18 janvier 2012
"How come you never go there" (Feist)
Où j'ai attendu, attendu, elle n'est jamais venue
Elle nous rattrape le plus souvent, la tendance. Nous saisit au vol, nous agrippe au col, elle est comme ça. Conquérante. Elle le sait très bien qu'on n'en a pas forcément rêvé un jour, d'un gilet imprimé aztèque, de bottes de pluie montantes. Elle le sait, elle s'en fout, elle nous aura. Tel est l'ordre normal des choses, et moi, depuis quelques mois, je vais à rebrousse-poil. Je cours après la tendance, je la cherche, et ne la trouve pas. Pas n'importe laquelle, une tendance bien précise qui, aussitôt esquissée, ne s'est jamais dessinée. Restée au stade brouillon, ma tendance m'a laissée en rade, coincée au stand maroquinerie. La maxi-pochette, annoncée avec tambour et trompette au printemps dernier, j'attends de la voir passer.

Photo empruntée à Grazia
01:45 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : maxi pochette, sous les pavés
28 novembre 2011
"The first, the last, my everything" (Barry White)
Où l'assurance anti-maladie en devient sexy
En ces temps rugueux et incertains, en ces heures touffues où le bas de laine devient la valeur refuge de la modeuse qui se respecte, il est temps que je vous parle de ma couverture sociale. Entre elle et moi, c'est du 100%. Depuis que les températures ont baissé, elle joue parfaitement sa carte. Vitale. Essentielle. Universelle. Tant et si bien que je ne sors jamais sans elle, et tant pis si elle ne s'assortit qu'à moitié avec les autres éléments de ma tenue. Je ne sors jamais sans elle, j'irais bien me coucher avec elle, mais l'HDMV met tout de suite le ola et tire très vite ma couverture à lui.
03:33 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : parka maje, hapiness, dedikate
26 octobre 2011
"Cherry lips" (Garbage)
Où la gourmandise est un très vilain défaut
Cerise sur mon gâteau, cerise sur mon chapeau. Il y a la tentation des magazines, des blogs féminins, des vitrines dans la rue, des animatrices TV qui se mettent à trop bien se saper (heureusement, il nous reste la météo pour regarder la télé sans risque. Merci Evelyne, Florence, Catherine, continuez le tailleur coupé taille et la robe trois-trous, nos comptes bancaires vous remercient). Ca, c'est pour les filles normales, les bienheureuses, les pourquoi pas moi ? Pourquoi pas moi, car j'ai le défaut, très vilain, d'un des sept péchés capitaux : la gourmandise. Le cookie chocolat blanc, le foie gras sur du pain d'épice, le scone Starbuck's réchauffé. Une gourmande à l'amende, perpétuelle, surtout quand mon vice glisse vers la mode. Exemple : la framboise, je l'aime en fruit, en sorbet, en yaourt et ... en sacs. En chaussures. La framboise a un goût de péché, dont je récolte trop souvent les fruits, et voilà maintenant que je croque la pomme. La pomme d'amour, bien dorée, bien vernie, luisante, reluisante, trop séduisante. J'en viendrais à croquer mes pieds, si je pouvais.
Babies Naf Naf (collection actuelle, 29,90 euros)
01:10 Publié dans Mustave, My Clothes, My Life | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : naf naf, maje, minelli, repetto, velvetine, l'exception, swildens
26 septembre 2011
"Summer wine" (Nancy Sinatra)
Où rien de sert de courir, il faut partir à point
Elle est déjà là, la fashion week parisienne, déjà là à nous dire ce que l'on voudra l'été prochain, ce que l'on détestera l'été prochain, ce qu'on ne pourra pas se payer l'été prochain, alors que l'été actuel n'est même pas envolé. La fashion week, un froufroutant, excitant, énervant roman d'anticipation. Il était une fois après-demain, et moi je me perds déjà dans aujourd'hui. Une temporalité qui m'exaspère souvent, pour tout vous dire. Le "demain, c'est déjà maintenant" qui prévaut dans le domaine de la mode ne se marie guère avec mon emploi du temps de femme active. Il y a dix jours, j'en ai même fulminé de rage sur trois trottoirs différents. Si la fashionista est prévoyante, c'est bien là, selon moi, son plus grand défaut. La preuve par le bordeaux, la teinte qui donnera le ton de votre automne.

