09 juin 2008
"Paris de loin" (Poney Express)
Où on prend de la hauteur sur les débats
Si vous fréquentez les mêmes magasins que moi, lisez les mêmes journaux que moi, chantez le dernier titre des Ting Tings comme moi (ça, c'était pour le placer, ruez-vous sur leur album), déjà, vous avez bon goût. Ah ah, elle est bien bonne. Vous avez bon goût, et vous vous êtes surtout rendu compte, en essayant votre potentielle 3e paire de spartiates - ouais mais couleur bronze, darling, ça va avec tout, j't'assure, j'en avais pas - que la chaussure était devenue une valeur montante. Faut qu'ça enserre la cheville, faut qu'ça griffe l'osselet, faut qu'ça fasse l'amour à l'objectif, bref, les lanières grimpent dès que les températures montent. Moi, ça me va, j'ai toujours voulu être bridée. A ce propos, je me rappelle lors d'une opération esthétique bénigne d'un kyste sur le visage avoir glissé au chirurgien qu'il pouvait m'étirer un peu les paupières pour le même prix, que ça me ferait plaisir. Lui, il avait pas l'air très débridé.
Donc, vous ne trouverez plus rien de bas chez moi. Collet monté, Galliane, à regarder de la chaussure grimpante comme une belle plante :



Et puis la chaussure montante, ça va avec tout, c'est pas contrariant. Ca élance les petites, ça habille les robes, ça démémérise les shorts. Puis les baskets, elles se portent montantes. Puis les escalators, on les monte, comme les chevaux et les manèges. Puis la montée, c'est toujours positif, montée au ciel, alors que descente aux enfers. Là, normalement, j'ai fait le tour de tous les arguments les plus bas de gamme pour vous convaincre haut la main. Après la théorie, l'exemple :
Je ne suis pas du genre à vous monter la tête, vous me connaissez. Alors, vous porterez de la mule, de la tropézienne, de la fine tong même si vous y tenez, ça ne changera pas ma vie. Mais la sandale montante, sur bas mi-coton, mi ségolaine, je l'ai là, chevillée au corps.
01:05 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : chie mihara, alaïa, balenciaga, topshop
07 mai 2008
"She'll hang the baskets" (Cake)
Où je risque de vous "lacet" vite fée
Que c'est compliqué, une fille, gnagnagni gnagnagna, tu veux ou tu veux pas, verts ou violets, les rideaux du garde-manger ? En ce moment, par exemple : je ne pense que chaussures, et je n'achète que des sacs. Enfin, j'achète des sacs et un peu des chaussures, mais pas celles auxquelles je pense depuis des semaines. Celles auxquelles je pense depuis des semaines se sont depuis, évidemment, envolées comme par magie des boutiques. Des petites ailes leurs ont poussé, j'ai l'impression, mais vu comme elles sont gracieuses, cela ne m'étonne guère, et les vendeuses se bornent à m'opposer un "rupture de stock" beaucoup moins poétique quand j'avance ma tête contrite. Des chaussures anges, ça existe, mais les vendeuses anges, on le saurait depuis longtemps.
Celles auxquelles je pense depuis des semaines, j'aimerais savoir dessiner pour vous les remettre en situation. J'aimerais également être une Facehunter digne de ce nom pour avoir eu le cran et le talent de les immortaliser. Une scène. Ligne 8. Un couple. Lui, cheveux longs et long tee-shirt Marc Jacobs, bottes en cuir, mystique et planant. Elle, petite chose aux longs cheveux raides noirs, japonaise poudrée romantique et étherée, dans son trench beige clair aux manches retroussées. Un jean très clair dignement reboulé. Les baskets Ash poudrées aux pieds. Pour les avoir vu de près, je confirme : satinés, ses lacets sont des fées.

