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01 avril 2008

"The winner takes it all" (Abba)

Où je fais trois heureuses, un 1er avril, et c'est pas une blague

Le jour où j'ai eu l'idée de lancer un concours sur la mode, j'aurais sûrement dû faire tourner sept fois ma souris sur son tapis. Préféré manger trois gousses d'ail frais avant de sortir. M'enfiler l'intégrale de Paulo Coelho. Proposer, mea maxima culpa, une virée shopping à ma mère. Tout, plutôt que de me rendre compte que mes lectrices sont bien plus spirituelles que moi. Erase, rewind, cos I've been changing my mind, avec ma question choc, je me suis pris une belle claque, bang bang. Donc, soit je fermais ce blog, je me tartinais avec mon rouge à lèvres Clarins encotonnée dans le So Sweat, et je m'enquillais le Plus Grand Cabaret du Monde, soit je tenais ma promesse.

Je tiens toujours mes promesses. Même un premier avril, surtout un premier avril, où tout le monde raconte des conneries, on va vous augmenter le pouvoir d'achat, Stella Mc Cartney recollabore avec H&M, Elvis est mort mais c'était une femme. Moi, la vérité, toute la vérité, même un avril premier. Alors parmi vous toutes, mes Petites Robertes (ou mes Larouss'o, comme vous préférez), sous l'effet de deux Efferalgan, en retenant quatre, ajoutant six, fermant les yeux et mangeant du Ritter Sport, j'ai retenu trois définitions qui me parlaient beaucoup. Qui me parlaient autant, par exemple, que cette série de mannequins snapshots proposée par le Sartorialist pour Vogue, intermède parfait à nos élucubrations sur la Mode avec un grand Aime :

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Maryna Linchuk par Scott Schuman, pour Vogue, j'aime sa veste blazer, ça s'achète où ses cheveux ?

La numéro 3 du concours, elle l'a pris au pied de la lettre, et moi les lettres aux grands pieds, j'aime ça. Elle a donc sûrement chaussé ses lunettes, enchignonné sa tignasse, ouvert un dico pour voir comment c'était dedans, ça fait si longtemps, elle a fermé les yeux et elle a écrit. A écrit ça, mademoiselle Ori :

La mode : n.f [mod] et non [mǒ = o ouvert d] comme dans certaines régions sudistes, sinon ça fait Maud.
1. Tendance temporaire adoptée par une grande partie de la population… (féminine).
2. Maladie moderne associée au gène « Vas-y ouvre ton porte-monnaie », touchant essentiellement les sujets féminins, présentant les symptômes suivants :
- dépenses immodérées.
- Tocs cintresques.
- Problèmes visuels, faussant les proportions. Les sujets voient, par exemple, une armoire, et une pile de vêtements avec des proportions réduites.
Exp. Etre à la mode : avoir des habits même moches que tout le monde porte ou avoir le truc à la mode un peu différent. (Personne n’a dit que c’était facile !)
Tripes à la mode de Caen : phénomène de mode limité à Caen qui consiste à se faire des colliers de tripes et autres boyaux.
Mots dérivés : Modiphile Femme qui s’intéresse à la mode. N.B. Dans certains dictionnaires une erreur fait appliquer ce terme aux hommes.
Mode zzzzz : expression qui signifie bon j’ai fini je vais me coucher.

Ori, tu garderas tes lunettes que j'imagine à grosse monture quand tu mettras ton joli rouge à lèvres Clarins.

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Sasha Pivovarova, par Scott Schuman pour Vogue, ça pourrait être moi, le mannequin en moins

La numéro 2 du concours, au contraire, a fait court, brut de pomme, soif de mordre. Elle a un peu cité tous mes meilleurs amis, et quand on me prend par les sentiments, et quand on mêle l'amour à ça, moi je dis bien joué, Catherine :

La mode, c'est un adultère.
Jerôme, Isabel, Gaspard, Karl, Hedi, Alexander, Vanessa, Phoebe, Alber, Sonia, Michel, Viktor, Ann, Tom, Marc, Kris, Martin.

Catherine, si tu veux le remercier pour le Terracota Tajine, Guerlain s'appelait Pierre-François-Pascal.

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Coco Rocha par Scott Schuman pour Vogue, littéralement number one

La numéro 1, elle a mis la barre si haut, que j'ai eu bien du mal à la décrocher, après. Un peu comme Coco Rocha torturée sur la photo, elle a mûri son coup, posé les mots ça et là presque en écriture automatique. Tique et poétique, un cadavre exquis plein de vie, j'ai tiqué, j'ai aimé, Pierre de Lune, tu as gagné.