Campagne IKKS hiver 2011-2012, shootée par Jan Welters
Honnêtement, qui peut penser, la dernière semaine de juillet, alors que le sable de Guéthary s'accroche à ses tongs, à acheter des boots Isabel Marant bordeaux ? Qui ? Qui peut penser à aller acheter des ballerines Naf Naf vernies bordeaux pour sortir, alors que ses compensées laissent deviner un vernis vermillon du plus bel effet ? Qui ? Qui peut, alors que la chaleur colle son débardeur à sa peau brune, avoir envie d'aller essayer un jean slim bordeaux épais Ba&sh ? Qui ?

(Ci-dessus, la basket Gérard Darel déjà sur liste de réservation)
Alors, vous la connaissez, cette fille-là ? Non, parce que c'est peut-être une fashionista accomplie, mais elle ne doit pas avoir beaucoup d'amies.
PS : Si jamais vous voyez dans votre ville des Dixie boots Isabel Marant en bordeaux, taille 41, soyez une vraie amie pour la non-fashionista que je suis.
07:00 Publié dans Mustave, My Fucking coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : gérard darel, dixie, isabel marant, ba&sh
22 juin 2011
"How do you feel" (Jefferson Airplane)
Où je me vois enfin ré-compensée
Dans le genre de question existencielle que je ne m'étais pas encore posée, en cinq ans et 418 posts, sur ce blog, (outre "Que mettre pour aller assister au défilé Balenciaga" et "Alors on danse?"), il y a bien celle-ci : "Qu'est ce que cela fait de se balader avec des baskets cultes aux pieds "? On pourrait d'ailleurs enlever "aux pieds" à ma phrase, parce que je ne vois pas où on pourrait intelligemment les porter (à part aux nues), si ce n'est à la main, dans un magasin, juste pour faire croire à la vendeuse qu'on a les moyens de les payer plein pot. Et ça, déjà fait, vous pensez bien, votre forte tête préférée sait crâner. Bref, reprenons : Qu'est ce que cela fait de se balader avec des baskets cultes aux pieds "? C'est ce que je me suis demandé quand j'ai enfilé les fameuses sneakers Isabel Marant, l'autre jour, un jour à peu près non pluvieux évidemment. Parce que même à 230 euros la paire de baskets (au lieu de 395 euros, certes), je voulais éviter une histoire d'eau et une histoire d'ahhh d'effroi en marchant dans une flaque de boue. Une tache, et le mythe s'écorne, et avec ma chance de cocue, les cornes, tout ça ... Bref.

00:13 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : sneakers isabel marant
25 avril 2011
"Little green bag" (The Barenaked Ladies)
Où une souris verte, qui courait dans l'web ...
Pour me mettre au vert, je n'avais pas attendu que Nicolas Hulot enfourche sa bicyclette bleue, blanc, rouge en vue de sauver la planète. Non, mon esprit ment(h)alo s'est ranimé il y a plusieurs semaines, mais pas une seule minute pour vous en causer. Vous montrer mon dernier travers fashion. De là à glisser un bulletin en faveur d'Eva-ngelina Joly dans l'urne lors des prochaines présidentielles, il n'y a qu'un pas que je franchirai pas maintenant, pas devant vous. Devant vous, je le nie en color-block. Une touche de green, Oh Micky you're so fine, suffit à ma vie et ma moderie.

Sac Enzo Jérôme Dreyfuss
01:23 Publié dans Mustave, My Tunes | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : jérôme dreyfuss, isabel marant
16 février 2011
"Sophia" (Nerina Pallot)
Où je rêve de château en Espagne avec la reine Sofia
Dites, où avais-je la tête cet hiver ? La tête ailleurs, la tête en l'air, à l'envers, je m'y perds. La parka Isabel Marant m'a bien occupée quelques semaines, le nouveau livre de Patrick Sébastien aussi, et je ne vous parle pas de l'affaire Bettencourt, un vrai roman d'amour. Bref, à croire qu'un grand complot arabo-judéo-christiano-ronaldo-franc-maçonnique a oeuvré dans mon dos pour détourner ma tête et surtout mes yeux de ça :

Qui vous parle de Kate Moss ? Qui vous parle de la paillade capillaire de Kate Moss, ou de sa frange qu'elle maintient obstinément contre vents et ciseaux affûtés ? Je vous parle de ce qu'elle tient à son bras gauche. La merveille à son bras gauche. Le modèle hiver 2010 de la collection Sofia Coppola chez Louis Vuitton. Noir, EN DAIM. Magnifique. Oui, "gorgeous" pour toi Kate (et ta frange), "amazing", même. Et "expensive", aussi, tiens, prends ça dans ton Am'Ex'. 2 450 euros. Un salaire et on en parle plus, allez. Etant donné que jamais, hormis si je tombe sur la tête (à l'envers), je ne mettrai un tel montant dans un sac, je vais, permettez, continuer d'en parler et de le regarder, à défaut de le porter. Vous voulez un modèle plus printemps-été ? Et ben tiens, allez-y, de l"amazing" printanier.

