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21 septembre 2009

"Chupee" (Cocoon)

Où il n'est jamais trop tard pour tendre la main à un ami qui vous veut du bien

Nos chemins s'étaient séparés, l'hiver dernier, une collection trop flashy, importable, une grande déception, perdues mes illusions. Comme on se retrouve, un matin de septembre, mon créateur chypriote et moi. Erotokritos, de retour en grâce, avec ses inspirations automne-hiver 2009-2010 toujours plus géométriques, sobres, manches ballonnées ou gigotées, ses motifs symétriquement si beaux. Avec moi, il avait perdu une bataille, mais la reconquête n'était pas exclue. Je ne l'aimais guère hier ? La guerrière que je suis signe sa reddition totale et se prépare à saler l'addition :

 

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Collection Eros by Erotokritos, automne-hiver 2009-2010

 

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Il vaut mieux que j'arrête là, mais croyez-moi, l'ensemble est cohérent et convaincant. Dernière ligne à cet armistylistique : sa collaboration automnale avec le chausseur André, honorable bien que sans originalité débordante.
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Bref, vous l'aurez compris : Erotokritos et moi, c'est reparti. Enterrée, la hache de guerre entre le Chypriote et l'Italo-Grecque. D'autant plus que j'ai découvert que mon adversaire s'était lui-aussi mis à bloguer. Une sensibilité commune qui nous rapproche encore (quoiqu'un code promo sur son e-shop, ça aiderait aussi, entre nous, à fortifier ce rapprochement diplomatique), et qui me pousse à parapher notre raffiné et non tarifé traité de paix. "Cyprus, deux points. Chypre, deux points".

13 septembre 2009

"Around the bend" (The Asteroids Galaxy Tour)

Où je revendique mon appartenance à la petite bourgeoisie qui boit du champagne et s'habille en ...

Il y a encore quelques mois, on m'aurait dit ce que je m'apprête à vous raconter, là, avec toute ma bonhommie habituelle, les pieds nus sur mon tapis Alinea prune écrasée du plus bel effet, je crois que j'aurais pouffé de rire. Sûre de moi, avec  la condescendance toute familière de grande fille d'1m80 aux cheveux longs. Verbalisation de la scène : "Pfff, ça pourrait jamais m'arriver", lâché d'une petite moue glacée et glossée. Quelques grammes de condescendance en moins et plus tard, il faut se rendre à l'évidence : ça m'est arrivé. J'ai changé. "Ah !" (Trouble de l'assistance). J'aime toujours autant les grands sacs en cuir et les bottes plates, les jupes toutes courtes et les décolletés lovamooriens Vanessa Bruno, mais j'ai 27 ans et j'habite Boulogne-Billancourt. Boulogne-Billancourt, depuis 13 jours exactement. C'est pas Neuilly, mais c'est pas loin. Me voilà donc à faire mes courses dans un Inno qui coûte deux fois plus cher que le Franprix deux rues plus loin, à zigzaguer entre une flopée de poussettes Mc Laren et de jeunes papas méchés longs. C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas assez. Attention, je lâche vite le vil aveu, comme Jean-Marie Bigard a lâché Claudia après 18 ans de vie commune (cf Voici, semaine du 7 au 13 septembre) : je kiffe Gérard Darel. A ce moment précis, je perds 10 degrés sur l'échelle de la hype et gagne du même coup 10 ans sur ma carte d'identité bloguesque. Circonstances atténuantes, mesdames les jurées : à Boulogne-Billancourt, il n'y a pas grand chose à se mettre sur le talon  du chéquier. Alors, un samedi après-midi de déroute, la flemme de prendre le métro, on fait avec ce qu'on a, c'est à dire avec Gérard et son meilleur pote Pablo.

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Bottes Pablo de Gérard Darel, disponibles sur Monshowroom

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Sac Flat Jack de Gérard Darel

Et je ne vous parle pas des petits robes tout à fait honorables que j'ai pu croiser sur certains portants. Parce que vous n'avez pas toutes la chance d'habiter cette charmante bourgade qu'est Boulogne-Billancourt, Gérard, qui se modernise grandement, a lancé son e-shop. Moi, ma mèche toujours parfaite "Canal +" et mes sacs biodégradables Monoprix, on préfère largement la véritable boutique. Bientôt, soyons folles, je ne jurerai plus que par les coupes audacieuses de Véronique Delachaux. Une chance pour moi : Véronique et Gérard cohabitent sur le même trottoir.

PS : et ça continue à déblayer sur mon vide-dressing, arrivée programmée de merveilles Sessun, Iro, ou Vanessa Bruno.

14 mai 2008

"The lucky one" (Au Revoir Simone)

Ou une boutique "pour le plaisir", comme dirait Herbert L.  

Rive gauche, là n'est pas mon pays. Rien à faire, derrière mes verres fumés, je ne m'y sens pas chez moi. Trop de sacs Gérard Darel au mètre carré, pas assez de tee-shirts et de sourires cariés. Alors, une fois le Pont-Neuf franchi, je m'invente une nouvelle vie. Pour faire simple, une double identité. Je me comporte en touriste, je ne sais plus parler français, je lis les noms des rues bien longuement, je m'achète des glaces dès que je peux derrière une colonie de Japonaises vuittonnées et forcément, je me perds. Lost in translation, me voilà égarée rue Saint-Simon, et rue Saint-Simon, y'a Simone pour m'accueillir.

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Chez Simone, c'est bien simple, on ne connaît rien de ce qui est présenté sur les portants. Dépaysant, grisant, en mode touriste. Orna Kiely, vous connaissiez ? Moi non. C'est funky, londonien, vachement bien.

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Sinon, vous pourrez porter du Noro, ou du Soun, vous connaissiez peut-être, moi je m'y mets tout bientôt. Leur langue me parle.

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 Blouse Noro, photo Shoppingparismode

Et question accessoires, y'a du Polder. Des mois que je dois vous parler de cette marque dont je suis fan de A à Z, from Amsterdam to Zanzibar, je m'infligerai les oeuvres complètes de Cicéron sur la plage pour me punir de ne pas avoir encensé ce duo avant. Chaussures, maroquinerie, les soeurs Madelon & Nathalie transforment tout ce qu'elles touchent (cuir, daim) en or. Fashion alchimistes.

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Comme j'en avais marre de la fille rive gauche, je me suis mise à imaginer la fille Polder. Elle aurait un tee-shirts blanc, un jean bleu brut droit, et surtout, une queue de cheval pas très longue dont s'éparpilleraient des tas de petites mèches. Des lunettes camel, des lèvres nues et des joues légèrement rosies. Au doigt, une bague très fine, une besace en bandoulière et elle appellerait ses amis de sa belle voix grave pour un rendez-vous bruschetta & chianti. Je ne suis pas celle-là, pas encore, bientôt, je vais fumer car je veux devenir grave. Insouciante à la voix grave. Il y a encore du travail, je referme la porte, là n'est pas encore mon pays. Je laisse en moi, pour l'instant, la Simone s'ignorer.

Simone, Dressing et accessoires, 1 rue Saint-Simon 75007 Paris