant de payer.

La poupée perdue, d'un coup, s'est animée. Est allée trouver la vendeuse, murmurer "Vous savez, je suis C******* P.,  je suis en tournage, je n'ai pas le temps de faire la queue pour payer". Et c'est comme ça que la poupée psychédélique a grillé la politesse à une batterie de dindes, dont des femmes enceintes, des femmes qui bossent à 14h00, des femmes qui n'ont pas combattu Harry Potter sous l'eau.

Un peu plus tôt, dans la file d'attente, une certaine chanteuse qui compte 1,2,3,4 tell me that you love me more, blaguait, elle, avec des femmes fans, parlant même d'échanger un café, feistive. Moi, quand je suis arrivée à la caisse, j'avais un tout autre air en tête : "That bitch blonde girl, if I find her, I swear, I swear, I'll kill her." Même Voldemor, et même Harry Potter Winston, ils pourront rien pour elle. Comptez sur moi pour ne pas faire de poésie.

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Total look Vanessa Bruno : jupe boule bleue marine, sweat gris, legging ardoise

30 novembre 2007

"VIP" (Philippe Katerine)

Ou le chapitre 6 de "La Vente Presse pour les Nulles", pour les moins nulles et pour celles qui passent par là et qui du coup, reviendront demain

Chapitre 6 : savoir crâner

Plus fort que les barrages de sécurité de Brégançon ère Sarko, plus prisé qu'une montée des marches le soir de la clôture du Festival de Cannes, plus venteux qu'un trekking en chapka Prada dans la banlieue de Rovaniemi, la vente presse Isabel Marant, 18e du nom, où une grande fille réussit à s'infiltrer une opening matinée de presqu'hiver. A la main, une invit' sans nom, confiée par une généreuse internaute solidaire (Gaétane, je te dédie ce livre). A ses côtés, une Angie, encore*, fossilisée sur le boulevard Philippe Auguste depuis 9h du mat'. Les filles, autour, dégainent leurs passeports pour faire foi de leur VIPitude, et je me contente d'ouvrir mon invit' pour que le vigile me laisse simplement tranquille. Sursis accepté, mais sursis momentané (*attention, attention, pléonasme*) : au moment de passer en caisse, figurez-vous qu'on vous redemande votre carton pour biper le code barre qui y figure. L'est comme ça, l'Isabel : elle fiche, elle code-barre, elle flique un peu la cliente de peur qu'elle sorte du droit shoppin'. "Tiens, c'te mademoiselle Jugnaud, elle est radine, elle achète que des tricots de peau ; Pourquoi Zoé Félix n'est-elle pas venue cette année, hein, c'est pas faute de lui prêter des robes pour ses soirées Motorola ? Et comment ça se fait que ce week-end, on ait deux passages en caisse de Lucie Bidule?" Isabel Marant, une créatrice dans l'air du temps.

Bref, à mon passage en caisse, l'a bien fallu que je me relance dans un de ces solos*² dont Francis Huster me demande des nouvelles à chaque fois qu'on Poilâne, le dimanche : "Alors, vous comprenez, il n'y a pas mon nom sur le carton car c'est celui de ma cousine, elle m'a envoyé à sa place car elle est enceinte jusqu'aux dents ... 8e mois, grossesse à risque, ça pardonne pas mais on peut rester belle en étant grosse..." Scène 1 de l'acte II, je n'ai jamais eu de cousine, la vendeuse opine et pianote mes coordonnées perso' dans le fichier. Il est 11h34 ce jeudi 22 novembre quand j'entre officiellement dans le monde des VIP.

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Robe manches tulipe, 85 euros, écharpe 30 euros

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Jupe courte en jean qu'on voit pas trop bien, 80 euros

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Jupe en laine bouillie mais pas cuite, 70 euros, écharpe 30 euros, et le verso du Bambi

* : voir le chapitre précédent

*² : voir le chapitre 1

* non, rien, mais on dit jamais deux sans trois

C'est moi ou il faudrait bientôt clore ce guide de la vente presse? April, May ou November, Decembeurre?