14 mai 2008

"The lucky one" (Au Revoir Simone)

Ou une boutique "pour le plaisir", comme dirait Herbert L.  

Rive gauche, là n'est pas mon pays. Rien à faire, derrière mes verres fumés, je ne m'y sens pas chez moi. Trop de sacs Gérard Darel au mètre carré, pas assez de tee-shirts et de sourires cariés. Alors, une fois le Pont-Neuf franchi, je m'invente une nouvelle vie. Pour faire simple, une double identité. Je me comporte en touriste, je ne sais plus parler français, je lis les noms des rues bien longuement, je m'achète des glaces dès que je peux derrière une colonie de Japonaises vuittonnées et forcément, je me perds. Lost in translation, me voilà égarée rue Saint-Simon, et rue Saint-Simon, y'a Simone pour m'accueillir.

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Chez Simone, c'est bien simple, on ne connaît rien de ce qui est présenté sur les portants. Dépaysant, grisant, en mode touriste. Orna Kiely, vous connaissiez ? Moi non. C'est funky, londonien, vachement bien.

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Sinon, vous pourrez porter du Noro, ou du Soun, vous connaissiez peut-être, moi je m'y mets tout bientôt. Leur langue me parle.

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 Blouse Noro, photo Shoppingparismode

Et question accessoires, y'a du Polder. Des mois que je dois vous parler de cette marque dont je suis fan de A à Z, from Amsterdam to Zanzibar, je m'infligerai les oeuvres complètes de Cicéron sur la plage pour me punir de ne pas avoir encensé ce duo avant. Chaussures, maroquinerie, les soeurs Madelon & Nathalie transforment tout ce qu'elles touchent (cuir, daim) en or. Fashion alchimistes.

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Comme j'en avais marre de la fille rive gauche, je me suis mise à imaginer la fille Polder. Elle aurait un tee-shirts blanc, un jean bleu brut droit, et surtout, une queue de cheval pas très longue dont s'éparpilleraient des tas de petites mèches. Des lunettes camel, des lèvres nues et des joues légèrement rosies. Au doigt, une bague très fine, une besace en bandoulière et elle appellerait ses amis de sa belle voix grave pour un rendez-vous bruschetta & chianti. Je ne suis pas celle-là, pas encore, bientôt, je vais fumer car je veux devenir grave. Insouciante à la voix grave. Il y a encore du travail, je referme la porte, là n'est pas encore mon pays. Je laisse en moi, pour l'instant, la Simone s'ignorer.

Simone, Dressing et accessoires, 1 rue Saint-Simon 75007 Paris

21 avril 2008

"Some other spring" (Marianne Faithfull)

Où encore une bonne adresse mode testée et approuvée, mais c'est pas à côté

Marnie était sûrement une chic fille, sûrement, je ne l'ai pas connue. Je n'ai jamais compris pourquoi Alfred Hitchcock avait décrété qu'elle n'aurait pas droit au printemps, c'est bien un homme, pas de printemps, pourquoi pas d'eau potable tant qu'on y est. Pour Marnie, c'est déjà trop tard, mais pour Marni, son homologue haute-couture, il y aura du printemps. Il sera vert d'eau, il sera bleu, il sera cher, et on regarde juste :

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Photos site officiel de Marni, collection printemps-été 2008

Mais il n'est pas forcément besoin de payer l'ISF sur dix générations et deux mariages consanguins pour pouvoir s'habiller en Marni. La solution : le dépôt-vente haute-couture. Marnifique, de la veste, de la blouse du chemisier, de printemps, d'été. Et du Prairies de Paris aussi, du sac, de la ballerine, du gilet joli, tout ce que vous voulez. Laissez-moi aujourd'hui être l'hirondelle qui fera votre printemps, viens, j'vous emmène, au pays du vent au pays des (fashion) fées (France Gall featuring M.E.). Direction rive gauche, direction la petite rue Villedo, J'y troque.

