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14 mai 2008

"The lucky one" (Au Revoir Simone)

Ou une boutique "pour le plaisir", comme dirait Herbert L.  

Rive gauche, là n'est pas mon pays. Rien à faire, derrière mes verres fumés, je ne m'y sens pas chez moi. Trop de sacs Gérard Darel au mètre carré, pas assez de tee-shirts et de sourires cariés. Alors, une fois le Pont-Neuf franchi, je m'invente une nouvelle vie. Pour faire simple, une double identité. Je me comporte en touriste, je ne sais plus parler français, je lis les noms des rues bien longuement, je m'achète des glaces dès que je peux derrière une colonie de Japonaises vuittonnées et forcément, je me perds. Lost in translation, me voilà égarée rue Saint-Simon, et rue Saint-Simon, y'a Simone pour m'accueillir.

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Chez Simone, c'est bien simple, on ne connaît rien de ce qui est présenté sur les portants. Dépaysant, grisant, en mode touriste. Orna Kiely, vous connaissiez ? Moi non. C'est funky, londonien, vachement bien.

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Sinon, vous pourrez porter du Noro, ou du Soun, vous connaissiez peut-être, moi je m'y mets tout bientôt. Leur langue me parle.

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 Blouse Noro, photo Shoppingparismode

Et question accessoires, y'a du Polder. Des mois que je dois vous parler de cette marque dont je suis fan de A à Z, from Amsterdam to Zanzibar, je m'infligerai les oeuvres complètes de Cicéron sur la plage pour me punir de ne pas avoir encensé ce duo avant. Chaussures, maroquinerie, les soeurs Madelon & Nathalie transforment tout ce qu'elles touchent (cuir, daim) en or. Fashion alchimistes.

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Comme j'en avais marre de la fille rive gauche, je me suis mise à imaginer la fille Polder. Elle aurait un tee-shirts blanc, un jean bleu brut droit, et surtout, une queue de cheval pas très longue dont s'éparpilleraient des tas de petites mèches. Des lunettes camel, des lèvres nues et des joues légèrement rosies. Au doigt, une bague très fine, une besace en bandoulière et elle appellerait ses amis de sa belle voix grave pour un rendez-vous bruschetta & chianti. Je ne suis pas celle-là, pas encore, bientôt, je vais fumer car je veux devenir grave. Insouciante à la voix grave. Il y a encore du travail, je referme la porte, là n'est pas encore mon pays. Je laisse en moi, pour l'instant, la Simone s'ignorer.

Simone, Dressing et accessoires, 1 rue Saint-Simon 75007 Paris

21 avril 2008

"Some other spring" (Marianne Faithfull)

Où encore une bonne adresse mode testée et approuvée, mais c'est pas à côté

Marnie était sûrement une chic fille, sûrement, je ne l'ai pas connue. Je n'ai jamais compris pourquoi Alfred Hitchcock avait décrété qu'elle n'aurait pas droit au printemps, c'est bien un homme, pas de printemps, pourquoi pas d'eau potable tant qu'on y est. Pour Marnie, c'est déjà trop tard, mais pour Marni, son homologue haute-couture, il y aura du printemps. Il sera vert d'eau, il sera bleu, il sera cher, et on regarde juste :

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Photos site officiel de Marni, collection printemps-été 2008

Mais il n'est pas forcément besoin de payer l'ISF sur dix générations et deux mariages consanguins pour pouvoir s'habiller en Marni. La solution : le dépôt-vente haute-couture. Marnifique, de la veste, de la blouse du chemisier, de printemps, d'été. Et du Prairies de Paris aussi, du sac, de la ballerine, du gilet joli, tout ce que vous voulez. Laissez-moi aujourd'hui être l'hirondelle qui fera votre printemps, viens, j'vous emmène, au pays du vent au pays des (fashion) fées (France Gall featuring M.E.). Direction rive gauche, direction la petite rue Villedo, J'y troque.

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Oui, la devanture de la boutique est coordonnée à la veste Marni, c'est un comble. Là n'est pas le plus important. J'y troque, c'est la bonne petite adresse qu'on ne donne pas à ses copines, sauf quand on est bête comme moi, élevée dans ce fameux esprit "Let the sunshine in". Vendeuses de boutiques de luxe, habitantes de la rue Saint-Honoré, stars inondées de cadeaux Bompard et Zadig, viennent s'y délester de leurs jolies choses, souvent peu après les défilés. Donc, comme il y a du Burberry, du Comme des Garçons, du Repetto, du Chloé en excellent état, ne vous attendez pas à des prix sacrifiés. Disons, sacrément diminués, et c'est déjà pas mal.

