26 février 2010

"Stars" (The Cranberries)

Où vous êtes une célébrité, sortez-donc de là

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Robe Sessun, ceinture Comptoir des Cotonniers

"Longtemps, je me suis levée de bonne heure". Du côté de chez Galliane (et non pas de chez Swann, emprunt à Proust), ces jours-ci, c'est lever 16h00, Jeux Olympiques obligent. Non, vous n'en saurez pas plus sur ma vie professionnelle trépidante mais surtout très fatigante. Je ne bois pas, je ne dors pas, je ne fume pas, mais je (vous) cause. Dans le brouillard, dans le coltard, cheveux longs, nuits courtes, dents longues, idées courtes.

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13 janvier 2010

"The Fame" (Lady Gaga)

Où Mister Big est entré dans ma vie de femme libérée

"Presque" est un mot que j'adore. Presque, c'est l'aveu touchant de l'échec, mais aussi de la tentative. Imparfait mais attachant, à la fois fini et à jamais infini, puisque le tout n'est pas atteint, et qu'il reste donc à faire, à vivre, à améliorer. Je ne suis pas une blogueuse mode, je suis presque une blogueuse mode (il me manque un 2.55 Chanel, les photos prises par mon boyfriend street-styler, le partenariat avec un site de ventes en ligne, l'apparition dans le classement Elle Wikio). Je ne suis pas drôle, je suis presque drôle (Florence Foresti est drôle. Et belle. On en reparlera ici si vous le voulez bien). Finissons-en avec mon nombril (presque bien dessiné), et parlons plutôt de celui de mes copines. L'autre soir, attablées dans un resto libanais à 7 euros le mezze, digressions avinées autour de "J'ai croisé une célébrité". Toute fière de moi, j'avance un "la soeur de l'HDMV est sortie avec Christophe Rippert" triomphant. En face, j'ai C., la truculente C., qui est "sortie avec le demi-frère d'Astrid Veillon." La barre était haute. Enfin, à ma droite, j'ai S., la Sandrissime S. , qui est "presque sortie avec le fils de Cookie Dingler". La barre culminait à 6m50, même Bubka ne l'aurait pas tentée. La troisième aurait pu nous sortir Patrick Topaloff de son chapeau, on ne l'aurait même pas écoutée.  Cookie Dingler. Fils. Presque. Amen.

Etrange, donc, ce rapport à la célébrité. J'ai dû être deux, trois fois, reconnue dans la rue ou le métro (pas forcément pour le blog). Mais en général, si on m'arrête, c'est moins pour louer mon port de tête légendaire en photo d'appartement que pour connaître la marque de ma parka. Déjà ça, ça me va. Mon sac City Balenciaga est plus connu que moi, ne le mérite pas vraiment, mais le vit très bien.

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Sac City Balenciaga, parka Comptoir des Cotonniers, boots (talonnées!) Jonak

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Robe Sessun (Hôtesse de l'air), sac City Balenciaga

Depuis le temps que je vous parle de lui, sans vous le montrer, il était temps de réparer cette injustice. Un peu de lumière, Bright lights, big City. Almost famous, ce sac, que dis-je, cette oeuvre d'art appartenant au patrimoine mondial de la maroquinerie. Il était une fois, mesdemoiselles, la Big City Life.

06 janvier 2010

"Beautiful" (Pharell Williams)

