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13 septembre 2009

"Around the bend" (The Asteroids Galaxy Tour)

Où je revendique mon appartenance à la petite bourgeoisie qui boit du champagne et s'habille en ...

Il y a encore quelques mois, on m'aurait dit ce que je m'apprête à vous raconter, là, avec toute ma bonhommie habituelle, les pieds nus sur mon tapis Alinea prune écrasée du plus bel effet, je crois que j'aurais pouffé de rire. Sûre de moi, avec  la condescendance toute familière de grande fille d'1m80 aux cheveux longs. Verbalisation de la scène : "Pfff, ça pourrait jamais m'arriver", lâché d'une petite moue glacée et glossée. Quelques grammes de condescendance en moins et plus tard, il faut se rendre à l'évidence : ça m'est arrivé. J'ai changé. "Ah !" (Trouble de l'assistance). J'aime toujours autant les grands sacs en cuir et les bottes plates, les jupes toutes courtes et les décolletés lovamooriens Vanessa Bruno, mais j'ai 27 ans et j'habite Boulogne-Billancourt. Boulogne-Billancourt, depuis 13 jours exactement. C'est pas Neuilly, mais c'est pas loin. Me voilà donc à faire mes courses dans un Inno qui coûte deux fois plus cher que le Franprix deux rues plus loin, à zigzaguer entre une flopée de poussettes Mc Laren et de jeunes papas méchés longs. C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas assez. Attention, je lâche vite le vil aveu, comme Jean-Marie Bigard a lâché Claudia après 18 ans de vie commune (cf Voici, semaine du 7 au 13 septembre) : je kiffe Gérard Darel. A ce moment précis, je perds 10 degrés sur l'échelle de la hype et gagne du même coup 10 ans sur ma carte d'identité bloguesque. Circonstances atténuantes, mesdames les jurées : à Boulogne-Billancourt, il n'y a pas grand chose à se mettre sur le talon  du chéquier. Alors, un samedi après-midi de déroute, la flemme de prendre le métro, on fait avec ce qu'on a, c'est à dire avec Gérard et son meilleur pote Pablo.

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Bottes Pablo de Gérard Darel, disponibles sur Monshowroom

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Sac Flat Jack de Gérard Darel

Et je ne vous parle pas des petits robes tout à fait honorables que j'ai pu croiser sur certains portants. Parce que vous n'avez pas toutes la chance d'habiter cette charmante bourgade qu'est Boulogne-Billancourt, Gérard, qui se modernise grandement, a lancé son e-shop. Moi, ma mèche toujours parfaite "Canal +" et mes sacs biodégradables Monoprix, on préfère largement la véritable boutique. Bientôt, soyons folles, je ne jurerai plus que par les coupes audacieuses de Véronique Delachaux. Une chance pour moi : Véronique et Gérard cohabitent sur le même trottoir.

PS : et ça continue à déblayer sur mon vide-dressing, arrivée programmée de merveilles Sessun, Iro, ou Vanessa Bruno.

14 mai 2008

"The lucky one" (Au Revoir Simone)

Ou une boutique "pour le plaisir", comme dirait Herbert L.  

Rive gauche, là n'est pas mon pays. Rien à faire, derrière mes verres fumés, je ne m'y sens pas chez moi. Trop de sacs Gérard Darel au mètre carré, pas assez de tee-shirts et de sourires cariés. Alors, une fois le Pont-Neuf franchi, je m'invente une nouvelle vie. Pour faire simple, une double identité. Je me comporte en touriste, je ne sais plus parler français, je lis les noms des rues bien longuement, je m'achète des glaces dès que je peux derrière une colonie de Japonaises vuittonnées et forcément, je me perds. Lost in translation, me voilà égarée rue Saint-Simon, et rue Saint-Simon, y'a Simone pour m'accueillir.

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Chez Simone, c'est bien simple, on ne connaît rien de ce qui est présenté sur les portants. Dépaysant, grisant, en mode touriste. Orna Kiely, vous connaissiez ? Moi non. C'est funky, londonien, vachement bien.

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Sinon, vous pourrez porter du Noro, ou du Soun, vous connaissiez peut-être, moi je m'y mets tout bientôt. Leur langue me parle.