La fille de mon dernier métro, donc, vous ne la verrez pas. Mais ces chaussures, élégantes et fines comme pas deux, vous devez les voir aux pieds des gens les plus chics de la capitale et ailleurs. La basket chic. Si Jane Birkin l' avait connue, au temps de sa frange et de ses non-seins apparents, elle l'aurait portée, et chantée même, à la place des Dessous Chics que lui avaient imposés le Beau Serge. Au lycée, les cools l'auraient eue depuis longtemps aux pieds, et négligée même. Taché, son satin. Je ne suis plus au lycée, je mets des chaussures propres mais je cherche depuis des mois LA basket. L'autre fois, Christina Sfez, miss D.Dikate, en avait une paire qu'elle portait fort joliment, la Nike Dunk, l'inénarrable Nike Dunk :

"Bouhhh, bouhh", je sens venir les vitupérations des filles macaron. Mais je jure sur Madame Figaro qu'on peut être élégante, classe, et canon (allons-y gaiement) avec une telle paire de shoes aux pieds. Un jour, quand vous serez devenues gentilles, je vous montrerai. Il existe un ersatz de la Nike Dunk, plus fine, chez Mellow Yellow :

Pourquoi pas, je vous demande, pourquoi pas. Mais en me baladant dans les rues de mon cher haut Marais, qu'ai-je vu, en vitrine de Galerie Simone ? Une nouvelle créatrice de shoes, dingue, une Danoise qui plus est, et peu chère (50 euros les sandales). Lise Lindvig, mademoiselle a notamment créé ça. De loin, derrière un mur, dans le brouillard, ça ressemble vaguement à LA basket chic, non?

Mais elle sait aussi faire ça, ça, ça et encore ça :


Lise Lindvig designe et produit depuis à peine deux ans, qu'elle continue, parce que je la veux déjà à mes pieds. Qu'est ce que ce sera quand elle sera riche et que ses ankle boots seront portées par la front star de la nouvelle série qui fera pleurer les filles et soupirer les garçons, je ne vous le demande pas. Je ne vous demande pas non plus comment j'en suis arrivée à vous parler de nu-pieds fins comme du papier OCB alors qu'à la base, il était question d'une fille qui voulait juste être belle et bien dans ses baskets. Pour la peine, je vais aller me prendre les Ash et les Lise Lindvig, et ce sera de votre faute, et je ne trouve pas de chute à ce post, mince... Mince ... Chuutt ... (S'en va sur la pointe des pieds)
Sondage amical : entre la ASH, la Mellow Yellow, la Nike, je prends quoi ?
PS : Lise Lindvig est disponible chez : June & Jim, 69 rue de Rochechouart, 75009 Paris ; Galerie Simone, 124 rue Vieille du Temple, 75003 Paris et surtout les très sympas Séries Limitees by Mag et Val, 20 Rue Houdon, 75018 Paris.
01:20 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note | Tags : ash, mellow yellow, sneaker, lise lindvig
23 avril 2008
"Le madras" (Michel Sardou)
Où je réhabilite peut-être Michel Sardou, avec ce post "en chantant" (enchantant)
Haut les mains, haut les mains, haut les mains, bas les masques, confession intime : si je Bat for Lashes ou Goldfrappe aujourd'hui à tout va, c'est parce que j'ai su, assez rapidement, dépasser l'habitus musical bâti par mon paternel. Autant lâcher les chevaux, avant que vous ne lâchiez les chiens, et le dire une fois pour toutes : j'ai été élevée avec Michel Sardou. Silence attristé. Tasses de café qui se renversent sur le clavier. Quand vous appreniez votre première table de multiplication, je récitais à tout va que si les Ricains n'étaient pas là, nous serions tous en Germanie. Vous dansiez la farandole ? Moi, j'faisais la java, le samedi à Broadway, et ça swinguait un peu comme à Meudon. J'en passe, et pas forcément des meilleures, pour rassurer l'auditoire ébaubi : j'en suis sortie, du père Michel. Mais, de temps en temps, une réminiscence, un moment inopportun, jugez-en plutôt, pourquoi en appeler à ce cher SentbonlaFrance pour évoquer la collection Madras made by Jean Touitou & Jessica Ogden for APC ? Parce que dans sa ritournelle de tout jeune premier, Michel nous enjoignait ainsi :
"Portez du madras et les cheveux longs
Aimez les Beatles et même Ursula
Ayez l'air de filles en étant des garçons
Et vous serez dans le vent "
Sans nul doute ne savons-nous pas qui est cette fichue Ursula, peu importe, Michel avait raison, Michel une fois dans sa vie. On l'a dit, on zappe et on mate donc la collection Madras qui est disponible en boutique et sur Internet à prix vraiment raisonnables :