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Oui, la devanture de la boutique est coordonnée à la veste Marni, c'est un comble. Là n'est pas le plus important. J'y troque, c'est la bonne petite adresse qu'on ne donne pas à ses copines, sauf quand on est bête comme moi, élevée dans ce fameux esprit "Let the sunshine in". Vendeuses de boutiques de luxe, habitantes de la rue Saint-Honoré, stars inondées de cadeaux Bompard et Zadig, viennent s'y délester de leurs jolies choses, souvent peu après les défilés. Donc, comme il y a du Burberry, du Comme des Garçons, du Repetto, du Chloé en excellent état, ne vous attendez pas à des prix sacrifiés. Disons, sacrément diminués, et c'est déjà pas mal.

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Oh, une pochette Abaco poudrée, neuve, étiquetée à 50 euros
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Oh, un tee-shirt en soie Givenchy, sûrement top sous ma veste noire, mais j'ai plus un rond
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Du Prairies de Paris, du Marc Jacobs, du tout ce qu'il faut en excellentissime état

Un seul bémol : le prix du portant Comptoir des Cotonniers, nettement usurpé. Le reste, surtout les nirvanezques pièces Prairies de Paris, vaut pas mal le coup. Ma grande soeur pourrait témoigner, elle qui est repartie un sac en cuir gris au bras pour 38 euros. Moi demandez-vous, moi sans rien réponds-je, le bagage mince mais le coeur léger. Car dégagée du regard inquisiteur et peu amène des vendeuses de boutiques de luxe, j'ai pu tâter du YSL, enfiler du Miu Miu, compenser en Prada, rêver en Stella. Allez porter du Givenchy, même quelques heures, et sortez-en indemnes. J'ai ouvert la boîte de Pandior, je cherche désespérement à la refermer.

J'y troque, 7 rue Villedo, 75001 Paris, métro Palais Royal

14 avril 2008

"Something in the air" (Tom Petty)

 Où je me dis que pas tout le monde sait où c'est la Corée, si?

La vie est une question de priorités (Bianca Féducomerce, Oeuvres complètes). Jamais à droite, les miennes, fille un peu gauche sur les bords. Jamais dans l'ordre des choses, ma vie, fille un peu bordel sur les ailes. Exemple? Là, tout de suite, je sais que je vais aller flâner dans les rues de Paris, l'oeil en vitrines, parce qu'il fait beau et bon et que c'est rare, et que la pile de linge à repasser, elle sera encore là demain, alors que ce nanonissime rayon de soleil, lui, non. Demain, bientôt, je sais que je ne commencerai pas le régime soupe-céleri-poireau parce que voilà l'été, enfin l'été, et la négresse verte que je ne suis pas doit rentrer dans son Tam Tam 38 acheté l'an dernier. Dans ma bulle, je sais que je pourrais vous parler de la percée des conservateurs aux élections parlementaires coréennes, je pourrais, et m'est avis que ça ferait pas de mal à certaines. Mais sur ce blog, le jeune et talentueux créateur éclipsera toujours le reste de l'actualité, la Sveltesseness et la pile de linge. Surtout la pile de linge. Priorité absolue à Jérôme, Laetitia & Cyrille, Flore, Vanina, Chrystèle, Eva, Claire, Christina, Christophe, tout le monde il est beau, tout le monde c'est du joli. Et quand le jeune créateur s'associe à d'autres jeunes créateurs ça -s'appelle une coopérative mais on s'en fout -, ça me simplifie la vie, et ça a d'autant plus de chances de me plaire. Mathématique, l'histoire. E =MC² = Surface 2 Air, ma formule magique du jour.

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Les branchées du Marais connaissent déjà mais pour toutes les autres, les "comme moi", Surface To Air est un collectif de jeunes créateurs lancé en 2000 qui s'est demandé "Tiens, si on ajoute des talents entre eux, ça fait un énorme talent?", et s'est répondu oui, et collabore aujourd'hui avec diverses marques, maisons de coutures, organisateurs de soirées. Le label a rouvert boutique au printemps dernier rue Charlot, il faut connaître pour entrer, et il faut s'accrocher pour ne pas ressortir à la vue des vendeuses, aussi lookées que des têtes d'affiche des Femmes s'en mêlent. Fi de la fille d'affiche, on reste dans ce bel espace dégagé, où vivent de la coupe, du noir, du gris, du sobre et chic, du rock, du cher, du basique, du pli, couture, miam.