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 Blouse Noro, photo Shoppingparismode

Et question accessoires, y'a du Polder. Des mois que je dois vous parler de cette marque dont je suis fan de A à Z, from Amsterdam to Zanzibar, je m'infligerai les oeuvres complètes de Cicéron sur la plage pour me punir de ne pas avoir encensé ce duo avant. Chaussures, maroquinerie, les soeurs Madelon & Nathalie transforment tout ce qu'elles touchent (cuir, daim) en or. Fashion alchimistes.

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Comme j'en avais marre de la fille rive gauche, je me suis mise à imaginer la fille Polder. Elle aurait un tee-shirts blanc, un jean bleu brut droit, et surtout, une queue de cheval pas très longue dont s'éparpilleraient des tas de petites mèches. Des lunettes camel, des lèvres nues et des joues légèrement rosies. Au doigt, une bague très fine, une besace en bandoulière et elle appellerait ses amis de sa belle voix grave pour un rendez-vous bruschetta & chianti. Je ne suis pas celle-là, pas encore, bientôt, je vais fumer car je veux devenir grave. Insouciante à la voix grave. Il y a encore du travail, je referme la porte, là n'est pas encore mon pays. Je laisse en moi, pour l'instant, la Simone s'ignorer.

Simone, Dressing et accessoires, 1 rue Saint-Simon 75007 Paris

21 avril 2008

"Some other spring" (Marianne Faithfull)

Où encore une bonne adresse mode testée et approuvée, mais c'est pas à côté

Marnie était sûrement une chic fille, sûrement, je ne l'ai pas connue. Je n'ai jamais compris pourquoi Alfred Hitchcock avait décrété qu'elle n'aurait pas droit au printemps, c'est bien un homme, pas de printemps, pourquoi pas d'eau potable tant qu'on y est. Pour Marnie, c'est déjà trop tard, mais pour Marni, son homologue haute-couture, il y aura du printemps. Il sera vert d'eau, il sera bleu, il sera cher, et on regarde juste :

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Photos site officiel de Marni, collection printemps-été 2008

Mais il n'est pas forcément besoin de payer l'ISF sur dix générations et deux mariages consanguins pour pouvoir s'habiller en Marni. La solution : le dépôt-vente haute-couture. Marnifique, de la veste, de la blouse du chemisier, de printemps, d'été. Et du Prairies de Paris aussi, du sac, de la ballerine, du gilet joli, tout ce que vous voulez. Laissez-moi aujourd'hui être l'hirondelle qui fera votre printemps, viens, j'vous emmène, au pays du vent au pays des (fashion) fées (France Gall featuring M.E.). Direction rive gauche, direction la petite rue Villedo, J'y troque.

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Oui, la devanture de la boutique est coordonnée à la veste Marni, c'est un comble. Là n'est pas le plus important. J'y troque, c'est la bonne petite adresse qu'on ne donne pas à ses copines, sauf quand on est bête comme moi, élevée dans ce fameux esprit "Let the sunshine in". Vendeuses de boutiques de luxe, habitantes de la rue Saint-Honoré, stars inondées de cadeaux Bompard et Zadig, viennent s'y délester de leurs jolies choses, souvent peu après les défilés. Donc, comme il y a du Burberry, du Comme des Garçons, du Repetto, du Chloé en excellent état, ne vous attendez pas à des prix sacrifiés. Disons, sacrément diminués, et c'est déjà pas mal.

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Oh, une pochette Abaco poudrée, neuve, étiquetée à 50 euros
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Oh, un tee-shirt en soie Givenchy, sûrement top sous ma veste noire, mais j'ai plus un rond
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Du Prairies de Paris, du Marc Jacobs, du tout ce qu'il faut en excellentissime état

Un seul bémol : le prix du portant Comptoir des Cotonniers, nettement usurpé. Le reste, surtout les nirvanezques pièces Prairies de Paris, vaut pas mal le coup. Ma grande soeur pourrait témoigner, elle qui est repartie un sac en cuir gris au bras pour 38 euros. Moi demandez-vous, moi sans rien réponds-je, le bagage mince mais le coeur léger. Car dégagée du regard inquisiteur et peu amène des vendeuses de boutiques de luxe, j'ai pu tâter du YSL, enfiler du Miu Miu, compenser en Prada, rêver en Stella. Allez porter du Givenchy, même quelques heures, et sortez-en indemnes. J'ai ouvert la boîte de Pandior, je cherche désespérement à la refermer.

J'y troque, 7 rue Villedo, 75001 Paris, métro Palais Royal