Entre ville et ville après nuit rousse arrachée de plainte amoureuse,
6h30, mode mineur(e) spéciale bambins pour femme sans bras avec jambe de bois – qu’on les baîllonne ! - coton 90°, ça se vend vraiment ?
9h00, facile d’être fauve quand on est affamée, du créateur en vois-tu en voilà, je redeviens femme, maman est partie, chou !
16h30, uppercut d’amour dans ma tronche, vite du cracra en veux-tu en voilà, chocolat, bonbons haribo et bisoux assortis
20h, The Sublime is Now, Erotokrito-maniaque, -phage, -vore, tellement désirable, tellement déconcertant,
1h, nue, on Night : overdose d’amour dans les Roues noires.

Pierre de Lune, pour le cracra et le shopping affamé, rien de mieux qu'un So Sweat de la Fée.

Ema, Aneth, Hélène, vous êtes passées à un demi-poil de gnou de la victoire, les filles. Les académiciennes du jour, envoyez-moi votre adresse par email. Les participantes, de Bénétie à MH, de Vanessa à Ballynd, etc, merci. Vous êtes simplement de vrais chous, à la Mode de chez Nous.

28 mars 2008

"Foundations" (Kate Nash)

Où il y a concours, et lot à gagner, mais aussi discussion spirituelle et Melrose Place

Le ciel, les oiseaux, et ta mère me sont tombés dessus la semaine dernière. Moi, un canapé de cuir noir, un livre de Kundera négligemment ouvert sur le genou pour me réconcilier avec le romantisme, et mon interlocutrice, le stylo en bouche et l'oeil laborantin : "Non mais Galliane, ça représente quoi, la mode, pour toi?" La Chute du Kundera sur le Gerflex, même Albert Camus l'aurait pas vue venir. Autant me demander, à une heure où le seul questionnement existenciel me préoccupant se résume à "Billy va t-il vraiment quitter Allison (Melrose Place, TF1, 10h)?", si je préfère mon père ou ma mère. Vanessa Bruno ou Isabel Marant (en ce moment, et contre le mouvement ambient, je suis plus Marant). Le chocolat noir ou la fleur d'oranger. Géraldine ou Garance.

Cherchant un modus vivendi qui n'arrive pas, je bafouille une généralité aussi grosse que mon ego de blogueuse VIB : genre "la mode, c'est recréer sa personnalité chaque jour, c'est se sentir belle" gna gna gna, trois p'tits chats, même Rachida Dati au soir des municipales s'était montrée plus spirituelle. J'imagine que si on m'avait laissé quelques heures de réflexion, une copie double et un Waterman qui coule pas, j'aurai pu citer l'inénarrable Coco Chanel et son fameux : "La mode se démode, le style jamais."

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Photo DR

J'aurai pu dire que je n'en ai pas de définition immuable, puisqu'elle varie au rythme des saisons, que dis-je, des collections. A l'instant X, bien après JC, mais surtout fatal à Mika (Milan Kundera, bande d'illettrées), j'aurais simplement dit que la mode, c'est beau comme une casaque fleurie de Balenciaga :

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Photo Alain Aubert / Le Figaro

Bref, du haut de mes frêles 26 ans, de mes yeux qui s'écarquillent devant le moindre sac en cuir et n'importe quel petit gilet qui coupe une silhouette, de ma chevelure so little Wintour, so really boulgour, j'étais sûrement la moins bien placée pour livrer une grande vérité modesque à la face du monde. Mais quand même... Quand même. Quand m'aime. Je me dis qu'il y a encore de forts jolies choses à dire et à écrire sur la mode, et si j'en perds ma plume, peut-être pas vous. Alors, toc toc badaboum, j'ouvre céans un concours super intellectuel que même à la revue Esprit, on aurait pu le sponsoriser. Donnez moi en cinq lignes maximum votre définition de la mode.

Je choisirai entre vous toutes, et sans favoritisme ni passe-droit - on est pas à Balkanyland ici - celle qui m'a le plus séduite. Et en cadeau...
La première recevra rien de moins qu'un ravissant So Sweat noir L'Atelier d'une Fée.
La seconde
, un Tajine Terracotta de Guerlain printemps-été 2008.
La troisième, un rouge soleil Summer Fever de Clarins printemps-été 2008.

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Vous avez jusqu'à dimanche soir pour me livrer vos définitions dans les commentaires, et je veux de l'esbroufe, du clinquant, du Haletant & Marrant, du Gaspard Yurkievich, du vécu, du vintage, du vrai, du vous, du moi. Du grand, filles modèles, je veux du grand. Co-modément vôtre, Galliane.