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La boutique Surface 2 Air, rue Charlot, Paris

Je serais bien repartie avec l'intégralité des portants dans un Traffic que j'aurais loué pour la journée, mais c'est bizarre, il me manquait un petit quelque chose. Le fric? Ah oui, c'est ça, le fric. Merci de m'y faire penser, d'habitude j'oublie.

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Gilet Surface To Air, 125 euros 
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Robe asymétique électrique, 125 euros  
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Oui, je suis repartie avec une robe, un gilet, dans le porte-monnaie une immense béance et dans la tête bien des idées. Si je m'arrêtais là, mon histoire serait sans fin. Sans ce petit plus qui vous donnera le sourire aux lèvres, j'espère : Surface To Air, ça se vend ici. Et pour la Corée, là où les conservateurs parlementent, c'est un petit peu à gauche de la Chine, voyez, et ça déborde dans la mer.
Surface to Air, 68 rue Charlot, 75003 Paris. Métro Filles du Calvaire.

26 mars 2008

"Cheap and cheerful" (The Kills)

Où il sera question de basse couture, fin du mois et échéances de loyer obligent

Le jour où le Chypriote* m'a trahie, je me baladais au Printemps, attendant le printemps. N'attendant pas, sûrement pas, la mauvaise surprise qu'il m'avait réservée avec sa collection été, flashy, sans âme, aussi discutable que cette mise en scène :

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*Erotokritos, robe issue de la collection printemps-été 2008

Forcément, on ne sort pas indemne de telle vision. On manque en perdre la vue, l'avis, on l'avoue. Et quand on passe juste après devant une vitrine rose fuschia, un jour de "qu'est ce que je peux faire, j'sais pas quoi faire", on s'arrête. Effet flash-back, syndrome de Stockholm. Même si, à l'intérieur, on vend des Bensimon. Des chaussures Bensimon. Ce que vous mettiez aux pieds en 3e en couleur abricot trop cool avec le jean délavé et le tee-shirt Don't Touch. Celles-là même, mesdames.

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Mais on venait de sortir d'un break avec le créateur de son coeur, et n'ayant pas de pot Haagen Dasz Dulce de Leche sous la main, on prend ce qu'il y a dans les parages, soit une boutique cheap and chearful, sur les quais du Canal Saint-Martin. A l'intérieur, des portants surchargés de vêtements d'une qualité correcte, type "ventes presse Maje - Sandro ", signés d'obscurs créateurs du Sentier qui refont du "Maje et Sandro". Mais à prix trois fois moins élevés. Du tee-shirt blanc et gris à petites manches ballons à 20 euros, de la veste trois-quarts noire de belle facture et bonne matière à 50 euros, et de la blouse tartan à 30 euros. Mais moi, j'avais déjà misé sur autre chose. Autre chose à 25 euros, le basique de la garde-robe, noir, blanc, fallait même pas choisir :

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Je les imagine même déjà rentrées dans mon flare, le nez au vent et le pied talonné. Mais le jour de la photo, j'étais slim et pas large, et définitivement plus inspirée avec le blanc :

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Blouse "2 Elles", gilet Gap, sautoir Marc Jacobs, sac Vanessa Bruno, poignée de porte Castorama

Tout ça pour dire qu'il ne faut pas jeter le Chypriote avec l'eau de la Méditerranée. Mine de rien, par sa faute, j'ai acquis deux futurs basiques de ma penderie pour le prix d'un quart de tunique Erotokritomane. Tout ça pour dire également que si d'aventure vous passez devant une vitrine où sont exposées des Bensimon, entrez jeter un oeil. "La Vérité, les filles", vous pourriez être surprises.