En cette triste fin de mois, fi de mes qualités d'Ecureuil vantées par toute ma famille, je suis complètement sur le carreau. Alors, je dispose, je compose, avec mes acquis, et les trouvailles pas chères envoyées par la dive et toujours aussi fashion Bérangère :
Haut les mains, haut les mains, haut les mains (Ottawan, éponyme), notez l'effet d'attaque, en miroir l'effet de chute. You can ring my belt : la boucle est définitivement bouclée.
01:20 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (51) | Envoyer cette note | Tags : apc, madras, d.dikate, gat rimon, isabel marant
18 avril 2008
"Forbidden love" (Madonna)
Où je me demande si j'ai encore mes tee-shirts Pimkie grunge Tie & Dye. Y'a moyen d'en faire une étole, croyez-vous?
Au fronton de mes dix fashion commandements, merci maman, merci papa, deux interdits que je respecte à la lettre depuis quelques années : No logo (Naomi Klein en force, Louis V. dans ta face) & No tie and dye. Ces préalables posés, on peut discuter, on n'est pas au service d'ordre des JO de Pékin : ah bon de l'imprimé zèbre, vous êtes sûres pour les Dunk reggae, si je porte du colling ? Mais le printemps-été 2008 se profile, les bourgeons s'ouvrent, les trenchs se déboutonnent, les sourires se délient et les orteils se libèrent. Autrement dit, open up open up your mind, uptown Gal', un peu d'ouverture d'esprit que diantre, sors de ta caverne platonicienne, la vérité absolue n'existe pas, vive le relativisme à la Protagoras. "L'homme est la mesure de toute chose", disait ce dernier, et la femme encore plus. Tie and Dye? Si Christian Lacroix ose, hmmmpf, faut voir :




01:10 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note | Tags : tie and dye, ba&sh, bel air, marc jacobs
11 avril 2008
"Astounded" (Bran Van 3000)
Où si vous aviez prévu de partir en Ardèche ce week-end, faudrait voir à reporter
De mes dix doigts, je ne sais rien faire, ou presque. J'aurais voulu peindre ou faire l'amour (sans les frères Larieu), cuisiner, dessiner, jouer au golf, sculpter, boxer, j'aurais voulu. Mais personne pour me donner ce coup de main qui me fait tant défaut. De mes dix doigts, je sors souvent la Carte Bleue avec le plus éclatant sourire du monde, je claque les portes comme une diva quitte sa loge "du thé au crocus blanc lapon sinon je ne chante pas", je pianote quelques âneries que vous lisez consciencieusement en ce moment même. La vie de Passe-Partout sans Fort Boyard, par exemple, ou les modes de coït du lapin nain, vous liriez peut-être aussi, ça nous changerait de la sneaker YSL ne croyez-vous pas, ne niez pas, si. Avec des si, et juste deux doigts de talent, je reprendrais le Monde en mains, du bout de mon crayon. Comme la styleuse Lovisa Burfitt, comme Garance, et comme Anna Fredriksson par exemple :
Anna Fredriksson et moi, on ne serait jamais rencontrées si je n'étais pas entrée chez le Suédois ce jour-là, au lieu d'aller acheter de l'huile d'olive et des pâtes, ce pour quoi on m'avait mandatée. L'eusses-tu crû, je suis revenue sans montrer pâtes blanches, mais avec mon légendaire sourire le plus éclatant du monde, un sac H&M "Fashion against Aids" au bras. Dans ce sac, deux tee-shirts qui n'avaient rien d'un repas du soir pour deux personnes, l'un signé Fredriksson, l'autre Jo Ratcliffe. Coupe-faim et coup de coeur immédiat pour cette dessinatrice américaine qui illustre aussi des albums, griffe des logos, graffe des pubs, des couv's de magazines, j'en passe, c'est la meilleure.

