09 juin 2008
"Paris de loin" (Poney Express)
Où on prend de la hauteur sur les débats
Si vous fréquentez les mêmes magasins que moi, lisez les mêmes journaux que moi, chantez le dernier titre des Ting Tings comme moi (ça, c'était pour le placer, ruez-vous sur leur album), déjà, vous avez bon goût. Ah ah, elle est bien bonne. Vous avez bon goût, et vous vous êtes surtout rendu compte, en essayant votre potentielle 3e paire de spartiates - ouais mais couleur bronze, darling, ça va avec tout, j't'assure, j'en avais pas - que la chaussure était devenue une valeur montante. Faut qu'ça enserre la cheville, faut qu'ça griffe l'osselet, faut qu'ça fasse l'amour à l'objectif, bref, les lanières grimpent dès que les températures montent. Moi, ça me va, j'ai toujours voulu être bridée. A ce propos, je me rappelle lors d'une opération esthétique bénigne d'un kyste sur le visage avoir glissé au chirurgien qu'il pouvait m'étirer un peu les paupières pour le même prix, que ça me ferait plaisir. Lui, il avait pas l'air très débridé.
Donc, vous ne trouverez plus rien de bas chez moi. Collet monté, Galliane, à regarder de la chaussure grimpante comme une belle plante :



Et puis la chaussure montante, ça va avec tout, c'est pas contrariant. Ca élance les petites, ça habille les robes, ça démémérise les shorts. Puis les baskets, elles se portent montantes. Puis les escalators, on les monte, comme les chevaux et les manèges. Puis la montée, c'est toujours positif, montée au ciel, alors que descente aux enfers. Là, normalement, j'ai fait le tour de tous les arguments les plus bas de gamme pour vous convaincre haut la main. Après la théorie, l'exemple :
Je ne suis pas du genre à vous monter la tête, vous me connaissez. Alors, vous porterez de la mule, de la tropézienne, de la fine tong même si vous y tenez, ça ne changera pas ma vie. Mais la sandale montante, sur bas mi-coton, mi ségolaine, je l'ai là, chevillée au corps.
01:05 Publié dans Mustave | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : chie mihara, alaïa, balenciaga, topshop
02 mai 2008
"Heroïn" (Velvet Underground)
Où Balenciaga, c'est définitivement ma came
Alors que le prix du pétrole flambe et le litre de lait se porte à ébullition, je vous annonce en exclusivité que le cours de l'héroïne a nettement baissé. Pour 4,90 euros, aujourd'hui chez votre kiosquier, vous avez deux kilos d'héro bien tassés dans un joli emballage griffé Very Elle, magazine hype et huppé lancé il y a deux semaines. Sur la couverture était écrit, surligné de noir même : "Héroïnes". D'emblée, j'ai fermé les yeux, association d'idées, vite. Héroïne, LSD, pensé Hélène de Troyes, Jeanne d'Arc, Madonna, Coco Chanel, Jane Fonda, Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, Virginie Despentes, Gena Rowlands, Blondie, Laure Manaudou, ses larmes cette semaine. Puis j'ai ouvert, les yeux, ouvert, le magazine, et j'ai vu Amber Valletta. Jadis mannequin, me rappelle-je à grand-peine, mais j'ai toujours préféré sa grande copine Shalom Harlow. J'ai vu Chloë Sevigny et Elettra Rossellini. J'ai lu Arielle Dombasle et survolé Britney Spears. Et j'ai refermé. Me sont restées en tête, yeux fermés, de belles images, très belles même, ça j'aime, mais ça j'ai partout, dans Vogue, dans Elle, dans la rue sur les panneaux d'affichage, dans les musées, sur vos blogs.
M'est surtout venue l'envie d'ouvrir un dictionnaire, à la lettre "h", mon petit Robert feuillu qui me raconte qu'un héros, c'est avant tout "un être fabuleux, la plupart du temps d'origine mi-divine, mi humaine, divinisé après sa mort" (Arielle?) ; "un être qui incarne dans un certain système de valeurs un idéal de force d'âme et d'élévation morale" (Britney?). Je me suis convaincue, regardant Amber Valletta aux côtés d'Amanda de Cadenet, que la starissime photographe avait imposé sa meilleure amie - plus tellement au top - comme héroïne de ce premier numéro. Ca doit être ça, ou je brûle mon Jérôme Dreyfuss. Héroïne, ou tout simplement poudre aux yeux ?
Mon nuage de lait dans ce café bien noir, évidemment que je vais en parler. Une héroïne, dans ce magazine, j'ai quand même trouvée. Des mois qu'elle m'obsède, la vilaine, même que j'ai fait des pieds et des mains, taille 38, pour la porter aux nues sur ma peau nue. La grande Madame Figaro avait tenté ce qu'elle avait pu, Nicolas Ghesquière n'avait rien entendu. Chez Very Elle, pour bien enfoncer le clou, ils ont frappé deux fois.
LA robe Balenciaga, printemps-été 2008, portée par Leelee Sobieski et Charlotte Gainsbourg (photo Kate Barry / Very Elle)
La robe rêvée de mes anges. Il fallait la trouver, cette fameuse héroïne, au coeur de 234 pages de pub, de Britney, d'Arielle et d'Amber. Moi être very elle, casaque pas cosaque python poudrée ou de pétunias bariolée, un peu, beaucoup, à la folie. Very, very.
01:35 Publié dans My press selection | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : very elle, balenciaga