Quai 71 stock, 71 quai de Valmy, 75010 ; 15 rue Ferdinand Duval, 75004 ; 24, rue des Petits Champs ; 75002, 31 rue de Maubeuge, 75009.

PS : une très chouette vente American Vintage sur www.bazarchic.com . La collection hiver 2008 avec des pièces printanières à partir de 8,50 euros. Moi, j'ai déjà craqué pour 5 pièces mardi soir. Si besoin d'un parrainage, galliane2@aol.com.

24 mars 2008

"Comic Strip" (Serge Gainsbourg)

Shebam, pow, blop, wiz, pop'n'gum, caramel, bonbons et chocolat, ça va être la fête ici aujourd'hui. La fête, parce que c'est ce que cette fille-là m'inspire, mademoiselle Christina Sfez, avec ses baskets montantes trop cool encore mieux que des Pierre Hardy-jure, son slim sympathique, son hoodie manche ballon encapuché mirifique. Et ses cheveux blonds micky greeniens, la jeune créatrice énervante typique, heureusement qu'elle chante pas.

Assez parlé de son grand méchant look, pour se pencher sur sa collection de vêtements D.Dikate, découverte grâce à Marie. Evidemment qu'elle est styliste, la Christina, car si elle jouait de la cornemuse avec ses orteils, on ne serait pas en train d'en causer un lundi matin pluvieux, un temps idéal pour débattre entre amis sur la résurgence de la Françafrique autour d'un ramequin de Crackers Belin. Dans une petite semaine, le 31 mars, sa jolie griffe fêtera ses trois ans. Trois ans à mettre sur pied des collections "aux lignes simples, aux motifs et détails soignés pour une allure girly et so fresh." Elle dit, je ne démens pas, elle prouve, je montre :

Collection printemps-été 2008 

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Chemisier Amande copieusement manches ballonné et col claudiné
Et disponible en ligne ici !

Des lignes simples, urbaines, avec le sens du détail girly qui fait tout, qui fait beau, et qui ne demande qu'un sautoir N2 ou une paire de bottes vintage camel pour en casser l'harmonie trashy-comic.

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Et évidemment, la funny girl de la jeune création française colore le monde à coup d'imprimés madras et de tee-shirts vitaminés C.

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Si mes vêtements d'été étaient de sortie, vous remarqueriez immédiatement parmi eux un magnifique top émeraude Ddikate, décolleté échancré et encolure tissu anglais. A la place, regardez le ciel, regardez le thermomètre, et vous allez constater que Christina, elle sait aussi voir la vie en noir.

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Comme vous le voyez sur ces photos, Christina sait ne pas se prendre au sérieux. Et ici, on aime grandement ça, dédramatiser le keffieh et le fait que Dieu (Nicolas Ghesquière, toujours, ça a pas changé depuis les municipales) refuse que ses créations soient portées par d'autres personnes que des mannequins (je vais finir par ne plus croire en Dieu). OK, Christina Sfez a été distribuée au Lafayette VO, elle compte déjà une vingtaine de points de vente en France, au Japon, au Luxembourg, et elle aurait choisi Chanel si on l'avait propulsée, d'un coup de baguette magique, à la tête d'une grande maison. Mais avec elle, les mannequins se bouchent le nez, font des bulles, font pouet pouet, en baskets. Bref sa mode, c'est la fête. Comme un grand coup de soleil, un vent de folie, un arc-en-ciel bienvenu dans un lundi tout gris. On est gentilles, quand on admire on met la main devant sa bouche, et on dit merci.