Dessinatrice ou magicienne, j'ose. Parce qu'enfiler ce tee-shirt blanc si fin si mou, c'était devenir cette fille, porter le chapeau, la veste à carreaux, le rouge à lèvres poudreux, la mèche façon Allison Mosshart. C'était ne pas manger, ni pâtes ni d'huile d'olive, mais c'était faire ma star pour 20 dollars. Un sentiment qui n'avait pas de prix.
Alors peindre ou faire l'amour, se nourrir ou séduire, ce jour-là, j'avais clairement fait mon choix. Comme il reste très peu de tailles 38 dans ces tee-shirts magiques, il va falloir aussi faire le vôtre. Le week-end en Ardèche chez Belle-Maman et son gigot ou la virée à H&M. De mes dix doigts, mes demoiselles, je brise aussi des ménages, le sourire le plus éclatant du monde au visage.
PS - Deux bons plans pour les Parisiennes :
La vente privée D.Dikate, samedi et dimanche, de 11h à 18h, 4 rue Pasquier 75008 Paris, interphone Deschamps, 2e étage. Moi j'y serai !
La vente privée Virginie Castaway, vendredi 11 avril, 257 rue Saint Martin, 75003, mot de passe : Lovely. Je risque d'y être aussi.
Et pour les autres, il y a toujours mes ventes sur Ebay.
02:05 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note | Tags : h&m, lovisa burfitt, anna fredriksson, jo ratcliffe, garance doré
09 avril 2008
"Cotton wool" (LAMB)

... on ("on" de majesté) porte sur slim, sur flare, le nez à l'air, le long gilet loose pour faire passer le blues :
... ou le costume trois trous confectionné par une autre Fée de la couture en qui je crois un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, j'ai dit beaucoup ?
Mais plutôt que de disséquer ce que j'ai, laissez-moi plutôt évoquer ce que je n'ai pas. Encore. "Un tu l'auras vaut mieux que deux tiens", voire "Soleil en août, pâté en croute", puisqu'on proverbe à tout va. Donc, quand on parle de gilet, de belle maille, de doute il n'y a pas, le roi s'appelle Collina. Roberto Collina. Une institution, le monsieur, presque 60 ans à faire mousser le point dans son usine de Bologne. Et regardez-moi comment ses tricots rajeuniraient dangereusement Grand-Mère, qui en oublierait presque de faire son bon café :


La bonne nouvelle, ce n'est évidemment pas que l'essaim de glace se profile à grand froid. Non, c'est que le Bazar Parisien distribue en France ces indispensables de garde-robe, certes pas donnés, mais Roberto, c'est un peu la haute-couture de la maille. Comme le Speedy qu'on a acheté avec notre première paye, en quelque sorte (sauf moi, j'avoue, j'aurais plutôt investi dans du Balenciaga si j'avais pas tout bu épargné).