Où je règle le solde de mon conte

Ai-je été subitement touchée par la sagesse céleste, divine ? Ai-je atteint la plénitude de la quarantaine sereine à 27 ans et plus toutes mes dents ? Ai-je tout simplement succombé à la mornitude (néologisme bien commode - cf. "bravitude") de Boulogne-Billancourt ? Toujours est-il qu'en ce mercredi 6 janvier, date d'ouverture parisienne des soldes, j'ai "besoin de rien" (envie de toi) (Hmmm). Ma wish-list est aussi longue que l'espérance de vie d'un éphémère. Non, rien de rien, non, je n'ai besoin de rien. J'ai tout ce qu'il faut, dans ma penderie et dans ma vie. Rien ne me manque. Le matin, je sais quoi mettre, quoi chausser, quoi enfiler au bras. Donc, ce toujours même mercredi, je ne serai pas à piétiner devant un grand magasin, à espérer que cette paire de bottes Ash soit soldée dans ma taille ou que ce gilet Paul & Joe Sister soit tout simplement encore disponible. Mercredi, je vais juste espérer qu'il fasse beau, qu'on rigole au boulot, que mes proches aillent bien, que Johnny Hallyday aille bien, que l'HDMV m'inonde de ses sourires et qu'il reste du coca-light au frigo. Ca me suffit. En philosophie antique, on appelle ça l'ataraxie. Anne-Sophie, sophia, la sagesse ... Mes fesses. Je fuis l'envie, mais je fuis aussi l'ennui. Alors, parce qu'il ne faut pas me torturer deux heures pour que je craque, si je suis obligée-forcée-la vie du docteur Mamour en dépend-, je veux bien me sacrifier et trouver deux potentiels fashion plaisirs :

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Magnifique robe Sessun (les pattes sur les épaules, raaah)

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Sautoir Sabrina Dehoff, en vente chez Eple & Melk rue Charlot

Et voici, en quelques lignes, la démonstration que les blogs (leur auteurs, leurs lectrices) suscitent bien des besoins indésirables mais irrésistibles. Alors demain, après-demain, dans uen semaine, certainement pas à l'aube ou à l'heure où blanchira la campagne, j'irai peut-être glâner cette robe, ce sautoir, et ce sera bien tout. Pas par besoin, non. Juste pour le plaisir*.

*Herbert Léonard : 1, Zénon de Citium : 0.

30 décembre 2008

"Blue Christmas" (Elvis Presley)

Où je termine l'année en bottée

Le Père Noël est une femme, il a de longs cheveux châtains épais, il a les dents du bonheur, il a une garde-robe à faire pâlir le père Fouettard, il habite Marseille. Il est ma soeur. En un paquet cartonné de, disons, 35 cm sur 20 cm, il a réussi, un 25 décembre, à mettre fin à la (ma) crise. Les bottes Blondie Sessun. Bleu marine. Navy Blue, pour les j'me la pète, et les stars internationales qui posent leurs yeux deci, delà. Les Blondie, qui one day, or another, devaient être miennes, je n'en parlerai plus ici. Haut les mains, haut les coeurs, la prise de tête est finie, elles sont à mes pieds.

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Une bonne chose de fête, me direz-vous, direz-vous à la Mère Noël, et à l'autre Soeur Noël d'ailleurs. Alleluia, en ces heures divines, l'enfant que je suis restée est comblée (et rentre dans du 40, un miracle n'arrive jamais seul, il arrive par paire. De bottes. Ah ah). Du coup, j'ai vu la vie en bleu, et au pied du sapin, alors que Guitar Hero vrombissait sous les riffs de Jesus & Mary Chain, je me suis tenue à carreau :

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Tunique Avant-Première, gilet Les Prairies de Paris, ceinture School Rag

C'est pas tout ça, que je me demande, songeuse, mon colt à la ceinture, mes bottes empiétées, ma tête têtue, mon oeil brouillé. Mais maintenant, de quoi on va parler ?

Et vous ? Le cadeau de Noël fashion ultime que vous avez trouvé au pied du sapin cette année ?

10 décembre 2008

"Wednesday" (Jimmy Eat World)

Où allô, allô, j'arrête de solliciter le Ministère des pleurs, et je me reprends en main de pieds en cape

Ca m'est tombé dessus comme ça, un soir d'hiver, Michel Drucker caressait Olga sur son canapé, la soupe Picard frémissait dans le micro-ondes, la météo annonçait des éclaircies sur Maubeuge et moi, je reniflais. Le coeur à rien. Il était temps que ça finisse. Mon premier chagrin de mode. Ma quête existencielle, mon Graal, mon étoile du Berger que comme les Rois Mages, en Galilée, je suivais des yeux des mois entiers. Ces fameuses bottines Sessun bleues, ces Blondie, qui m'avaient cruellement brisé l'Heart of Glass. Mon annonce Ebay n'ayant rien donné, mes appels sur le blog étant resté vains, le Ministère de l'Intérieur ayant refusé de lancer une alerte enlèvement pour m'aider, il fallait que je fasse mon deuil. Au nom d'Olga, de Blondie, du créateur de Picard et de ma santé mentale, j'ai décidé de cicatriser.