Alors, parce que Sofia ne rejoindra jamais* Gaston et Tom dans ma penderie empreinte de mysoginie, j'ai cherché de l'ersatz sensas', et je suis tombée sur ça :
Le Nola de la marque Les Composantes, plus connues pour leur sélection vintage que pour leurs créations régulières de sacs. Noir, taupe, marine, camel, les pinceaux je m'emmêle. 165 euros tout rond, un bon resto économisé et hop, l'affaire est dans l'sac. Bon, il est sold-out à l'heure actuelle, mais le site promet du réassort bientôt. Sofia, ma douce, tu devrais rester pour de bon au stade de l'inassouvie envie. Il est plus que temps, qu'à mes chimères financières, je mette le Nola.
PS : Un gros coup de balai sur l'eshop d'American Vintage, la collection automne-hiver à -60% !
PPStt : Vendredi, un super concours ici !
*Soyons réalistes, il y a très peu de chances que je puisse me payer ce sac un jour, hormis si un émir koweïtien passe sur ce blog et craque pour le délié plein de grâce de mes silhouettes sans tête.
01:45 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : sofia, louis vuitton, sofia coppola, les composantes, nola
13 décembre 2010
"Sweet dreams" (Eurythmics)
Où on va y aller tout doux, tout doux, tout doucement
En ces heures hivernales, cotonneuses, douces par les températures, j'ai envie de moelleux. De moelleux au chocolat, mais ça, ce n'est guère nouveau, c'est valable tout l'année, vous m'en vendrez même l'été par 30°, du moelleux au chocolat. Non, du moelleux cocoon-cotoon, confortable et reposant, pas du pull qui gratte et du sous-pull qui sous-gratte. Quelques grammes de finesse dans ce monde de brut, je veux du sweat. Et malgré tous ces défauts, malgré ses répétitions chaque saison, malgré le fait qu'elle n'ai pas encore ouvert de boutique à Boulogne-Billancourt (mais à Los Angeles, ça, pas de problème), Vanessa Bruno reste ma reine en la matière. Vous avez vu sa collection hiver ? Elle a chouchouté ses sweeties dans sa ligne Athé, et je lui en donnerai le bon dieu sans confession.
Photos piquées à Urban Outfitters et Place des Tendances
02:06 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : vanessa bruno
10 novembre 2010
"Even better than the real thing" (U2)
Où la SPMA, c'est mieux qu'I.M, CQFD
Elles débarquent tout doucement sur Ebay, sur la pointe des pieds. Le signe de la fin de leur règne, deux mois après leur couronnement au sommet de la branchitude absolue. Les sneakers Isabel Marant, tu les aimes ou tu les quittes ? Ni aimées, ni quittées dans mon cas, je les ai juste regardées, sur la chaussée, fouler le bitume d'un pas ... empesé et compensé. Deux mois, c'est aussi le temps que j'aurais mis aussi à trouver mes baskets de l'hiver, mes sneakers du désert, comme je les appelle.


Veja, collection automne-hiver 2010
02:03 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : isabel marant, sneaker, veja
06 octobre 2010
"She" (Charles Aznavour)
Où je ne me prendrai plus jamais une veste
Vous allez me faire remarquer qu'en anglais, un objet se désigne par l'impersonnel "it". Permettez que je renvoie, fuck l'orthographe, la "gran'mère" anglaise à la confection de ses puddings. Pour moi, cette veste, ce sera "She". "She", car la perfection personnifiée. Et une personne, c'est "She", chababadada, il était une fois cette veste et moi. Je suis la première à renâcler à lire les déclarations d'amour vestimentaires qui fleurissent bon sur les blogs mode. Inspiration, quand on te retient ... Mais là, je n'ai pas le choix. C'est LA veste, celle que vous ne verrez jamais, au grand jamais, sur mon vide-dressing. Celle que je suis sûre de garder plus longtemps que mon appart actuel (ah ah, la serial déménageuse a une nouvelle échéance), plus longtemps que l'ordi sur lequel je tape, plus longtemps que mon humour et ma taille de sylphide. Isabel Marant, tes vestes, je les aime et je les aime.

02:56 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : isabel marant