Points de vente :

AIMECUBE : 7 rue de Vauvilliers, 75001 Paris ; DRESSING ROOM, 2 rue des Blancs Manteaux 75004 Paris ; OMIZ, 8 rue des Abbesses 75018 Paris ; SERIES LIMITEES, 20 rue Houdon 75018 Paris ; FRENCH TROTTERS, 30 rue de Charonne, 75011 Paris ; ARIDZA BROSS, 5 rue des Canettes, 75006 Paris ; END TO END, 3 rue de la Pie qui boit St Malo ; K.PRISS, 62 rue Ganterie, 76 000 Rouen ; ABAK'A, 6 rue de France 06 000 Nice ; MAMATORO, 35 rue Hoche 06400 Cannes ; L'ATELIER, 16 rue Pastoret (Cours Julien) 13 006 Marseille ; COREZONE, 8 rue Montgrand, 13 006 Marseille ; LOFT BOUTIK, 19 rue de la Madeleine, 30 000 Nîmes ; RICE AND BEANS, 18 rue Cujas 31 000 Toulouse ; DELITS DE LUXE, 2 rue Prof Demons 33 000 Bordeaux ; COREZONE, 22 rue Granet 13 100 Aix en Provence ; CATWALK SHOP, 8 rue de la Croix d'Or 34 000 Montpellier ; ULTIMATE MANOSQUE, Le Patio bvd Charles de Gaulle 04 100 Manosque ; ULTIMATE DIGNE, 50 rue de l'Hubac 04 000 Digne les Bains ; PIA PIA 286 Bd de la Côte d'Argent Le Moulleau 33120 Arcachon ; JESSY, 14 rue du Général de Gaulle 20137 Porto Vecchio.

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04 mars 2008

"Les Années Bazar" (Indochine)

Où il est 23h, je viens de rentrer de congés, j'ai les narines bouchées, et je vais quand même causer mode car je suis une VIB*

La modeuse n'est pas prêteuse, c'est là son moindre défaut. La vraie, s'entend, la pure et dure à cuir, celle qui sort en Chloé monté et en Wayfarer l'été. Moi, ex-fan des sixties et grande babydoll, molle du genou et du tee-shirt blanc, j'ai été élevée dans l'esprit "Tends la main à ton prochain, et Nicolas Ghesquière te le rendra bien". Comprendre, quand je découvre une nouvelle tanière, j'hurle aux loups, et ayant hurlé tout l'été, je me trouve parfois fort dépourvue, quand les stocks de ma tanière à la meute ont été vendus. Soit. Mais comme je ne m'appelle pas Galliane Gautier-Sauvagnac, et que les 1,5 millions d'euros d'indemnités ne transiteront pas sur ma chère CB, je peux laisser la meute prendre de l'avance. Et donc, aujourd'hui, je l'initie aux joies du dépôt-vente, et pas n'importe lequel, celui dont le nom a résonné en moi tel le dernier tube de David Guetta au Club 688 :

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Donc, ne pas se fier au sobriquet "Bonne Franquette" : ici, on est à Saint-Germain des Prés, soit le VIe arrondissement de Paris, on recense plus de Zadig & Voltaire que de bouchers au m², et en y croyant très fort, on peut humer dans l'air le fumet discret et aseptisé de la pâtisserie made in Le Bon Marché. Pour faire court : les Ginettes, c'est le haut niveau du dépôt-vente, mais cela tombe plutôt bien car pour le cheap, rien ne vaut le neuf. Pour le Dice Kayek, rien ne vaut Les Ginettes.

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Oui, ce sont bien des salomés camel Les Prairies de Paris dans la vitrine

Reprenons : chez les Ginettes, il y a tout ce que la rivegauchère a eu la flemme de mettre sur Ebay, parce qu'Aglaé la bonne n'y connaît rien en NTIC. La rivegauchère s'habille chez Isabel Marant, Yves Saint-Laurent, Sonia Rykiel, Maje, Vanessa Bruno and co, elle est soigneuse, propre et a plutôt bon goût : la rivedroitière peut donc profiter de ses surplus les yeux fermés. Les allergiques de la fripe, surtout, puisqu'ici, tout est soigneusement classé par couleur dans une agréable boutique aux poutres apparentes et déco rococo (Valérie Damidot ne traverse pas la Seine, qu'on se le dise):