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Un chagrin de mode, ça marche comme un chagrin d'amour. Ma copine Sandra, très Docteur Love dans l'âme, m'avait conseillé, quand ma vie amoureuse s'essouflait, une tactique imparable : le rebound. En engliche dans le texte (oui, ma copine Sandra aime Alicia Keys et a des enceintes portatives Ipod dans sa salle de bain, elle boit également du Sunny Delight, elle peut donc faire office de gourou. I swear): "le mec sur qui tu rejettes ton attention après une déception pour qu'il te bouffe l'esprit et qu'il t'empêche de repenser à l'ancien". Moi, quand on me donne un bon conseil, je le mets à toutes les sauces. Et donc, à la mode de chez moi, ça veut dire "les bottes sur lesquelles tu rejettes ton attention après une déception pour qu'elles te bouffent l'esprit et qu'elles t'empêchent de repenser aux Sessun". Noël approchant, ow ow ow, une virée au Printemps, ow ow ow, et je me suis pris un "rebound dans my face" que j'ai pas compris pourquoi. Pas grand chose à voir avec l'ancien objet de mon affection, si ce n'est la couleur (le grand bleu), mais voilà, elles sont là, et elles m'occupent l'esprit.

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Bottes Solea, disponibles au Printemps ou chez Kurt Geiger
Vues en vrai, elle n'ont pas du tout cet aspect lutin de 7 lieues et demies qui pourrait vous rebuter. Non, elles sont bleues, et terriblement classe. Puis, leur nom, qui me parle, autant que Blondie a pu chanter doux à mon oreille : Solea, du titre d'un roman de l'excellent auteur de polar Jean-Claude Izzo. Maintenant, quand la soupe Picard frémit dans le micro-ondes, c'est à elles que je pense. Et à cette maxime de Sandra, revue et corrigée, "les bottes sur lesquelles tu rejettes ton attention après une déception pour qu'elles te bouffent l'esprit et qu'elles t'empêchent de repenser aux Sessun". Elles me bouffent pas que l'esprit, ces fichues bottes, Sandra. 280 euros, il y a marqué sous leur boisé talon. Elles veulent aussi me bouffer le compte en banque.

01 septembre 2008

"The angry mob" (Kaiser Chiefs)

Où j'adorerais vous dire de mal du concert de Justice à Rock en Seine, mais on est pas dans la page courrier des lecteurs de Rock & Folk

Et là, la foule se dresse devant moi. De dépit. Brandissant qui son 20 Minutes de mots fléchés griffonnés, qui son Starbucks macchiato café à moitié vidé à ma face livide : "Tu nous avais promis plein de carreaux, des petits, des gros, Galliane, toute la semaine, même que t'avais baptisé ça la fashion week à thème". Mais moi aussi, j'aime les mots fléchés (en trois lettres, "colère" ? Ire, ne me remerciez pas). J'ai croisé vos maux, ce week-end, et je me suis repris. J'en avais des tonnes à dire, redire, sur la tendance lourde de cette rentrée, le motif à carreaux. Un historique en bonne et dûe forme, bien barbant, et pis un peu Marant, la pure et dure qui nous en ressort à chaque collection. Puis, non. D'abord, j'ai décidé de vous montrer le carreau moche. Le "carreaumanichel", je l'appelle. En gros, si vous m'aimez encore un peu, vous évitez, ou vous changez de trottoir quand vous me Sacré Coeur-croisez :

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Je crois que c'est Paul & Joe Sister, mais c'est surtout Mir Couleur

Ensuite, il y a le carreau barbant. Gentil, hein, mais sans risque. Je l'appelle le "carreaumantique". Celui-là, vous pouvez l'adoptez, mais vous le dévergondez un peu, vous serez gentilles. Allez hop, wouhou, on se passe la main dans le brushing, on est folles ce matin.

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Robe tunique Athé de Vanessa Bruno

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Enfin, le carreau idéal. Le carré magique, aurais-je envie de lancer, tant j'ai été enthousiasmée par sa vue. Il est indépendant, autonome, hivernal et audacieux. Voici le "carreau'ck'n'roll".