Roberto, un Italien qui sait parler aux femmes. Alors que Bling Bling et Drelin Drelin, stock options et Alain Madelin, un peu de douceur dans ce monde brut. Maille, sweet love.
02:21 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (57) | Envoyer cette note | Tags : gilet, l'atelier d'une fée, roberto collina
04 avril 2008
"Rebellion lies" (Arcade Fire)
Où je tords le cou à mes préjugés, et je me dis qu'Egon, ça peut faire un chouette prénom
Diane a le nom allemand et la particule intimidante. Belge d'origine, me précise t-on chez l'ami Wikipedia, mais mariée au Germain prince Egon, qui lui a gentiment légué l'umlaut sur le ü et le "von" qui résonne. Diane Von Fürstenberg, ça vous pose une personne, et en impose aux autres, tant et si bien que les autres, ils ont peur. Moi itou, simplement (Bibi). Dans ma petite tête de modeuse bêcheuse, le raccourci s'est toujours fait, le préjugé solidement vissé, et la curiosité réduite à néant. Equation à zéro inconnue, tout était klar : les collections Diane Von Füstenberg, c'est pour Mémé Gisèle.
Honnêtement, j'aurais pu continuer longtemps sur ces certitudes, rencontrer Gaspard U., fonder une famille, monter les marches à Cannes en Luella et raconter mon bonheur dans Gala. Jusqu'à ce jour de mars où, on Ebay, je tombe en cliquant par hasard sur une blouse sans nom, sans marque, ravissante. La vendeuse me dit qu'elle a passé l'âge pour la porter, 50 ans, elle se résigne, elle s'en sépare. 40 euros. Banco. Dans le colis, une petite lettre, avec la photo du modèle porté. Madame la trop vieille mais trop gentille avait arraché l'étiquette de ce modèle, mais gardé la référence sur Nordstrom. Diane Von Fürstenberg. Hein?

Ainsi donc, mes 26 ans à peine défaités, me voilà bonne à porter du Didier Parakian et du Ralph Lauren. Avais-je perdu mon oeil dur comme le rock ? Deux jours plus tard, je lisais Biba en Luella (she's my baby), qui m'apprenait plein de belles choses sur la Diane chasseresse. Qu'elle avait deux portraits d'elle signés Warhol dans le salon. Comme moi. Que sa mère était la plus grande source d'inspiration de sa vie. Comme moi, sauf que c'est la mère de Garance avec ses Moncler et ses Rolex qui m'inspire, mais on y est presque. Que son style se résumait à cette mauvaise redite d'une chanson de Shania Twain "Feel like a woman, wear a dress". Comme moi, tous les jours où je mets pas mon slim et mon gilet, soit souvent. Diane, ses Andy Warhol et moi, on était définitivement faits pour s'entendre, et quand je suis allée jeter mon oeil (devenu mollet) sur sa collection, j'en ai fait tout un plat :


Alors, certes, c'est commercial, facile, européen, ce qu'on veut. Mais Diane, elle partait de loin avec moi, alors ne commencez pas à lui tomber dessus à critiques rompues. En plus, Madame De m'a clairement fait comprendre qu'elle était branchée young quand j'ai vu ça :

Oui, du tie and dye chez Diane Von Furstenberg. Orange pétant et foulardant. Et j'aime bien. Alors, je repense à ce mail de ma mélancolique vendeuse Ebay, "je n'ai plus l'âge, à 50 ans, pour mettre ces choses". Envie de citer le Cid, tiens, vendredi c'est poésie, "je suis jeune il est vrai mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années". Envie de lui répondre que non, elle se trompe, et je me suis trompée aussi. Il n'y a pas d'âge pour porter les créations de la dame à particule. Elémentaire.
02:23 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : diane, furstenberg, maje, sessun, ebay
17 mars 2008
"Billie Jean" (Michael Jackson)
Où certaines d'entre vous se contenteront de retenir que je vole Gala chez le médecin, et c'est bien dommage
Bien sûr, on se figure que le monde est mal fait, que les jours nous abîment comme de la toile denim, mais dans cet "Autre Finistère" (Les Innocents, éponyme), comme de partout, la toile denim aura beau s'abîmer, se patiner, se franger, s'élimer, on ne quittera jamais son jean, et encore moins cet été. Certes, le retour tant annoncé du petit blouson, dont on laissait négligemment dépasser le col de nos cabans de lycéennes, se fait heureusement attendre, mais il est bien le seul. La robe, la shoe, le sac, et même la blouse, se convertissent cet été indigo.
Comment ça, vous n'avez pas vu le "Billy Jean" de Jérôme Dreyfuss en boutique? Soit, vous avez fermé les yeux en passant devant le stand du Printemps pour éviter l'impossible vendeuse dont les bras tentaculaires alpaguent les proies faciles, ou plutôt les yeux dociles. Moi-même, malgré ma réputation de dure à cuir, j'ai préféré ne pas approcher mon autofocus à moins de 50 cm de la bête, mais j'ai déniché une image de son cousin "Jean" ... Jean (Photo Gala):
Et puis, quelques basiques, glânés ci et là, tel la blouse plastronnée, revisitée par D-Squared :
Le gilet d'homme, revisité par Lagerfeld
Le body couleur jean, proposé par Stella Mc Cartney (Photo Imax / Mme Figaro)