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Les prix restent assez élevés, équivalents à ceux des pièces en soldes, sans doute parce qu'elles sont en excellent état. La preuve? J'ai failli repartir avec cette robette poudrée Isabel Marant, que vous trouverez peut-être, entre deux Sandreries et autres Cotonnades :

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Dernière précision : on peut essayer, on peut blaguer avec les deux gentilles tenancières, on peut dénicher une jolie pochette ou du chèche bien épais pour 28 euros. Et surtout, retrouver toute tremblante cette fameuse blouse American Retro qu'on aurait dû acheter, il y a deux ans, puis il n'y avait plus la taille, puis il y avait eu les soldes, puis l'automne était arrivé, et c'est le temps qui court, court, et nous rend sérieux (Alliage, R.I.P). Vous chantiez ? J'en suis fort aise, et bien casquez maintenant.
Les Ginettes, ou la dernière roue du carrosse pour les cendrillons qui ont des fourmis dans le porte-monnaie.

Les Ginettes, 4 rue du Sabot 75006 Paris

* Very important blogueuse, selon Hautetfort

15 janvier 2008

"The limit to your love" (Feist)

Ou comment les non-Parisiennes vont encore m'en vouloir mais bon, tous mes voeux les plus cordiaux

Puisqu'aujourd'hui, il faut vivre ou survivre, pour reprendre la philosophe de nos cours de récré Star Club Nadiya,  j'ai décidé de continuer à vivre dangereusement.  Depuis un mois (et ma découverte de la fripe), vous le savez. Depuis hier (mon escamotage d'orteil enbotté), vous le mesurez. Donc samedi, en grande baroudeuse qui met du 40 alors qu'elle chausse du 41, j'ai délaissé mon traditionnel Haut-Marais (cage). Direction, Pigalle, Abbesses, risky business.

Monter une petite rue ensoleillée. Trottoir droit. Devanture flashy. Derrière cette porte, normalement, le keffieh que s'arracheraient toutes celles qui, comme moi, n'en ont pas, dixit Cyrille. Ici, certaines se demandent comment j'ai pu passer à côté de cette tendance lourde de la saison et je réponds que "ce n'est ni le lieu, ni le moment, et que ce n'est sûrement pas le JDD qui va fixer la date de mon mariage". Cinq minutes plus tard, là-bas comme ici, il n'était plus question de keffieh, déjà par des ultramodèles arraché. Il était juste question de découvrir une charmante boutique dont bientôt, vous aussi passerez la porte. Trottoir droit, devanture flashy, allez c'est parti.

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Chouette, y'a du bleu sur les portants. Y'a surtout du DDikate, du Virginie Castaway, et de l'Eros by Erotokritos, qui est suffisamment difficile à trouver pour qu'on se réjouisse deux secondes en choeur et en chypriote, tiens.

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En matière de sacs, vous ne serez pas déçues, puisque les baguettes Matières à réflexion (ah, la belle bleue...) se disputent l'espace avec les plus maousse de Virginie Castaway, encore.

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Chouette, y'a des accessoires (Charlotte Sometime) et du bijou aussi. Les pendentifs Bambi et tout plein de délicates merveilles à pampilles, du Eva Gozlan, bref, de la verroterie de premier choix.

Puis, y'a les vendeuses. Mag & Val, Val & Mag. A qui, en cette période de peopolisation excessive, j'ai délicatement laissé l'anonymat. M'enfin, elles ont du goût, elles ont du temps pour vous conseiller et vous conter fleurette, par exemple, sur cette délicieuse créatrice grecque qui monte et que même Sofia Kokosolaki, elle en fera toute une feta bientôt. La prochaine fois, retenez son nom pour moi.

Ah, j'oubliais : outre les soldes, elles ont un portant braderie avec qui il faudra rapidement faire amie-amie.

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Vous n'y trouverez plus ce fuschissime top Erotokritos, enlevé par mes soins pour le mettre en lieu sûr et aimant (ma penderie), mais il y reste du sacrément beau linge.
Moralité de l'histoire : quand y'en a marre du Marais, aux Abbesses raboule tes fesses.