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Oh, une pochette Abaco poudrée, neuve, étiquetée à 50 euros
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Oh, un tee-shirt en soie Givenchy, sûrement top sous ma veste noire, mais j'ai plus un rond
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Du Prairies de Paris, du Marc Jacobs, du tout ce qu'il faut en excellentissime état

Un seul bémol : le prix du portant Comptoir des Cotonniers, nettement usurpé. Le reste, surtout les nirvanezques pièces Prairies de Paris, vaut pas mal le coup. Ma grande soeur pourrait témoigner, elle qui est repartie un sac en cuir gris au bras pour 38 euros. Moi demandez-vous, moi sans rien réponds-je, le bagage mince mais le coeur léger. Car dégagée du regard inquisiteur et peu amène des vendeuses de boutiques de luxe, j'ai pu tâter du YSL, enfiler du Miu Miu, compenser en Prada, rêver en Stella. Allez porter du Givenchy, même quelques heures, et sortez-en indemnes. J'ai ouvert la boîte de Pandior, je cherche désespérement à la refermer.

J'y troque, 7 rue Villedo, 75001 Paris, métro Palais Royal

14 avril 2008

"Something in the air" (Tom Petty)

 Où je me dis que pas tout le monde sait où c'est la Corée, si?

La vie est une question de priorités (Bianca Féducomerce, Oeuvres complètes). Jamais à droite, les miennes, fille un peu gauche sur les bords. Jamais dans l'ordre des choses, ma vie, fille un peu bordel sur les ailes. Exemple? Là, tout de suite, je sais que je vais aller flâner dans les rues de Paris, l'oeil en vitrines, parce qu'il fait beau et bon et que c'est rare, et que la pile de linge à repasser, elle sera encore là demain, alors que ce nanonissime rayon de soleil, lui, non. Demain, bientôt, je sais que je ne commencerai pas le régime soupe-céleri-poireau parce que voilà l'été, enfin l'été, et la négresse verte que je ne suis pas doit rentrer dans son Tam Tam 38 acheté l'an dernier. Dans ma bulle, je sais que je pourrais vous parler de la percée des conservateurs aux élections parlementaires coréennes, je pourrais, et m'est avis que ça ferait pas de mal à certaines. Mais sur ce blog, le jeune et talentueux créateur éclipsera toujours le reste de l'actualité, la Sveltesseness et la pile de linge. Surtout la pile de linge. Priorité absolue à Jérôme, Laetitia & Cyrille, Flore, Vanina, Chrystèle, Eva, Claire, Christina, Christophe, tout le monde il est beau, tout le monde c'est du joli. Et quand le jeune créateur s'associe à d'autres jeunes créateurs ça -s'appelle une coopérative mais on s'en fout -, ça me simplifie la vie, et ça a d'autant plus de chances de me plaire. Mathématique, l'histoire. E =MC² = Surface 2 Air, ma formule magique du jour.

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Les branchées du Marais connaissent déjà mais pour toutes les autres, les "comme moi", Surface To Air est un collectif de jeunes créateurs lancé en 2000 qui s'est demandé "Tiens, si on ajoute des talents entre eux, ça fait un énorme talent?", et s'est répondu oui, et collabore aujourd'hui avec diverses marques, maisons de coutures, organisateurs de soirées. Le label a rouvert boutique au printemps dernier rue Charlot, il faut connaître pour entrer, et il faut s'accrocher pour ne pas ressortir à la vue des vendeuses, aussi lookées que des têtes d'affiche des Femmes s'en mêlent. Fi de la fille d'affiche, on reste dans ce bel espace dégagé, où vivent de la coupe, du noir, du gris, du sobre et chic, du rock, du cher, du basique, du pli, couture, miam.

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La boutique Surface 2 Air, rue Charlot, Paris

Je serais bien repartie avec l'intégralité des portants dans un Traffic que j'aurais loué pour la journée, mais c'est bizarre, il me manquait un petit quelque chose. Le fric? Ah oui, c'est ça, le fric. Merci de m'y faire penser, d'habitude j'oublie.

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Gilet Surface To Air, 125 euros 
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Robe asymétique électrique, 125 euros  
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Oui, je suis repartie avec une robe, un gilet, dans le porte-monnaie une immense béance et dans la tête bien des idées. Si je m'arrêtais là, mon histoire serait sans fin. Sans ce petit plus qui vous donnera le sourire aux lèvres, j'espère : Surface To Air, ça se vend ici. Et pour la Corée, là où les conservateurs parlementent, c'est un petit peu à gauche de la Chine, voyez, et ça déborde dans la mer.
Surface to Air, 68 rue Charlot, 75003 Paris. Métro Filles du Calvaire.