Et pour les plus culottées d'entre vous, ce modèle Lacoste, franchement dispensable :
Et je passe sous silence le sac tout mou casual comme la robe APCréées par Jean... Touitou, pour faire court. Pour ma part, j'ai cédé à l'appel tranquillement, comme d'hab' sur Ebay, le meilleur ami des fauchées : la robe housse Isabel Marant. Manches ballons, boutonnée, c'est tellement facile de ne pas se tromper.
Et entre toutes mes Jeâneries, s'il ne fallait en retenir une, que cela soit celle-là : éviter, obligatoirement, le total look, soit la blouse sur le flare, le gilet sur la blouse, la robe sous le blouson, et la culotte sous aucun prétexte. Regardez, d'ailleurs, la lecture qu'en fait l'Isabel Marant, qui réédite ce modèle, qu'elle volante en prévision des brises estivales :

Les plus classiques, jean'sénistes, se contenteront de balayer les trottoirs de leurs flares annoncés inévitables. D'avoir la blouse romantique sur le skinny pré-historique. Soit. Mais cet été, quoi que vous en pensiez, et quoi que Nicolas G. en dise, je serai totalement Ober*. Ca tombe bien, l'été, il neige pas. Même sur les jeans.
* Dérivatif "d'über" quand on parle uniquement de jean. Cf la marque des jean serrés rose pâles de notre adolescence devant Beverly Hills. Cf Violette.
03:11 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note | Tags : isabel marant, jean, jérôme dreyfuss, d-squared, lacoste
06 mars 2008
"Dès qu'j'te vois" (Vanessa Paradis)
Il ne lit pas Elle, Femme Actuelle, 20 ans, Jeune et Jolie. Il n'est pas styliste, photographe, encore moins sartorialiste. Le sarouel, le keffieh, la blouse madras et le blazer, il en est vite blasé. Mais il sait écouter, quand une grande fille bougonne à son ordi, devant une énième enchère perdue, il me faut un trench mastic, il me faut un trench mastic. Lui, mon Brun, mon critique d'amour et de mode et depuis peu, mon Trench Doctor.
Dire que le trench sera à la mode cet été, voilà limite un Burberrysme. Le trench ne se démodera jamais, tel l'olive noire sur la pizza aux anchois, ou l'imprimé ringard sur le manteau de Carla. Tant et si bien que dans tous les défilés, catalogues, photoshoots, il réapparaît invariablement, toujours aussi beige et bien coupé. Alors, tandis que chacun cherche son chat et chacune cherche sa parka (courte et sport), moi, je rêve de guinche en trench, sous une tonnelle, avec Fonelle. Un énième tee-shirt blanc tricoté sur ma peau, un jean evasé bleu menthol, de la sandale juste ce qu'il faut de compensé, et Johnny Jane en fond sonore. Jane Birkin était l'égérie automne-hiver de la Redoute, l'Iron d'elle me fera mon printemps. A force de voir ci et là, au gré de cette fashion week, de l'imper et passe, me voilà imper-malléable à merci.