Séries Limitées, 20 rue Houdon, 75018 Paris, tél : 01 42 55 40 85

04 décembre 2007

"The sound of your name" (Charles Aznavour)

Ou comment on se rend compte que Micheline Dax, finalement, est une grande dame courageuse

*EDIT : les liens fonctionnent, yipee*

Vanessa Bruno n'aurait sans doute jamais fait carrière si elle s'était appelée Micheline Martichou. C'est terrible, mais c'est comme ça. Le destin ne tient pas à grand chose, une grand-mère autoritaire à qui il faut absolument faire plaisir, un pari entre potes un soir de Cinzano Party, et un être même pas né (Gudule, Micheline, Schlomo) paie les pots (de vin) cassés. Résumons nous, car j'en ai perdu la moitié au Cinzano : Isabel Marant, ça le fait plus que Monique Ranou. L'une vend des merveilles de robes, l'autre du jambon même pas star. CQFD.

Hier, j'ai découvert une créatrice au doux patronyme : Charlotte Sometime*. Ses pièces, disponibles chez Matières à réflexion notamment, sont à son image : délicates (Sometime) et malicieuses (Charlotte).
  Peu de photos disponibles, malheureusement (Charlotte, faudrait sometime and very soon penser à actualiser ton internet website, if you see what I pense?)

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Mitaines disponibles chez Matière à réflexion,
tricotées main en laine d'agneau non roulée sous les aisselles, 35 euros

Mais comme pour toute vérité scientifique, il existe le contre-exemple parfait, que je livre ici, aussi sûre de moi qu'Helmut Newton-John. Au détour de la rue de Lappe, une visite chez La Penderie, une boutique "cosy-girly" à coloniser aussi tôt que possible, quelques modèles m'appellent sur leurs portants cintribillés. La marque? Touch Luxe*. Un nom qui ne m'évoque rien, sinon le mariage assez foireux entre Armor Lux et Tutti Tutti Touch me (The Rocky Horror Picture Show, dis-moi que tu suis, Frieda), voire Touch me, Touch me, I wanna feel your body (Samantha Fox, dis-moi que tu suis, Marie Sue), bref, un patronyme aussi glamour qu'un brushing sur Christine Boutin.
Mais, à y regarder de plus près...

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Des robes courtes, comme La Fée les aime, de la maille tricotée, de couleur, entrelacée, très Erotokritos (et je suis difficile en la matière), de la fantaisie : une jolie collection, qui mérite qu'on ne s'arrête pas à l'étiquette. To put it in a nutshell, Monique Ranou, Mamie Nova et Corinne Charby, si vous vous lancez dans les frusques, j'irai voir avant de faire ma grande snob. Promis, juré, blogué.

* Liste des points de vente sur leurs site Internet

PS : demain, de la vente presse ou y'a déjà crise de foi?

22 octobre 2007

"High and low" (A-HA)

Où il est beaucoup question de "genre" parce que je n'arrive pas à caser "à la bien"

Enfin, j'les ai. Genre. Genre je faisais la fille qui ne s'intéressait pas au sujet, tout simplement parce que je n'avais pas trouvé chaussure à mon pied. Il n'aura pas échappé aux plus assidues d'entre vous - allez, on s'aligne et je distribue les bons points, Melle E toi t'es une régulière et tu sens bon t'as la grosse image - qu'il est un sujet de cette fashion saison non évoqué jusqu'à présent sur mon post-it (comme it bag, sauf que t'enlèves le bag et tu lis mon post) : la low boot. Genre. Parce que sujet maintes fois abordé, porté, disséqué, diviné par la plupart d'entre vous. Totalement larguée et légèrement débootée, je me suis juré alors, la main sur mon dernier Okapi, que je ne vous entretiendrais jamais de la low boot.