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Tous ces carreaux sont extraits de la très - trop - réussie collection automne-hiver de la créatrice marseillaise Sessun

Emportée par la foule, qui s'élance et qui danse une folle farandole (Edith Piaf, La Foule), j'ai fait ce que j'ai pu, en un post, pour déclarer carrément mon calendaire coup de coeur, trèfleurbleue, au carreau. Pique et pique et colegram, faites vos jeux, les filles.

PS : demain, un petit vide-dressing pour la forme, car je déménage bientôt et dois me délester de quelques fanfreluches ...

04 avril 2008

"Rebellion lies" (Arcade Fire)

 Où je tords le cou à mes préjugés, et je me dis qu'Egon, ça peut faire un chouette prénom

Diane a le nom allemand et la particule intimidante. Belge d'origine, me précise t-on chez l'ami Wikipedia, mais mariée au Germain prince Egon, qui lui a gentiment légué l'umlaut sur le ü et le "von" qui résonne. Diane Von Fürstenberg, ça vous pose une personne, et en impose aux autres, tant et si bien que les autres, ils ont peur. Moi itou, simplement (Bibi). Dans ma petite tête de modeuse bêcheuse, le raccourci s'est toujours fait, le préjugé solidement vissé, et la curiosité réduite à néant. Equation à zéro inconnue, tout était klar : les collections Diane Von Füstenberg, c'est pour Mémé Gisèle.

Honnêtement, j'aurais pu continuer longtemps sur ces certitudes, rencontrer Gaspard U., fonder une famille, monter les marches à Cannes en Luella et raconter mon bonheur dans Gala. Jusqu'à ce jour de mars où, on Ebay, je tombe en cliquant par hasard sur une blouse sans nom, sans marque, ravissante. La vendeuse me dit qu'elle a passé l'âge pour la porter, 50 ans, elle se résigne, elle s'en sépare. 40 euros. Banco. Dans le colis, une petite lettre, avec la photo du modèle porté. Madame la trop vieille mais trop gentille avait arraché l'étiquette de ce modèle, mais gardé la référence sur Nordstrom. Diane Von Fürstenberg. Hein?

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Blouse Diane Von Fürstenberg, sac Sessun, pantalon flare Maje acheté à prix d'amie à Bérangère
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Blouse Diane Von Füstenberg portée par une fille dont c'est le métier, notez la différence

Ainsi donc, mes 26 ans à peine défaités, me voilà bonne à porter du Didier Parakian et du Ralph Lauren. Avais-je perdu mon oeil dur comme le rock ? Deux jours plus tard, je lisais Biba en Luella (she's my baby), qui m'apprenait plein de belles choses sur la Diane chasseresse. Qu'elle avait deux portraits d'elle signés Warhol dans le salon. Comme moi. Que sa mère était la plus grande source d'inspiration de sa vie. Comme moi, sauf que c'est la mère de Garance avec ses Moncler et ses Rolex qui m'inspire, mais on y est presque. Que son style se résumait à cette mauvaise redite d'une chanson de Shania Twain "Feel like a woman, wear a dress". Comme moi, tous les jours où je mets pas mon slim et mon gilet, soit souvent. Diane, ses Andy Warhol et moi, on était définitivement faits pour s'entendre, et quand je suis allée  jeter mon oeil (devenu mollet) sur sa collection, j'en ai fait tout un plat :

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Alors, certes, c'est commercial, facile, européen, ce qu'on veut. Mais Diane, elle partait de loin avec moi, alors ne commencez pas à lui tomber dessus à critiques rompues. En plus, Madame De m'a clairement fait comprendre qu'elle était branchée young quand j'ai vu ça :

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Photo Imax Tree pour Madame Figaro

Oui, du tie and dye chez Diane Von Furstenberg. Orange pétant et foulardant. Et j'aime bien. Alors, je repense à ce mail de ma mélancolique vendeuse Ebay, "je n'ai plus l'âge, à 50 ans, pour mettre ces choses". Envie de citer le Cid, tiens, vendredi c'est poésie, "je suis jeune il est vrai mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années". Envie de lui répondre que non, elle se trompe, et je me suis trompée aussi. Il n'y a pas d'âge pour porter les créations de la dame à particule. Elémentaire.