Fallait pas croiser mon chemin, être beige et vaguement ceinturé, ces derniers temps. Mon oeil trenchant n'épargnait rien, mon bras arrachait les malheureux des portants pour les reposer, un peu plus tard, après examen. Sous toutes les coutures.
Chez Gap ...
Et puis une grande boîte, un certain 27 février dernier pour une certaine occasion, venant d'un certain Brun. Note pour plus tard : l'habitus, ça marche même pour obtenir un trench. Bourdieu devait s'en cogner autant que de son premier Poche, mais moi, ça me va.
Il n'y a pas de mystère : "mais pourquoi tu l'as acheté?", que je demande, naïve.
"Parce que dès que je te vois avec, j'ai envie de te l'enlever". Mesdames, cela ne marche pas avec la chemise de bucheron, la tunique de népalaise ou le sarouel, pièces pourtant hautement indispensables cette saison. Le Trench Doctor a sa spécialité. N'allez pas en faire un généraliste.
03:59 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (63) | Envoyer cette note | Tags : trench, mastic, comptoir des cotonniers, burberry, veste
25 février 2008
"Doctor, Doctor" (The Who)
Ou "La main tendue", célèbre rubrique du cultissime Femme Actuelle, revue (chère à Violette) et corrigée, façon "kif kif demain"
La CNIL n'est pas encore au courant, Christine Ockrent et France Monde non plus, mais ça ne saurait tarder. Le dossier du jour : lesgrandesfillesmodeles@gmail.com. De quoi on s'mail ici, franchement, vous pourriez pas deviner. Des courriels pour aller à une soirée de Saint Valentin entre Faceboucs à lunettes, d'autres pour parler d'un lisseur de cheveux révolutionnaire dont moi et ma pelade serions les ambassadrices rêvées, et puis il y a ça :
"Slu Galiane, tu soré pas ou trouv dé bottes d'été gri pas cher? Tx, té tro bel." (Nous ne garantissons pas l'exactitude de la dernière phrase, toute déviance par rapport à des propos réellement tenus ne serait que pure évidence).
En jeune femme lettrée et pis solaire, je me mets en quête d'aider cette fille perdue, cheveux gras, sur le long chemin de la mode. Illico texto.
D'abord, de koitesse en retourne-t-il exactement? Cette jeune bitch égarée maîtrise parfaitement l'idée qu'il faut porter des bottes cet été sinon rien, mais ne sait pas conjuguer le verbe savoir à la 2e personne du singulier au conditionnel. Une seule explication : elle achète Glamour, mais elle ne regarde que les photos. Diagnostic établi.
Donc, la botte d'été. Schématisons le problème : elle va avec tout. Votre legging que vous refusez d'abandonner, votre jupe taille haute qui vous colle au bourrelet, votre slim qui fait de la résistance, votre robe courte qu'elle rallonge immédiatement. Elle est comme l'eau, claire comme l'eau vive (Guy B., éponyme), sinon c'est une botte d'hiver. Pratique, elle vous évite aussi de vous manucurer l'orteil avec le Blue Satin qui est pas satin mais noir, à ce qu'il paraît. Je balance pas, je renseigne.
Voilà pour la théorie, passons à la pratique.

Le modèle D Co Copenhagen, la grande classe. On regarde juste, on achète pas. Il est trop foncé, et cher.

Le modèle Comptoir des Cotonniers printemps-été 2008. Pas très printanier avec son gris foncé, et puis trop facile.
Chez Jonak aussi, y'a de la botte des foins, grise, pour 129 euros. Et enfin, il y a Nadja. Surréaliste de beauté, André Breton ne l'aurait pas reniée, d'ailleurs. Son père? André, je viens de vous le dire. Son prix? 89 euros.

Nadja prise à revers

Nadja prise au débotté

Nadja pend ses jambes à mon cou, et le chat Vanessa Bruno (gris, sans plis, ne fait pas caca, bref aseptisé)
n'en croit pas ses yeux : du gris souris !
Ce gris sourit parfaitement à la vie, aux arbres qui bourgeonnent et aux adolescentes en fleur. Autant dire que je me suis sentie carrément concernée, moi qui vais fêter tout bientôt mes 26 printemps.
PS : 100% "Quotons" pour finir, Bénétie (vendredi) : "Mais pourquoi tu as laissé l'étiquette sur tes camélites, Gal? " Examiné (les low-boots). Ecouté (Ava). Ramené (Zara). Tu as donc la réponse et le prénom de ma nouvelle camarade de je juste au-dessus.
04:20 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (61) | Envoyer cette note