...
Donc, les filles. Vous connaissez la botte basse? Paraît qu'c'est vachement trendy c'te saison. Au détour d'une virée dans mon cher haut de Marais, rue de Saintonge, je me suis rallié à sa cause. J'étais tranquille, j'étais peinarde, j'entrais chez Pretty Box* continuer mon exploration de la fripe chic. Et vas-y que je bade ce blouson noir cuir était beau, cuir sentait bon  le bison chaud (90 euros), ces pochettes vintage absolument mazette, ces bottes si carotte (j'avais le choix avec pleurote, allez chercher une rime en "ote", gourgandines).

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Donc là, j'vais la faire courte, on n'est pas chez Camille ici, pas de thèse antithèse synthèse mon bon Blaise. L'équation se résumera à : un grand bac fourre-tout à 45 euros + un modèle taupe à talons moyens + un essayage rapide et concluant et personne pour me retenir = une grande fille contente avec ses bottes basses.

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Alors, oui, c'est de la low boot, oui, j'arrive 52 ans après le débarquement et oui, c'est du gris.  On en parle plus?

Si, en fait, on en parle ? Comment qu'elles sont, les vôtres?

*46, rue de Saintonge, 75003 Paris

17 octobre 2007

" The unquestionable truth " (Limp Bizkit)

Comme d'autres ont voulu voir si la Terre était ronde, comme d'autres ont voulu voir si Karl Lagerfeld était "sympa-au-fond?", j'ai voulu voir si Elle nous mentait. C'est bien joli le coup du sac doudoune (sic) et du jodhpur pour tout le monde, cet angélisme we-are-the-world-we-are-the-children-united-colors of-benethon. Bene nuts, oui. On m'la fait pas. On m'la fait plus (depuis qu'à 10 ans, Télé Star a lâchement menti sur mes rediff's de Princesse Sarah). Alors, j'ai chaussé mon plus beau trench façon Inspectrice Gadget sponsorisée Comptoir, et je suis allée tester les adresses vintage du Elle à Paris.

Après quelques haltes sur mon chemin à l'autre bout de la capitale (la vente Vanessa Bruno chez NGR), j'ai échoué rue de Saintonge. Au n°57, plus précisément. "Esprit Vinyle", qu'elle s'appelle cette boutique et forcément, moi ça m'parle le vinyle. Que même je les mets en déco chez moi, les disques, tellement j'aime ça. Donc, je pousse la porte et là : une bonbonnière, bien agencée, grand lampadaire eighties et platine d'époque chinée avec soin. Au comptoir, une gravure de mode, et sympathique pour ne rien gâcher.

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Le concept de cette boutique? Les chaussures (Yurkievich, M. Jacobs) vintage, parce que comme le dit la vendeuse, "les modèles neufs restent encore trop chers". Les vêtements, neufs, de jeunes créateurs, des pièces de Stella Cadente et les sacs issus du commerce équitable signés Zaza Factory.

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A la base, j'y allais pour vous, les filles. Une incorruptible dans son imper'. Puis j'ai vu ces portants de bijoux, là. Ces Bambis boucles d'oreille, oui. Puis ces sautoirs Bambi, aussi en laiton, cuivre, noir. Parce que je cherche toujours l'info, je sollicite le nom de la créatrice. On me répond qu'elle est japonaise et qu'elle s'appelle Murakami Zu. Hitomi Tarata. Hihihi Chépluki, en gros.

Cinq minutes plus tard, on tombe l'imper et on sort le chèquier

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Nonchalamment, je suggère que le pendentif Bambi, pailleté ocre d'un côté, peut aussi se porter à l'envers pour un effet noir bakélite. Trop inventive, la fifillle. La vendeuse, Sophie, opine, vachement sympa. C'est sûr, elle doit aimer Valérie Damidot comme moi.  Ca me rassure un peu. Elles ont oublié de le dire, dans Elle.

Esprit Vinyle
57, rue de Saintonge, 75003 Paris - Du lundi au samedi 13h-20h.

PS : bon là, y'a pas d'adresse Internet pour commander... On est urbaines et civilisées, on m'en veut pas, d'accord?